Eglise EPUB Ecaussinnes

Notre église, fondée par la Mission Méthodiste en 1926, est membre de l'Eglise Protestante Unie de Belgique. Attachée aux valeurs de l'Evangile, elle prône l'amour de tout prochain, dans le respect de ses convictions. Elle est ouverte à tous dans la tolérance et le dialogue. Intégrée dans la société, elle est consciente du rôle de témoin qu'elle a à y jouer.

29.6.06

Allocution ouverture expo "Shoah" 2006

Deutéronome 4 : 4-9

4 Et vous, qui vous êtes attachés à l’Eternel, votre Dieu, vous êtes aujourd’hui tous vivants.
5 Voici, je vous ai enseigné des lois et des ordonnances, comme l’Eternel, mon Dieu, me l’a commandé, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession.
6 Vous les observerez et vous les mettrez en pratique; car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, qui entendront parler de toutes ces lois et qui diront: Cette grande nation est un peuple absolument sage et intelligent!
7 Quelle est, en effet, la grande nation qui ait des dieux aussi proches que l’Eternel, notre Dieu, l’est de nous toutes les fois que nous l’invoquons?
8 Et quelle est la grande nation qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je vous présente aujourd’hui?
9 Seulement, prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton coeur; enseigne-les à tes enfants et aux enfants de tes enfants.

ALLOCUTION

Prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton coeur; enseigne-les à tes enfants et aux enfants de tes enfants…
Cette parole issue d’un très vieux Livre de la Bible, d’un Livre de Lois, nous replace à des millénaires d’intervalle devant un devoir essentiel, qui concerne tout être humain, quel qu’il soit, quelles que soient ses convictions ou sa philosophie : le devoir de Mémoire. Un devoir qui implique aussi une transmission, et même une tradition au sens le plus noble du terme.
Autant de choses, de valeurs qui ne vont plus très bien aujourd’hui avec notre conception des choses.
Faire mémoire ? à quoi bon ? Autant oublier ces vieilles histoires qui finalement ne nous concernent pas et qui sont si lointaines et mises en questions par certains que nous en venons à douter de leur réalité.
Transmettre ? Quoi et à Qui ? A nos enfants, à nos jeunes ? Cela ne les intéresse pas, ils sont d’un autre temps, d’une autre époque. Et puis, ne sont-ils pas tourné vers un avenir qui leur appartient. Ils seront bien capables de faire d’autres choix que les nôtres, ou plutôt que ceux de nos parents ou grands parents…
Et la tradition ? Ah, bien là, ne m’en parlez pas : c’est ringard ! Qu’avons-nous à en faire à notre époque moderne ?
Autant de réactions qu’on entend très souvent chez nos contemporains, particulièrement d’ailleurs chez ceux de ma génération, qui se situent entre des parents qui ont connu les horreurs perpétrées par la Bête nazie et des enfants, des jeunes de ce qu’on appelle la génération montante, qui se saoulent de bruit et d’images pour effacer des perspectives d’avenir pas toujours très favorables.
Or, justement, nous voilà au cœur du problème, à la racine d’un mal récurrent qui ne date ni d’hier ni même d’il y a six décennies, mais qui colle à l’histoire humaine comme une sorte de chancre. Si l’Ecrivain Sacré, il y a quelques millénaires, insistait sur cette nécessité de faire mémoire, c’est qu’il savait déjà le risque engendré par l’attitude contraire et que sans doute et même très certainement, il le savait d’expérience !
L’être humain a une qualité qui s’avère parfois être un défaut majeur : il tend à oublier les mauvaises choses de son passé et à ne se rappeler que les bonnes. C’est ce que j’appelle parfois le « syndrôme du service militaire » : pendant qu’on le faisait, on trouvait cela pesant, mais aujourd’hui, lorsqu’on en parle, surtout avec d’anciens copains de régiment, on en rigole souvent beaucoup !
A propos de la dernière guerre et des monstruosités nazies, cela fonctionne aussi comme cela, et c’est infiniment plus grave : Certains disent aujourd’hui qu’Hitler a relancé l’économie allemande, qu’il a redonné l’espoir au Peuple. C’est de la folie que de dire de pareilles choses. Et c’est du reste complètement faux : il a précipité la ruine de l’Allemagne, il a anéanti des millions d’êtres humains, il a, au nom de la « kultur », détruit toute une autre culture, bien réelle celle là. Il a sur les mains le sang de millions de victimes et celui des centaines de millions d’êtres qui auraient dû en descendre et qui jamais ne verront le jour ni n’apporteront rien à l’humanité.
C’est cela la réalité du Nazisme, et il n’y en a pas d’autre ! On ne peut, en aucun cas, ni à aucun prix rien admirer dans de telles idéologies. Elles ne sont que mortifères ! L’oublier, se laisser prendre au charme enjôleur et démagogique de certains discours, c’est s’exposer au retour de la Bête dont parle Brecht et qui m’inquiète beaucoup plus par sa proximité et sa réalité que celle, finalement bien lointaine et symbolique de l’Apocalypse !
Cette Bête, ceux qui la nourrissent et l’entretiennent savent aussi comment lui préparer son terrain de chasse : en semant dans nos esprits le poison de l’oubli et du doute, en affirmant de manière parfois très forte et convaincante que tout ce qu’on a pu présenter de mal ou de mauvais venant des nazis n’est que mensonge ou invention. C’est le travail de sape fourni par les révisionnistes et autres négationnistes, qui vise à anéantir la mémoire et à la falsifier, pour en créer une autre qui soit à l’avantage de leurs plans.
Veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton coeur; enseigne-les à tes enfants et aux enfants de tes enfants…
Veiller sur notre âme, dans un seul et unique but : qu’elle ne se perde pas.
Transmettre le souvenir, la mémoire du passé à nos enfants et nos petits enfants, pour qu’ils en tirent les leçons qui leur permettent de ne pas commettre nos erreurs ou celles de nos pères !
Ce n’est ni du chauvinisme ni de la nostalgie, ni de la curiosité morbide de se pencher sur son passé : c’est allumer une lampe qui éclairera notre avenir !
On dit des jeunes d’aujourd’hui qu’ils sont blasés de tout, que rien ne les intéresse plus, qu’ils ne partagent plus nos valeurs, qu’ils sont saturés de violence… etc…
C’est peut-être vrai, dans une certaine mesure, et le triste sort d’un Joe à la gare Centrale de Bruxelles le démontre assez clairement.
Mais à qui la faute, sinon à nous qui devrions, au lieu de baisser les bras, leur apprendre les leçons d’un passé pas si lointain et en passe de resurgir sous la forme d’un avenir inquiétant. Aurions-nous oublié que la grande majorité des jeunes de l’Allemagne des années trente, qui alimentèrent les rangs de la Hitlerjugend, des Sa, des SS étaient exactement dans le même état d’esprit que nos jeunes d’aujourd’hui, et aussi perméables qu’eux aux idéologies extrémistes ou fascistes ?
J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion d’aller avec des jeunes sur le site principal des terribles combats de la bataille de Verdun. Leur réaction a toujours été presque identique : ils étaient sidérés par ce qu’ils voyaient, et revenait profondément émus, et dégoûtés de la guerre, de ses motivations et de ses conséquences. Idem pour l’une ou l’autre visite, notamment à la caserne Dossin, à Malines, ou pour tous ceux et celles qui vinrent, il y a trois ans, visiter l’exposition Shoah à Quaregnon. Ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont appris, les leçons qu’ils ont pu en tirer ont changé quelque chose en eux. Et je crois sincèrement que s’ils avaient pu recevoir ces leçons-là, des jeunes qui ont poignardé un autre jeune pour lui voler son MP3, ou des jeunes qui ont battu à mort un autre jeune parce qu’il était différent, auraient agi autrement.
C’est du reste un fait établi et reconnu par de nombreux psychologues. Un fait qui a poussé, après la guerre, une certaine Zivia LUBETKIN, combattante juive du Ghetto de Varsovie à fonder avec d’autres juifs rescapés de la Shoah, le kibboutz « Lohamei hagettaot », au Nord d’Israël. Aujourd’hui, ce kibboutz a pour vocation d’apprendre les leçons de la Shoah à des jeunes israéliens et palestiniens. Et je puis vous assurer que malgré les apparences véhiculées par les médias, c’est un programme qui fonctionne et qui porte du fruit. J’ai pu le constater de visu, sur place il y a trois ans !
Maintenant, il est vrai qu’il y a aussi autre chose : nous tenons tellement à notre sacro-sainte tranquilité que, dans bien des cas, nous ne levons même pas le petit doigt. Ou nous préférons nous taire, rester cois pour ne pas prendre de risques « inutiles ».
Cà, c’est le domaine du silence, qui n’a rien à voir, croyez-moi, avec le monde féerique du commandant Cousteau !
C’est le domaine qui poussera un certain Martin Niemöller pasteur et théologien protestant à faire la déclaration (j’aurais presque envie de dire la confession !) suivante :
Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai pas protesté: après tout,je n'étais pas communiste !
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai pas protesté : après tout, je n'étais pas syndicaliste !
Quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai pas protesté : après tout, je n'étais pas juif !
Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai pas protesté : après tout, je n'étais pas catholique !
Et, puis ils sont venus me chercher… Et, il ne restait plus personne pour protester !
C’est à Dachau qu’il écrira ces lignes…
Le silence est, dans certains cas la pire des choses : il l’est lorsqu’il se fait complice du mal, complice du crime. Que l’on songe au silence de tous ceux qui savaient, dans les années 42-43 que les Juifs étaient exterminés en masse : ces gens là n’ont pas été que des lâches ou des collaborateurs passifs : par leur silence ils ont aidé les nazis dans leur œuvre de mort ! Sans compter les cas où ce silence s’est transformé, par opportunisme, en compromission : je pense aux civils qui dans les pays de l’Est se sont mêlés activement aux exécutions massives perpétrées par les Einzatsgrüppen ! On ne peut le nier : ils figurent sur de nombreuses photos.
Bien sûr, celui qui refuse de se taire, celui qui dénonce les crimes ou qui s’y oppose prend un risque : c’est comme dans la chanson de Béart : « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ».
Et ce risque là fait peur. Je ne pense pas que les résistants, les héros de l’armée de l’ombre aient été des gens sans peur. Il n’y a que les fous qui n’ont pas peur ! Et au-delà de la peur, il y a la conviction de l’homme, ce qui fonde son existence. Il y a aussi, peut-être inconsciemment pour certains, mais bien présente à l’esprit pour d’autres, cette maxime du Talmud qui déclare que « Celui qui sauve une vie sauve l’humanité entière ».
Beaucoup de gens dans le monde, beaucoup aussi, à notre échelle locale, ont risqué leur vie pour en sauver d’autres. Souvent sans faire de bruit, sans se mettre en avant… Si la promesse d’Esaïe que nous avons entendue tout à l’heure s’adresse de toute évidence aux victimes de la Shoah, je pense qu’elle vaut aussi pour tous ceux qui ont lutté contre la barbarie nazie, et qu’elle reste valable pour les autres, pour nous si nous savons, à l’avenir opter pour le côté du droit, de la justice et de l’acceptation de l’autre :
Je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom (Yad vaShem) préférables à des fils et à des filles; Je leur donnerai un nom éternel, Qui ne périra pas.

Conférence Shoah 9 mai 2006

Après la défaite de 1918, l’Allemagne sort non seulement affaiblie de la guerre, mais elle voit son économie s’effondrer par suite de l’énorme dette de guerre et des restrictions que lui imposent les « Alliés ».
Qui dit effondrement économique dit aussi marasme social : les chômeurs sont nombreux, les pauvres aussi…
En 1923, un homme, ancien combattant de la guerre précédente, médaillé pour faits d’armes et blessures reçues au front, tente de prendre le pouvoir et de rallier à sa cause l’armée allemande, ou du moins ce qu’il en subsiste. IL échoue, se voit arrêté et condamné à plusieurs mois de prison. Il va en profiter pour mettre au point son programme, dans un ouvrage qu’il intitulera « Mein Kampf ». Cet homme s’appelle Adolf Hitler. En 1933, dix ans plus tard, il sera effectivement aux rênes de l’Allemagne, qu’il saura manipuler et diriger avec une adresse diabolique.
Mais il n’est pas le seul dans ces années-là, à développer des idées similaires : chez nous, en Belgique, sévissent aussi deux personnages hautement inquiétants : en Flandres, Staf Declerck, leader du VNV, et en Wallonie, Léon Degrelle, leader de « Rex ».
Deux mouvements extrémistes de droite qui collaboreront officiellement, et de diverses manières avec les nazis. Deux mouvements aussi qui développent une même idéologie raciste et haineuse, en même temps qu’un ultra nationalisme pas toujours compatible d’ailleurs. Si aujourd’hui il existe dans certains milieux flamingants une volonté séparatiste, cette dernière était déjà bien présente dans les deux camps dans les années 30. Mais passons cela et revenons à nos moutons (enfin si je puis dire, puisqu’il ici il s’agit plutôt de « loups »…)

Chez nous, en Wallonie, REX va faire d’énormes ravages, principalement dans la jeunesse catholique de l’époque. LE DISCOURS, démagogique, et qui met en avant une certaine « chrétienté » est enjôleur et « fait mouche ». Il faudra la verve audacieuse d’un ministre Van Zeeland, et celle d’un Cardinal Van Roy pour arriver à endiguer son emprise sur la jeunesse francophone belge.
Certains pourtant restèrent séduits : à commencer par Degrelle, et à suivre ensuite par tous ceux qui rejoignirent, dans les rangs de la SS la « Légion Wallonne ». Le scénario est presque identique en Flandres, avec toutefois une certaine prépondérance. Brel, parlant des « flamingants » dans une chanson plus que décapante, l’avait bien compris, lui qui disait, parlant de ces derniers : « nazis durant les guerres et catholiques entre elles, vous oscillez sans cesse du fusil au missel. » (Par décence, je ne vous livre pas la suite !)

De Clerq mourra avant la fin de la guerre, échappant ainsi à toute poursuite.
Il restera pour les factions d’extrème droite du Nord du Pays un exemple et un symbole !
Degrelle, lui, fuira en Espagne, où il ne sera jamais inquiété. Il y mourra de vieillesse en 1994. Mais durant les cinquante années de son exil espagnol, il restera très actif !

… Et cela continue aujourd’hui. Cela prend même, insidieusement, de l’ampleur, de manière comparable à celle qu’a connu le nazisme entre 1923 et 1933…

Trois grandes vagues d’extrême droite, depuis la fin de la « Seconde Guerre Mondiale » :

La première commence très tôt après la fin de la Seconde Guerre mondiale et présente une continuité idéologique forte avec le national-socialisme et le fascisme. Elle est incarnée par le Movimento Sociale Italiano (M.S.I.), créé en décembre 1946, et le Sozialistische Reichspartei allemand, fondé en 1949 et interdit en 1952. Il faudrait y ajouter l'Union des indépendants autrichienne (Verband der Unabhängigen, V.d.U., fondée en 1949, qui donne naissance au Freiheitliche Partei Österreichs, F.P.Ö., en 1956) et les formations phalangistes et salazaristes qui participeront au pouvoir en Espagne jusqu'à la mort de Franco (20 novembre 1975) et au Portugal, jusqu'à la chute du gouvernement Caetano (25 avril 1974).

La deuxième vague, entre 1950 et la fin des années 1960 environ, présente une moindre cohérence. Elle comprend le mouvement français de Pierre Poujade (Union de défense des commerçants et artisants, U.D.C.A., fondée en 1953), le Boerenpartij néerlandais fondé en 1958 et le N.P.D. allemand (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, 2 % aux élections fédérales de 1965, 4,3 % en 1969). Par leur idéologie et le passé de leurs cadres, ces partis ont des liens évidents avec les droites nationalistes d'avant 1939, mais sont plus détachés du fascisme et du nazisme. Les deux premiers sont une réaction d'une fraction de l'électorat au processus de modernisation rapide de l'économie et de la société en période de croissance ; le troisième traduit une première tentative de réhabilitation du nationalisme allemand et sert par la suite de relais aux thèses négationnistes. Ces mouvements connaissent cependant des succès éphémères. L'U.D.C.A. de Pierre Poujade envoie 52 députés à la Chambre le 2 janvier 1956, mais disparaît après le raz-de-marée gaulliste de 1958. L'échec de l'O.A.S., mouvement largement influencé par l'extrême droite, qui manque le « putsch des généraux » des 21-22 avril 1961 et sombre dans le terrorisme, puis la défaite du candidat « Algérie française » à la présidentielle de 1965, Jean-Louis Tixier-Vignancour (5,2 %), ouvrent une période de repli de cette famille politique. Représenté dans neuf parlements régionaux ouest-allemands entre 1966 et 1969, le N.P.D. n'atteint pas 1 % des suffrages dans les années 1990.

Une troisième vague apparaît en Scandinavie, avec deux partis économiquement ultralibéraux et secondairement xénophobes qui incarnent une protestation contre la fiscalité et l'État-providence : au Danemark, le Fremskridtspartiet (Parti du progrès), fondé en 1972 par l'avocat Mogens Glistrup entre au Parlement avec 15,9 % des voix en 1973 et, en Norvège, le Parti Anders Lange, qui a pris le nom de son fondateur avant d'être rebaptisé Fremskrittspartiet, remporte 5 % des voix la même année. Elle se renforce à partir des années 1980 avec la percée électorale du Front national français (fondé le 5 octobre 1972), qui a longtemps servi de référence idéologique et de modèle organisationnel à nombre d'autres formations étrangères[1].

IDEES GENERALES ET RECURRENTES :

Tous les partis d’extrême droite actuels sont généralement antisémites et négationnistes.
Quelqu’un de très connu dans l’extrême droite francophone aujourd’hui, JM LE PEN, pour ne pa citer son nom, a d’ailleurs ouvertement déclaré que les « camps de concentration et d’extermination nazis, n’étaient qu’un détail de l’Histoire » ! La plupart des membres des partis extrémistes de droite aujourd’hui nient la réalité des chambres à gaz.

Tous les partis d’extrême droite sont xénophobes : ils prônent un rejet pur et simple des « étrangers » et présentes ces derniers comme étant responsables de tous les marasmes économiques. Ils usent de slogans simplistes, comme, par exemple : « trois millions de chômeurs = trois millions d’immigrés en trop ».

Nombre d’entre eux refusent aux travailleurs des droits pourtant essentiels comme celui de manifester ou de faire grève.

Beaucoup aussi sont contre la solidarité : ils estiment qu’il faut abolir les systèmes de sécurité sociale qui, disent-ils, coûtent trop cher à la collectivité.

Tous défendent aussi des positions moralistes rétrogrades : La femme ne peut travailler, elle doit se cantonner à son rôle de « mère au foyer » ; les homosexuels sont des « déviants » qui devraient être exclus de toute vie sociétale, etc…

Ajoutons à cela que, chaque fois qu’une occasion leur est donnée par un événement tragique et mobilisateurs, les extrémistes de droite n’hésitent jamais à essayer de manipuler les populations en les « fédérant » dans des manifestations de masse. Ils n’hésitent pas non plus à lancer le soupçon populaire à l’encontre des minorités qu’ils estimes devoir combattre : souvenez-vous récemment du meurtre de Joe, et de ce qu’en a dit le porte parole du parquet de Bruxelles, juste après les faits : « nous avons des vidéos des agresseurs… Ce sont deux jeunes maghrébins »… qui s’avèrent aujourd’hui être deux jeunes polonais ! Mais tout cela paraissait tellement logique : il n’y a que des « arabes » pour perpétrer de tels crimes, tout le monde sait cela. Comme tout le monde savait, dans les années 30 que les juifs étaient une race perverse, assoiffée de sang et de pouvoir, qui tiraient les ficelles de tous les complots, qui portaient la responsabilité de toutes les calamités de l’humanité et que, par conséquent, il fallait isoler du reste du monde, puis, dès 1942, éliminer totalement de la surface du globe. Eliminer physiquement : « La question suivante (à propos des juifs) nous a été posée : « que fait-on des femmes et des enfants ? » Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la terre » (signé Heinrich HIMMLER, dans un discours de 1943 à propos de la « solution finale » et des décisions prises le 20 janvier 1942 lors de la « conférence de Wansee »…

Vous me direz peut-être que tout cela est du passé, et du passé révolu.

Et bien, au risque de vous troubler ou de vous effrayer, je vous affirmerai que non : si ces faits évoqués dans une exposition telle que celle que nous vous présentons sur la « Shoah » sont, effectivement des faits historiquement « passés », il n’en sont pas moins, aujourd’hui encore une terrible réalité, celle de la résurgence en force et en puissance de ces idées mêmes qui ont présidé au massacre de plus de 6000000 de victimes innocentes.

Ce soir, sur vos bancs, sur vos chaises, vous avez trouvé un « papillon » reprenant une affichette de propagande à l’ffigie de Staf De Clerq. Sur ce paillon figurent son portrait, le drapeau flamand, et le sigle du VNV . En dessous figure un monument commémoratif. Ce n’est pas un document d’époque : il ne date pas d’il y a soixante ans : il date du 19 septembre 2004. il a été publié par une faction extrémiste de droite pour célébrer le 120ème anniversaire de la naissance de ce sinistre individu !

Vous le voyez encore figurer ici, à l’écran sur un document qui lui, est d’époque.

Mais juste en dessous, la photo que vous découvrez nous est tout à fait contemporaine : ce défilé a eu lieu en juin 2005, il y a un peu moins d’un an, dans une petite ville du Sud des USA !

C’est loin de nous les USA, bien sûr ! Mais c’est aussi un pays dont nous nous sentons proche car il a lutté activement pour notre libération, lorsque pesait sur nos épaules le joug nazi. Un pays démocratique, à un point tel qu’aujourd’hui, au nom de la liberté d’opinion, il laisse se passer de telles choses !

Pensez vous que ce soit faire preuve de tolérance que de tout accepter, que de laisse se produire de telles manifestations ? Non. Là je dis que c’est du laxisme pur et simple. Pis : c’est de l’inconscience !

Mais ne jetons pas trop facilement la pierre à ces quelques américains qui du reste ne sont pas nécessairement représentatif de l’opinion générale des ressortissants de leur immense pays. Balayons aussi, et premièrement devant notre porte :

Les deux documents suivants datent respectivement de 2002 et de 2003 : ils sont originaires de notre propre pays et émanent tous deux d’un mouvement néo nazi flamand qui s’appelle « sang et honneur ». Tout un programme ! Et un programme très clair !

Factions présentes et actives en Belgique :

Nous avons l’habitude, en Wallonie du moins, lorsqu’on nous demande si nous connaissons l’un ou l’autre parti d’extrême droite, de répondre « oui », nous connaissons le Front National. Outre le fait qu’il n’existe plus sous ce vocable, et que son président, Daniel Féret vient d’être condamné à une amende, à une période de non éligibilité et à une peine de travaux d’intérêt public, à cause de ses propos racistes, ce parti extrémiste est loin d’être le seul à « agir » (désolé pour le jeu de mots ) dans notre petit pays. Il n’y a d’ailleurs pas que des « partis » au sens strict du terme : il existe aussi de multiples associations, des revues, etc…

Permettez-moi d’en énumérer quelques uns, tous aussi pervers que dangereux :

AGIR
En automne 1994, le parti nationaliste wallon AGIR (fondé à Liège en 1989) s’autodéchirait. Trois fractures apparaissaient. Trois tribus se disputaient les rênes du pouvoir. La première était menée par son idéologue, Willy Fréson, la deuxième par son président en titre, Robert Destordeur et enfin la troisième par le leader de la tendance pure et dure d’AGIR, Hubert Defourny.

En 1995, Fréson passa le rubicon : il rejoindra le Front national… jusqu’à ce moment encore considéré comme l’ennemi héréditaire n° 1 d’AGIR[2] (1). Son passage dans le camp adversaire lui sera bénéfique: on lui cédera la direction de la section frontiste de la Cité Ardente et une place au bureau politique national, la plus haute instance du FN.
Pendant ce temps, Destordeur tiendra en réanimation continue les restes d’AGIR. Jusqu’en octobre 1997 lorsque celui-ci signa avec le FN une alliance électorale pour les élections de 1999. Defourny pour sa part s’était déjà lancé dans le néorexisme avec la création, en 1995, d’un nouveau parti, REF.
Des initiales rappelant celles de REX.
Pour les élections législatives et régionales du 13 juin 1999, Fréson et Destordeur figuraient en très bonne place sur les listes liégeoises du FN. Le premier conduisait à la fois la liste pour le Parlement wallon (et rata de peu son poste de député) et celle pour la Chambre. Le second, poussait la liste pour l’assemblée wallonne et endossait le maillot du premier suppléant. La présence d’autres membres d’AGIR se fit également remarquer (Galère, Moreau, Poulet, etc.).
Quant à lui, Hubert Defourny tenta l’aventure seul avec son groupuscule et deux autres rescapés d’AGIR (Jean Jamar et Alain Pauchen) ainsi que d’un ancien responsable d’arrondissement du FN (Christian Nokin). Ce fut un cuissant échec (en moyenne 0,1 %).
Maintenant, et suite à la confirmation de son insuccès électoral, REF aura les plus grandes difficultés pour survivre en tant que formation politique. D’autant plus que le Vlaams Blok (son protecteur depuis 1995) va cesser de lui apporter son appui.
De leur côté, Fréson et Destordeur dressent un bilan désatreux de leur pacte avec le FN.

« Altaïr »
Dans la mouvance frontiste belge, « Altaïr », une revue de poésie apparue à Braine-l’Alleud en 1974, a la cote. Plusieurs « cadres » d’extrême droite y collaborent depuis de nombreuses années. Parmi eux, se trouve un dénommé Daniel Leskens.
Souvenez-vous de ce personnage : en 1995, la RTBF diffusa les images d’un document amateur, montrant celui-ci uriner sur des tombes juives dans une petite ville allemande. Les images scandaleuses de cette profanation antisémite avaient été prises à la suite d’une manifestation nostalgique de SS européens. La délégation belge était constituée de dirigeants du Parti des forces nouvelles (PFN) qui venaient de passer au Front national de Daniel Féret. Leskens devint ensuite conseiller communal FN à Anderlecht.

Aujourd’hui, il s’activerait énormément en vue des prochaines élections.

Mais revenons à « Altaïr », une revue qui est également fort appréciée par « Polémique », l’ex-tribune libre de Marguerite Bastien ayant rejoint les rives du FN orthodoxe.

Je cite ici Manuel Abramovitcz, porte parole du mouvement « Résistances » qui déclare à ce propos : « Nous avons retrouvé dans nos archives (pas celles qui étaient stockées à Moscou !), un numéro qui fut publié à la Noël 1992. Deux poèmes nous ont particulièrement marqué. Le dernier couplet du premier, écrit par un Kollabo français de cette revue, dit :
« Je ne veux pas mourir sous un chaos épais / Où se mêlent chinois, arabes, nègre et youtre ! / De tous ces immigrés j’en ai cent fois assez ! / Ils nous sucent le sang, et quiconque résiste / Est flétri par le nom glorieux de fasciste : l’Europe aux peuples blancs et la France aux Français ! »

Le second poème que nous avons sélectionné pour vous dans ce numéro d’Altaïr porte un titre évocateur :

« Sous l’égide de la croix gammée ». Extraits :
« Pour elle je me suis levé / Sous l’égide de la swastika / Je mène le combat (...). Symbole de grandeur et de pureté / Symbole d’une force éternelle / Symbole de notre fierté / Tu es la raison d’existence / Tu es la raison de notre résistance / Un amour éternel. »

Quant à la rubrique « Des revues... Des revues ... », Altaïr conseille la lecture d’opuscules au titre ne laissant aucune ambiguïté sur ses choix politiques, tels que « Gestapo », « les Nouvelles NS » (nationale-socialistes), « Révision », « l’Empire invisible » (du KKK français !)... et « le National », le bulletin de liaison du FN belge. Concernant ce dernier, « Altaïr » mentionnait alors : « A lire, et à soutenir ! » Le 16 avril 1998, Jean-Pierre Hamblenne, le directeur d’« Altaïr », écrira encore, cette fois-ci chez ses copains de « Polémique » : « la force qui monte et qui a de l’avenir existe bel et bien : c’est le Front National ». Dans les rangs frontistes, comme on le voit, on a les Kamarades que l’on mérite... (RésistanceS, n° 5, hiver 1998-1999)

Amis de la Renaissance européenne
L'association les Amis de la Renaissance européenne s’autoproclame comme étant un « groupement d’études et de pratiques ethnotopiques et indochtones pour l’enracinement dans les espaces humains » (sic). Une revue théorique du nom de « Renaissance européenne » est éditée par celle-ci. Le premier numéro est sorti en septembre 1998. Ses principaux animateurs sont Willy Fréson et Dimitri Sève. Le premier participa, en 1974, à la création du Front de la jeunesse et quinze ans plus tard à celle d’AGIR. Il y a trois ans, Fréson passa au Front national. Depuis, il a cofondé le Bloc wallon, en avril 2000. Dimitri Sève, quant à lui, est un militant frontiste dévoué qui se charge, depuis plusieurs années, du « National », le mensuel du parti.
Lors de la première conférence avortée des Amis de la Renaissance européenne, une cinquantaine de personnes s’étaient déplacées pour écouter Pierre Vial. Dans l’assemblée, d’après « le Vif/L’Express » du 9 octobre 1998, on pouvait remarquer Daniel Féret, Patrick Cocriamont (conseiller communal frontiste à Anderlecht, issu de la direction du Parti des forces nouvelles et également collaborateur de « Renaissance européenne ») ou encore Alain Escada (le directeur de « Polémique », un proche du groupe Devenir).
Le leader de cette association est Georges Hupin. Il fit lui aussi partie des partisans du Front national « orthodoxe ».Mais préside, maintenant, le Bloc wallon. (RésistanceS-Info-Net, 5 septembre 2000).



Belgique & Chrétienté

Cette association intégriste est apparue à Liège, en 1989, dans la mouvance patriotique « belgicaine ». Sa mission officielle : lutter contre le « racisme anti-chrétien et anti-belge ». Elle traque inlassablement les blasphèmes et autres offenses à la religion catholique, appelle au boycott des sociétés commerciales qui manquent de respect à celle-ci, et avertit d’emblée, via la page d’accueil de son site internet : « Se moquer de la religion catholique deviendra dangereux ! ».
Reprise en main par Alain Escada, elle s’est très vite intégrée dans les rangs de l’extrême droite classique. Proche de la droite ultra, catholique et intégriste française (active au sein du Front national de Jean-Marie Le Pen), en 1995, Belgique et Chrétienté soutiendra la création du Front nouveau de Belgique (FNB), une dissidence du Front national de Daniel Féret. Alain Escada devint même membre de sa direction, comme porte-parole officiel. Ce « croisé » de L’Europe chrétienne passa néanmoins ensuite avec armes et bagages du côté du Front national, après un conflit personnel (et commercial !) avec la présidente du FNB, Marguerite Bastien.
Le « patron » de Belgique et Chrétienté est aussi le fondateur de « Polémique-Info »
Dans cette publication hebdomadaire d’extrême droite (aujourd’hui disparue), des écrits pronazis, rendant par exemple hommage à un ancien de la Légion SS Wallonie ou à l’association des Amis de Robert Brasillach (du nom du célèbre collaborateur de l’Occupant nazi pendant la Deuxième guerre mondiale), étaient réguliers. « Polémique-Info » ciblait en particulier la « Haute finance vagabonde et anonyme », terme codé dans la « littérature » antisémite pour désigner les Juifs.
Ce journal deviendra la vitrine médiatique de Belgique & Chrétienté.
Les membres de Belgique et Chrétienté proviennent essentiellement de la Fraternité Saint-Pie X (un groupe religieux international exclu de l’Eglise catholique par les autorités papales depuis 1988). Cette « église parallèle » intégriste voue un culte de la personnalité au maréchal Pétain et exploite l’antisémitisme, version Charles Maurras, pour galvaniser ses troupes. L’association Belgique et Chrétienté deviendra la « branche politique » de la Fraternité Saint-Pie X.

En avril 2004, ce réseau intégriste a organisé la projection en avant-première du film de l’intégriste chrétien Mel Gibson, « La Passion du Christ », jugé par beaucoup comme étant un film de propagande antisémite.

Au cours de cette projection privée, qui se déroula à Kinépolis - Bruxelles, plus de 1.200 invités soigneusement sélectionnés étaient présents. Ils provenaient des rangs intégristes du catholicisme militant, de la Fraternité Saint-Pie X, mais aussi des Légionnaires du Christ et de l’Opus Dei .

Le 13 mai 2004, à Bruxelles, Belgique et Chrétienté proposa une conférence sur le thème « Obligations chrétiennes à respecter et valeurs familiales à défendre ». Avec pour orateur : le cardinal Gustave Joos, auteur en janvier 2004, lors d’un entretien accordé à un journal populaire, de déclarations homophobes, antisémites et antidémocratiques.

Plusieurs plaintes furent déposées contre ce protégé du pape Jean-Paul II .Auparavant, en décembre de l’année 2003, l’association fondamentaliste chrétienne avait organisé une conférence, toujours à Bruxelles, avec, notamment, Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national français.
Bloc nationaliste francophone (nom d’origine : Front national-Fédération Bruxelloise et ensuite Bloc wallon)
Année d’apparition : 2000. Origine : ex-tendance francophone du FN constituée notamment d’anciens du FDF et de l’UDRT. Ligne politique : fédéraliste belge et ultra-libéralisme poujadiste. Caractéristiques : obsession du danger représenté à Bruxelles par le Vlaams Blok et méfiance maladive à Daniel Féret et à Marguerite Bastien. Dirigeants : Emile Eloy (ex-député régional FN, ex-cadre du FDF) et Juan Lemmens (ex-député régional FN, ex-UDRT, ex-PSD, ex-FNB). Siège : Bruxelles. Nombre de militants : une dizaine. Lié au Front national-Fédération wallonne (dissidence du FN dans le Hainaut). Depuis mai 2000, ce bloc semble avoir disparu de la circulation.

Bloc Wallon (BW)
Dans le numéro de lancement de son journal de propagande, le BW se présentait officiellement comme "le nouveau parti wallon". Un parti qui sera présent aux municipales du 8 octobre 2000 dans, au moins, sept communes (Herstal, Flemalle, La Louvière, Liège, Manage, Mons et Mettet).
Mis sur pied en avril 2000, par des dissidents du "groupe des intellos" du Front national, l'idée de ce nouveau parti est née après la défaite des frontistes aux élections législatives et régionales de 1999. Avec le soutien du Vlaams Blok, le BW souhaite dynamiser la cause identitaire en Wallonie. Il est présidé par Georges Hupin, un ex-responsable de section du FN qui fut l’éminence grise de la branche belge du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), de 1972 à 1981.

Auprès de lui, ont retrouve, un de ses compagnons de route de jadis, Willy Fréson déjà évoqué plus haut dans la mouvance d’AGIR et du FN.
Au BW, il y a aussi une partie de l'aile radicale d'AGIR qui avait entre temps fondé le mouvement REF. Depuis avril 2000, plus de 50 militants nationalistes se sont affiliés au BW. La plupart de ceux-ci proviennent du FN, du FNB, de REF et d'AGIR. Jean-Robert Debbaudt, le dirigeant de la Fondation européenne Léon Degrelle, apparaît aussi dans le sillage de ce "Vlaams Blok wallon". Comme plusieurs militants de base de Nation. Les principaux responsables du BW sont également actifs au sein des Amis de la Renaissance européenne. Cette association politico-culturelle païenne est liée aux Français de Terre et Peuple, la tendance la plus ultra du parti français d'extrême droite conduit par Bruno Mégret.
L'une des figures de référence du Bloc wallon est Guillaume Faye. Cet ancien cadre du GRECE-France et ami de longue date de Georges Hupin, est l'auteur d'un récent livre raciste (une instruction judiciaire a été ouverte contre ce livre).
En août 2000, le BW se dotait d'un journal de propagande titré "Bloc-notes" (diffusé à plus de 2000 exemplaires).
Il dispose également d'un site internet diffusant essentiellement des textes théoriques proches de la Nouvelle Droite d'antan.

Le BIS


Cette structure francophone blokkophile est dirigée par Pieter Kerstens, un chef d’entreprise installé à Uccle. Fondé en 1994, le BIS est à l’origine une dissidence du Front national conduite par d’anciens dirigeants du Parti des forces nouvelles (PFN). Dès le début, Pieter Kerstens le dirigera en compagnie de Robert Steuckers et de d’Hubert Defourny (cf. REF). C’est l’ex-groupe néonazi l’Assaut (aujourd’hui transformé en groupe Devenir) de Hervé Van Laethem qui s’occupait de la sécurité des meetings du BIS.
En 1989, le PFN — où Kerstens se trouvait à la tête — avait déjà appelé les Bruxellois à voter Vlaams Blok. Le vernis négationniste, rexiste et néonazi de ce parti groupusculaire francophone ne posait aucun problème aux bonnes consciences du Blok. En 1997, après un tour au Front nouveau de Belgique, Pieter Kerstens tout naturellement alla avec son BIS soutenir inconditionnellement le commissaire de Schaerbeek Johan Demol. Le premier meeting de ce dernier fut organisé par le BIS dans une taverne bien connue du milieu (néo)nazi. Au cours d’un autre, au même endroit, en janvier 1999, Pieter Kerstens se fit remarquer lorsqu’il participa avec un commando blokker à l’attaque préméditée et ultraviolente contre la manifestation antifasciste qui se tenait sur le trottoir d’en face.

Cet habitué des grands-messes néofascistes à l’étranger (en présence des antisémites de l’ex-Oeuvre française, à la fête frontiste des Bleus-Blancs-Rouges, par exemple) est depuis plusieurs mois considéré comme persona non grata par Johan Demol.

Dernier carré (nouveau nom des Bourguignons)
En avril 1998, les derniers survivants de la Légion SS « Wallonie » se sont réunis devant le lieu-dit « le tombeau du Géant » (près de Dinant) où les cendres de Léon Degrelle furent dispersées clandestinement en 1994. Cette hommage nostalgique a été suivi d’un repas de camaraderie digne des « années noires ». Il ne fut pas le dernier rendez-vous de ces bourguignons (nom donné aux volontaires rexistes partis combattre le Bolchévisme sur le front de l’Est au sein de la Waffen-SS). Effectivement, d’autres rendez-vous revanchards eurent lieu les 17 et 20 mai. Toutes ces activités sont (co-)organisées par une association localisée à Bruxelles se dénommant le Dernier carré. Elle entretient des relations confraternelles avec les ex-SS flamands.

Devenir
La revue Devenir est issue de l’une des deux tendances idéologiques du groupe néonazi francophone l’Assaut (1988-1997).
Elle fut fondée par Hervé Van Laethem, un ancien sous-officier de l’armée belge qui cofonda l’Assaut. Ce fidèle serviteur de longue date de la renaissance national-socialiste débuta sa carrière politique, vers 1983, au Parti européen (un groupuscule lié à des ex-SS belges, dont Léon Degrelle), dirigea le VMO-Bruxelles (regroupant les nervis francophones du Vlaamse militanten orde de Bert Eriksson) et se chargea du chapitre belgo-flamand du Mouvement européen (un réseau nazi animé par le « couple » franco-allemand Caignet-Kühnen).

En septembre 1995, après une collaboration étroite avec les élements les plus subversifs du Vlaams Blok et des pourparlers avortés avec le Front national (entamés 1991), le groupe l’Assaut décida de rejoindre le Front nouveau de Belgique de Marguerite Bastien (FNB). L’Assaut y contrôlera très vite son service de sécurité et de renseignements ainsi que le FNJ, la section jeune du nouveau parti d’extrême droite.
En juin 1996, Hervé Van Laethem lançait dans « le Bastion », le mensuel du FNB, un « Appel à tous ceux qui furent, un jour des militants nationalistes ». Cet appel se terminait par ceci :
« …Alors, mes camarades, je vous invite à oublier les mauvais souvenirs et les éventuelles dissensions et à venir nous aider à prendre la chance unique et dernière que nous avons avec Marguerite Bastien de construire le grand parti dont le mouvement national a tant besoin ».

Quelques mois plus tard, le même Van Laethem précisera :

« Aujourd’hui il n’existe pas de solution spécifique ou superficielle. Il faut changer de système. Et ce changement ne pourra se faire qu’avec un parti national et populaire. C’est ce parti que nous essayons de construire aujourd’hui avec le Front nouveau de Belgique ».

Mais malgré l’enthousiasme exprimé par Van Laethem, la lune de miel avec Bastien prit rapidement fin. Plusieurs activistes de l’Assaut, menés par un certain Walter Dierickx (le fils d’un magistrat bruxellois), quittèrent les rangs néofrontistes au printemps 1997. Les autres suivront, en juillet de la même année, après la condamnation pour racisme d’Hervé Van Laethem. C’est alors que ce dernier créa le groupe Devenir, ainsi qu’un bimestriel du même nom.
Dans le numéro de janvier-février 1999 de « Devenir », Van Laethem affirmait que son groupe avait déjà réussi à « réactiver de nombreux militants isolés et découragés par Bastien, Féret et les dirigeants du Vlaams Blok ». Pour accueillir ces déçus, il fonda plusieurs structures militantes polyvalentes : le Comité pour l’expulsion des faux réfugiés, le Comité d’action anti-sioniste, le Centre de formation nationaliste Jacques Borsu (du nom du dirigeant du Parti européen mort en 1989)...

En mars 1999, Devenir participa à la création du comité des Nationalistes contre l’OTAN, avec divers autres groupuscules : REF (néorexiste liégeois), la Ligue nationale (conduite par un personnage ayant entamé un remake de Mein Kampf !) et le BIS (la feue structure francophone du Blok).

L’objectif de ce comité était de soutenir politiquement le dictateur Milosevic lors des frappes aériennes de l’Alliance atlantique contre la Serbie.

Comme jadis son ancêtre, en dehors des frontières, Devenir est en contact avec toute une série d’organisations néonazies : Le Front d’action des nationaux-socialistes hollandais (ANS), le NSDAP-AO (le parti nazi hitlérien reconstitué aux USA), les restes du Parti nationaliste français et européen (PNFE, responsable d’attentats dans les années 80), l’Unité radicale (rassemblant les partisans purs et durs du national-libéral Bruno Mégret) et bien d’autres nostalgiques du IIIe. Reich.


Fondation européenne Léon Degrelle (FELD)
Localisée à Bruxelles et à Braine-Le-Château, cette fondation, totalement opposée à l'Association pour la mémoire de Léon Degrelle (AMLD), a aussi pour but d'honorer la mémoire de l'ancien général SS wallon. A sa création, en 1994, la FELD ambitionnait de mettre sur pied une bibliothèque et une vidéothèque pour rassembler les milliers de documents qu'elle espérait recevoir des derniers partisans de Degrelle. La FELD édite aussi "Recueil", un organe semestriel consacré "bien évidemment à l'étude de celui que l'on peut considérer comme le principal homme politique de notre pays au XXe. Siècle" (sic).

Elle est animée par un groupe d'"amis et camarades jeunes et moins jeunes", rassemblés autour de Jean-Robert Debbaudt, un ex-volontaire de la SS wallonne qui, après la Guerre 40-45, dirigea l'une des multiples fractions concurrentes se revendiquant de Léon Degrelle et de son mouvement Rex. Debbaudt forma encore idéologiquement la plupart des cadres de la Nouvelle Droite qui militaient alors au sein de la section belge du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE). Membre depuis plusieurs années du Vlaams Blok , Debbaudt est proche du Bloc wallon.

L'autre pilier de la FELD est Marc Vanbesien. En 1989, ce dernier tenait, avec l'actuel bras-droit de Johan Demol (président bruxellois du Vlaams Blok), un stand exposant, à la Foire du livre internationale de Bruxelles, des livres négationnistes et de Léon Degrelle. A cette époque, Vanbesien militait au Parti des forces nouvelles (PFN, néonazi). Ensuite, avec Daniel Leskens, un responsable bruxellois du Front national et dirigeant de l'Association des Amis de Drieu-la-Rochelle, et le leader de l'Association pour l'indivisible liberté d'expression (AILE, une structure négationniste soutenue par Léon Degrelle), Vanbesien participera en Allemagne, à une rencontre internationale d'ex-SS européens.

Fraternité Saint-Pie X (Belgique)
Elle apparaît en 1971 en Belgique après avoir été fondée en France par Monseigneur Lefèbvre. Cette phalange intégriste nationale-catholique nostalgique de l’Etat français de Pétain a ouvert des points de chute à Bruxelles, Namur, Anvers et Gand. Ces « croisés » militent à l’extrême droite (aux FN en France et en Belgique).




Jeune alliance nationale (JAN)
Organisation de jeunes membres du Font nouveau de Belgique (FNB), la JAN est apparue en avril 2004. Son fondateur est Arnaud Franchini, un ancien des jeunes du Front national (FN) de Daniel Féret. Après un conflit interne, Franchini fut écarté par le baron Emmanuel Licari di Castel, le « chef » des « jeunesses frontistes » et protégé de Daniel Féret. Franchini quittera alors le FN pour le FNB. Il fondera ensuite la JAN avec d’autres transfuges du FN.
Basée à Mons, la JAN est aussi active à Charleroi. Arnaud Franchini tente maintenant de développer sa Jeune alliance nationale contre l’ensemble des structures d’extrême droite encore présentes sur le terrain. Il vise notamment à recruter les derniers militants du groupuscule Nation-L’Assaut.
La JAN regrouperait déjà une petite dizaine d’activistes (dont près de 50 % sont des jeunes filles), ensentiellement à Mons et à Charleroi. Fin avril 2004, elle préparait une campagne d’affichage en vue des élections régionales du 13 juin 2004. Arnaud Franchini venait alors d’annoncer qu’il serait l’un des candidats du FNB.
Nation
Ce mouvement a été fondé à Bruxelles, le 11 septembre 1999, lors des "Etats généraux du nationalisme". Le premier objectif de ceux-ci était de tirer les conclusions de la récente défaite électorale des listes de la "droite nationaliste" francophone. Le second objectif visait à unir les "vrais nationalistes" (sic). Mais, durant ces "états généraux", deux lignes stratégiques s'opposèrent. D'un côté, le clan d'Hubert Defourny (ex-vice-président d'AGIR et "Fondateur" de REF), de l'autre celui d'Hervé Van Laethem (alors responsable de la revue "Devenir", ex-chef du groupe néonazi l'Assaut et leaders des Jeunesses du Front nouveau de Belgique jusqu'en 1997). Le premier clan proposa que l'union se fasse autour de son sigle. Le clan de Van Laethem était pour sa part favorable à la création d'une nouvelle formation politique : le mouvement pour la Nation.
Alliés depuis plusieurs années, les deux chefs nationalistes finiront par se séparer. Quelques mois plus tard, le mouvement REF avouera pour finir qu'il n'"appréciait guère l'imagerie de type socialo-maçonnique qui envahit les publications de l'équipe DEVENIR-NATION" (in "Refractaire", édition spéciale, décembre 1999).
Le divorce avec Defourny n'empêchera pas Hervé Van Laethem de mettre sur pied sa formation avec le soutien de Michel Demoulin (un ancien attaché parlementaire de Marguerite Bastien, la présidente du FNB) et Robert Ervin (un acharné croisé de la "race des Européens blancs" proche du groupuscule sectaire Thule Sodalitas). Plusieurs déçus du FN et du FNB les rejoignèrent. Ce fut le cas de Jacques Hubert (décédé le 24 juin 2000), un ex-député wallon frontiste et président-fondateur du feu Front de la Nation belge.
Le premier meeting de Nation regroupa à Bruxelles, le 18 décembre 1999, plus de 80 personnes. Son thème était "Un nationalisme pour l'an 2000" et son invité Roland Gaucher, l'un des fondateurs du Front national français et depuis lors en brouille idéologique avec son président, Jean-Marie Le Pen.
Au début, Nation pris très vite de l'ampleur. Il se vantera ainsi d'être "le premier mouvement de Belgique francophone sur le plan militant". Rapidement, la tenue de formations afin d'"armer politiquement" les futurs cadres du "Mouvement nationaliste" (dont Nation serait bien entendu le fer de lance !), furent organisées. Essentiellement implanté dans la capitale, au printemps 2000, Nation bénéficiait d'autres contacts locaux en Wallonie (Charleroi, Herstal, La Louvière, Mons, Mouscron, Spa et Verviers). Pour se donner de l'importance, plusieurs structures thématiques furent mises sur pied : comité des Nationalistes contre l’OTAN, comité pour l'expulsion des faux réfugiés, Résistance verte, Révolte sociale… Une section regroupant les jeunes existe, c'est Jeune Nation. Plusieurs bulletins locaux sont réalisés par ses sections locales ou ses "associations amies", comme par exemple, "Le Parvis" (à Saint-Gilles) ou "Racines et Nation" (à Ixelles).
Contrairement aux autres mouvements d'extrême droite, Nation n'a pas ouvert de site internet, mais édite régulièrement son propre mensuel "Nation-Info". Quant à la revue "Devenir" (fondée et animée par Hervé Van Laethem jusqu'en septembre 1999), elle reste proche de Nation. Un mouvement qui se caractérise par sa haine des "faux nationalistes". Sont visés : les dirigeants du Bloc wallon, des divers FN et ceux du Vlaams Blok.
En Flandre, Nation est lié à la mouvance néonazie qui recrute essentiellement ses troupes de choc au sein des bandes de skinheads et d'hooligans. Parmi les organisations de cette mouvance, citons : l'Odal aktiekomitee (officiellement autodissout depuis avril 2000) et la Vlaamse Jongeren Mechelen (VJM). Ensemble, ils font partie d'un réseau national-socialiste, dont les tentacules sont internationales.
A l'étranger, plus précisément, les contacts de Nation sont le GUD (un mouvement étudiant français néofasciste connu pour ses ratonnades), l'Unité radicale (la fraction regroupant les purs et durs du Mouvement national républicain de Bruno Mégret), l'Alternative nationale (une autre dissidence du FN lepéniste) ainsi qu'une mouvance néonazie allemande en semi-clandestinitée. En février 2000, Nation organisa une série d'initiatives en vue de soutenir l'arrivée de l'extrême droite autrichienne au pouvoir.
A plusieurs reprises, Nation a apporté son soutien politique aux "supporters belges (de football) de tendance nationaliste et provenant de plusieurs Sides de supporters". Dans son bulletin de liaison, en juillet 2000, Nation affirmait - entre les lignes - que parmi les hooligans anglais qui s'étaient livrés à une véritable "bataille" contre des jeunes issus de l'immigration, au cours de l'Euro 2000, des "militants nationalistes-révolutionnaires" se trouvaient, "partout où ça chauffait : aux côtés des Anglais comme, et surtout, aux côtés du "White Side" belge" (Nation-Info, n° 9, juillet-août 2000, p. 5). Il faut savoir que depuis plusieurs années, les organisations à la base de Nation infiltrent les clubs de supporters regroupant des activistes nationalistes, comme les Wallon's boys (à Charleroi) et les Brussels boys (à Molenbeek, une commune de Bruxelles).
Malgré le souhait d'être le principal mouvement nationaliste en Wallonie, Nation ne sera cependant pas présent aux élections municipales du 8 octobre 2000. Ainsi en ont décidé ses dirigeants qui se donnent comme mission de "construire un mouvement solide et crédible". D'ailleurs pour eux, "les élections restent un moyen et ne seront jamais une fin en soi". Cette décision est la preuve que les difficultés rencontrées par ce mouvement pour se développer, surtout depuis l'apparition en avril 2000 du Bloc wallon, sont bien réelles, malgré ce qu'il affirme dans sa propagande. (Infos à la date du 22/08/2000).



Ce que nous venons d’évoquer ici est à la fois très loin d’être exhaustif, et très loin d’être à jour : il faut savoir en effet que comme les têtes de l’Hydre de Lerne, les visages et les appellation de ces mouvements, souvent coupés par des sursauts de civismes renaissent tout aussi souvent sous d’autres formes. Parfois « tournant casaque », comme on dit, ou paraissant le faire, comme un Arnaud Franchini, dans la région de Mons, qui met en place ses pièges pour les élections communales d’octobre, avec la fondation de son mouvement « intérêts communaux ».A votre avis, quels intérêts peuvent surgir du cerveau d’un ancien militant du FN, si ce ne sont les siens propres, qui dérivent directement de ceux de l’idéologie qui le motive ?
[1] © Encyclopædia Universalis 2004, tous droits réservés

[2] (1) Au début des années 90, les dirigeants d’AGIR accusaient Daniel Féret d’être au service de la Surêté de l’Etat pour déstabiliser l’extrême droite francophone. Cette accusation sera reprise, en 1995, par Marguerite Bastien. Pour Daniel Féret, les leaders d’AGIR étaient tout simplement des « nationaux-bolchéviques pro-serbes » (sic). (RésistanceS, n° 7, été 1999, p. 23)

Calendrier hébraïque

Le calendrier des Hébreux : fêtes et agriculture


Le calendrier hébraïque remonte pour sa forme actuelle au IVe siècle après J.-C. Luni-solaire, il assure une valeur moyenne du mois voisine de la lunaison et une durée moyenne de l’année voisine de l’année tropique.
Les années sont comptées depuis l’époque admise de la création du monde, soit en 3762 avant J.-C.; ainsi 1992 correspond en partie aux années 5752 et 5753. Le nouvel an (1er Tisseri) tombe toujours en septembre ou en octobre grégorien au moment du coucher du Soleil, instant du commencement du jour.
Dans l'Ancien Testament, le calendrier hébreu orthodoxe en vigueur était un calendrier lunaire de douze mois. Chaque mois commençait à la nouvelle lune (croissante et visible). Aussi l'année comptait-elle 354 jours.
Le jour (qui débute à 6 heures) compte 24 heures, chacune d'elles étant divisée en 1080 parties. La semaine voit les jours se succéder avec pour appellation leur numéro d'ordre de 1 à 7, le premier correspondant au dimanche.
Toute la difficulté naît de la coexistence d'un mois lunaire (de 29 jours, 12 heures et 793 parties) et d'une année solaire (de 365 jours, 6 heures). En effet, 12 mois lunaires ne totalisent que 354 jours, 8 heures, 876 parties, et il fallut trouver un moyen pour combler cette différence de 11 jours : on adopta le cycle de Méton, qui se déroule sur 19 ans, au cours duquel on intercale des années de 13 mois (nommées années " embolismiques ") dans les 3e, 6e, 8e, 11e, 14e, 17e et 19e années.
Ce sont des années de 383 jours, 21 heures. Ces cycles, qui partent de l'année 3760 av. J.-C., comptent donc 11 années de 12 mois et 7 années de 13 mois (l'année commence à l'automne), mais n'ont pas tous la même durée (allant de 6939 à 6942 jours), dans la mesure où les mois de 30 jours et ceux de 29 jours ne se succèdent pas d'une façon régulière.
Le calendrier de l'Ancien Testament est enraciné dans la tradition des fêtes religieuses et dans le cycle agricole.
L'organisation festive, instituée par Moïse, commençait avec la Pâque commémorant l'exode (ou fuite hors d'Egypte). Presque toutes les indications de mois rencontrées dans l'Ancien Testament se référaient à ce point de départ.
Les autres fêtes étaient liées aux semailles et aux moissons (Ex 23.14ss; Dt 16.9-15), mais pour la vie civile, c'est le calendrier lunaire qui prévalait (Lv 23; 1 R 8.2; 12.32).
Le premier jour de l'année civile coïncidait avec le septième mois religieux, Tisri.
Le cycle agricole se développait ainsi : Huitième mois religieux de Marchesvan (nom ancien : Bul) : commencement du cycle avec les premières pluies. Semailles du blé. (Le calendrier romain en est à la fin du mois d'octobre) (Dt 11.14).
Dixième mois de Tebet, saison des pluies, croissance printanière (Esd. 10.9).
Onzième mois de Sebat : figues d'hiver.
Douzième mois de Adar : récolte du lin, dernières pluies (Jé. 3.3). Le 13 et 14, fête de Purim (Es. 9.26-28).
Premier mois religieux de Nisan (ancien nom : Abib): moisson de l'orge (Ruth 1.22); le 14, fête de Pâque, suivie des Azymes (Ex 12.6; Lc. 22.13-20). Le 21, fête des prémices.
Deuxième mois d'Ijjar (ancien nom Ziv) : récolte générale.
Troisième mois de Sivan : culture des vignes. Semaine de Pentecôte à la septième semaine après les prémices.
Quatrième mois de Tammuz : premiers raisins (Nb 13.20).
Cinquième mois d'Ab : fruits d'été, chaleur estivale.
Sixième mois d'Elul : récolte des olives (Is. 32.10). Septième mois de Tisri (ancien nom : Ethanim) : labourage. Premier jour de l'année civile (Lé. 23.23-25); le 10, jour de l'expiation (Lv 16.29-30); du 15 au 21, fête des Huttes (Né 8).
Le premier mois de Tisri représente aujourd'hui encore le premier mois de l'année civile.
Les rois de Juda ont probablement compté leurs années à partir de ce calendrier jusqu'aux invasions babyloniennes du VIIème siècle av JC. En outre, les évènements historiques étaient datés soit à partir du début d'un règne en cours, soit en référence à de grandes dates nationales (exode, exil, etc).
Le sabbat dominical, jour de repos, posait, comme à l'heure actuelle, un certain nombre de problèmes. L'année ne contenant pas un nombre de semaines complètes, pas plus que de mois complets, les jours de sabbat étaient parfois fixés avec difficulté. Il est possible qu'au début, le sabbat dominical ait été placé avec les fêtes importantes ou en fonction des nouvelles lunes (Lv 23). Après l'exil, le sabbat du septième jour fut observée avec plus de rigueur et fut indépendant des fêtes et autres lunaisons. C'est ainsi que les juifs orthodoxes commencèrent d'éprouver des difficultés à faire coïncider fêtes et sabbats.
Calendrier du Nouveau Testament
La majeure partie des auteurs du Nouveau Testament situe les évènements en fonction du calendrier hébreu courant. Parfois font-ils référence au règne de gouvernants étrangers (Lc 3.1). Plus souvent, c'est à partir des grandes fêtes religieuses que sont mentionnées les dates : Pâque, Tabernacles, Pentecôte.
Cela peut parfois poser des problèmes d'interprétation au spécialiste sachant que le calendrier des pharisiens différait un peu de celui des saduccéens.
Plus significatif encore était le calendrier sectaire proposé dans le Livre des Jubilés, qui tentait de faire tomber toutes les fêtes le même jour de la semaine d'une façon permanente. L'année se divisait en quatre quarts de 13 semaines, chaque quart étant divisé en 3 mois de 30 jours, plus un jour supplémentaire à chaque trimestre. L'année commençait toujours un mercredi et jamais aucune fête ne tombait un jour de sabbat. (Demeurait cependant mystérieuse la façon dont on pouvait réharmoniser une année de 364 jours avec le cycle inexorable des saisons au bout d'une génération).
Peut-être la communauté de Qumram avait-elle adopté ce calendrier, sachant que leurs fêtes se célébraient un jour différent de celui observé par le Temple. Il est certain que les pratiques étaient, si ce n'est nombreuses, du moins variées. Ceci nous explique, par exemple, que la dernière Pâque célébrée par Jésus-Christ ne coïncide pas avec la célébration de la Pâque faite au Temple.

(c) Bibliorama

Luther prie pour l'Unité des chrétiens !

Dieu Éternel et miséricordieux, toi qui es un Dieu de paix, d'amour et d'unité, nous te prions, Père, et nous te supplions de rassembler, par ton Esprit Saint, tout ce qui est divisé.Veuille aussi nous accorder de nous convertir à ton unité, de rechercher ton unique et éternelle vérité, et de nous abstenir de toute dissensionAinsi nous n'aurons plus qu'un seul coeur, une seule volonté, une seule science, un seul esprit, une seule raison.Et, tournés tout entiers vers Jésus Christ, Notre Seigneur, nous pourrons, Père, te louer d'une seule bouche, et te rendre grâce par notre Seigneur Jésus Christ dans l'Esprit Saint.

Amen.

EDITO PHARE ETE

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » (Mt 11 :28)

A
vec l’arrivée de Juin et le retour (en principe !) du beau temps se profile à l’horizon l’étape tant attendue des vacances. Les projets vont bon train, chacun à son échelle et selon les moyens dont il dispose prévoit, parfois très minutieusement le « timing » de ses congés : départ tel jour à telle heure, moyenne horaire à respecter, choses à emporter, lieux à visiter, etc…
Que d’agitation dans les chaumières ! Objectivement, à regarder cela, on se demande quelle différence il peut bien avoir entre le train-train épuisant du quotidien, le « métro-boulot-dodo » et certains plannings de vacances, chargés à outrance et qui auront pour résultat de nous voir revenir plus fatigués encore qu’au départ !
Classique… et courant ! Nous l’avons tous éprouvé l’une ou l’autre fois.
Pourtant, à cette époque de l’année, nous sommes tous fatigués : fatigués à cause du travail, du stress quotidien, d’un hiver qui n’en finissait plus, de tensions de toutes sortes… Et nous aspirons tous à un repos mérité.
La Parole de Jésus, en Mt 11 :28 nous va droit au cœur, nous fait vibrer et nous espérons pouvoir enfin goûter à ce repos promis.
Mais pensons-nous vraiment qu’il puisse se révéler à nous au travers des offres alléchantes des guides touristiques ou des agences de voyage ?

Non, pas plus que le bonheur, le repos véritable n’est ni à vendre ni à programmer.

Un philosophe de l’antiquité prônait cette attitude : « carpe diem » (« saisis l’instant » ).
Bien que son école ait souvent été décriée par certains milieux chrétiens, il avait pourtant trouvé une clé essentielle du bonheur et de la paix, ces deux composants du vrai repos que n’eut pas repoussée Jésus qui exhortait ses disciples à vivre simplement, au jour le jour, sans se soucier du lendemain. (Ceux qui n’en sont pas convaincus devraient relire attentivement Mt 6 :25-34 ainsi que les passages parallèles !)

Il y a dans le mot « vacances » la même racine que dans le mot « vacuité », qui signifie « vide ». Si nous voulons goûter au vrai repos que nous promet Jésus, nous devons d’abord et avant tout savoir faire le vide en nous. Curieusement, c’est aussi une des clés de la sagesse orientale telle qu’elle s’exprime au travers du Bouddhisme Zen. Faire le vide de nos soucis, de nos préoccupations, pour redécouvrir un esprit vierge, prompt à vibrer aux choses essentielles qui l’entourent au quotidien : la simplicité et la beauté de la nature, la redécouverte d’un temps totalement disponible pour ses proches et pour soi, pour un dialogue renouvelé, un cœur à cœur… Et, pour nous chrétiens, la redécouverte d’un temps imprégné de la présence de notre Créateur, qui nous parle au travers de l’univers tout entier, dans lequel nous existons non pas comme quantité négligeable, mais comme placés par Dieu pour y jouer le rôle qu’Il attend de nous.
Cherchez bien : les fruits et les promesses de ces « vacances » là, vous ne les trouverez pas dans les catalogues. La raison en est simple : c’est la gratuité. Cela « fait tache » d’un point de vue commercial !

Bonnes « vraies » vacances à tous ! Jean-Marie Demarque
Pasteur d’Ecaussinnes

ACTIVITES 2006-2007

1. Etude Biblique : Toujours le troisième jeudi du mois, mais changement de thème et de Livre : Evangile selon Jean : les « sept signes » (soit le « Livre des Signes : Jn 2 à 11)
2. Poursuite du cours d’hébreu un mardi sur deux (sauf autre réunion – consistoire- prévue ce jour-là.)
3. Initiation à la pensée Egyptienne et à l’Egyptien du Moyen Empire, un mardi sur deux (sauf autre réunion – consistoire- prévue ce jour-là.)
· Pensée Egyptienne : Grandes lignes de l’Histoire, mythologie, concept du Dieu unique, Littérature, Apports au Judaïsme et au Christianisme, Conception de l’au-delà.
· Egyptien du Moyen Empire : initiation au déchiffrement des hiéroglyphes et lecture-traduction du « Conte du Naufragé »
· Sorties d’église (un samedi ou un dimanche) au musée de Mariemont et aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles.
4. Groupe de chant : le deuxième jeudi du mois
· Apprentissage de nouveaux chants.
· Constitution de notre propre carnet de chant (voir projet en cours)
· Préparation de la fête de Noël.
5. Atelier théâtral : le premier lundi du mois
· Préparation d’une pièce pour Noël
6. atelier photo : le second samedi du mois
· Initiation à la prise de vue.
· Sorties « photos »
· Initiation au numérique.
· Exposition.
7. initiation à l’informatique : le quatrième samedi du mois
· Techniques de base
· Apprentissage de Word
· Initiation à Photoshop
· Initiation à Internet
· Initiation à « l’informatique biblique »

Renseignements : jmdemarque@skynet.be

ETUDE BIBLIQUE 1 : la Noce de Qanah

LE LIVRE DES SIGNES
1°. Préliminaires
Voici le premier cahier d’une série de sept, consacrés aux signes accomplis par Jésus durant son ministères, et relatés dans l’Evangile selon Jean.
Ce premier cahier comporte une introduction générale à la notion de « signe ».
La traduction du texte étudié est ma propre version au départ du N26[1]. Le principal dictionnaire grec utilisé est , contre toute attente, le Bailly[2], dans sa version complète.
Les citations de textes bibliques sont celles de la TOB.
Tout ouvrage consulté, utilisé ou cité dans le texte est référencé en notes de bas de page.
Les citations intégrales d’un auteur sont transcrites en italique.
A la fin de ce cahier, on trouvera des illustrations, des photos et des cartes destinées à agrémenter notre étude.
1°. Signes, miracles ou symboles ?

Dans l’époque matérialiste qui est la nôtre, on a souvent tendance à amalgamer les choses et à les confondre. Or, un « signe » n’est pas nécessairement un miracle, pas plus qu’il n’est obligatoirement un symbole. Ce sont là des termes, très souvent confondus, mais qui ne sont pas pour autant interchangeables. Essayons de les expliciter un peu…

Le Signe

Deux mots existent en hébreu pour le désigner : ot et mophet. Un mot existe en grec : sêmeion.

C’est un événement qui est toujours porteur de sens, qui « signifie » quelque chose. Dans la Bible, le signe se rapporte le plus souvent à un acte accompli par Dieu. Il est porteur d'un message. Les signes sont pour la plupart assortis de miracles. Les signes attestent toujours la crédibilité de Dieu et révèlent sa puissance et sa gloire.



L’Evangile selon jean comporte 7 signes :

1. l'eau changée en vin à Cana (2.1-11),
2. la guérison du fils de l'officier royal (4.46-54),
3. la guérison de l'infirme de Béthesda (5.2-9),
4. la multiplication des pains (6.1-14),
5. La marche sur la mer (6.16-21)
6. la guérison de l'aveugle-né (9.1-7)
7. et la résurrection de Lazare (11.1-44).

Ces signes sont « concentrés » dans les chapitres 2 à 11 de cet Evangile. C’est pourquoi on appelle parfois cette partie le « Livre des Signes ».

Cependant, comme dans les évangiles synoptiques, Jésus se méfie de la foi qui repose sur des signes.
Jean 2:23
23 ¶ Tandis que Jésus séjournait à Jérusalem, durant la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom à la vue des signes qu'il opérait.
24 Mais Jésus, lui, ne croyait pas en eux, car il les connaissait tous,
25 et il n'avait nul besoin qu'on lui rendît témoignage au sujet de l'homme: il savait, quant à lui, ce qu'il y a dans l'homme.
Jean 4:48
48 Jésus lui dit: "Si vous ne voyez signes et prodiges, vous ne croirez donc jamais!"


Il renvoie ainsi ses auditeurs aux exigences et aux promesses de l'Evangile

Jean 3:2
2 Il vint, de nuit, trouver Jésus et lui dit: "Rabbi, nous savons que tu es un maître qui vient de la part de Dieu, car personne ne peut opérer les signes que tu fais si Dieu n'est pas avec lui."
3 Jésus lui répondit: "En vérité, en vérité, je te le dis: à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu."
Jean 6:26
26 Jésus leur répondit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, ce n'est pas parce que vous avez vu des signes que vous me cherchez, mais parce que vous avez mangé des pains à satiété.
27 Il faut vous mettre à l'oeuvre pour obtenir non pas cette nourriture périssable, mais la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que le Fils de l'homme vous donnera, car c'est lui que le Père, qui est Dieu, a marqué de son sceau."
Jean 6:35
35 Jésus leur dit: "C'est moi qui suis le pain de vie; celui qui vient à moi n'aura pas faim; celui qui croit en moi jamais n'aura soif.
36 Mais je vous l'ai dit: vous avez vu et pourtant vous ne croyez pas.
37 Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et celui qui vient à moi, je ne le rejetterai pas,
38 car je suis descendu du ciel pour faire, non pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.
40 Telle est en effet la volonté de mon Père: que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour."


On trouve aussi des Signes et Prodiges, dans l’ensemble des Ecritures.

-Dieu a accompli des "signes et des prodiges" en faisant sortir les Hébreux d'Egypte
Deutéronome 6:22
22 le SEIGNEUR a fait sous nos yeux de grands signes et de grands prodiges pour le malheur de l'Egypte, du Pharaon et de toute sa maison.
Deutéronome 7:19
19 de ces grandes épreuves que tu as vues de tes yeux, de ces signes et de ces prodiges, le souvenir de la main forte et du bras étendu du SEIGNEUR ton Dieu quand il t'a fait sortir; eh bien! le SEIGNEUR ton Dieu en fera autant à tous les peuples que tu pourrais craindre.
Néhémie 9:10
10 Tu as accompli des signes et des prodiges contre le Pharaon, contre tous ses serviteurs et contre tout le peuple de son pays, car tu savais que dans leur orgueil ils les avaient maltraités, et tu t'es fait un nom comme on le voit aujourd'hui.
Psaumes 78:43
43 Il impose ses signes à l'Egypte, ses prodiges au pays de Tanis.
Psaumes 105:27
27 Leur parole imposa des signes en Egypte, les prodiges de Dieu dans le pays de Cham.
Psaumes 135:9
9 Au milieu de toi, Egypte, il envoya signes et prodiges contre le Pharaon et tous ses serviteurs.
Jérémie 32:20
20 dans le pays d'Egypte, tu t'es révélé par des prodiges dont la valeur significative demeure jusqu'à ce jour, et tu t'es fait un nom en Israël et dans l'humanité, comme on peut le constater aujourd'hui;

Dans le Premier Testament, c'est l'acte de rédemption le plus important. Mais Dieu opère aussi des signes et des prodiges pour corriger son peuple

Deutéronome 28:45
45 ¶ Toutes ces malédictions viendront sur toi, te poursuivront et t'atteindront jusqu'à ce que tu sois exterminé, puisque tu n'auras pas écouté la voix du SEIGNEUR ton Dieu en gardant ses commandements et ses lois, qu'il t'a donnés.
46 Cela t'arrivera comme signe et comme prodige, à toi et à ta descendance pour toujours.
1 Rois 13:3
3 Ce jour même, l'homme de Dieu donna un signe en disant: "Ceci est le signe que le SEIGNEUR a parlé: Voici, l'autel va se fendre, et la graisse qui est dessus se répandre."
1 Rois 13:5
5 L'autel se fendit, et la graisse se répandit de l'autel, selon le signe que l'homme de Dieu avait donné sur une parole du SEIGNEUR.
Jérémie 44:29
29 Et voici le signe-oracle du SEIGNEUR-qui vous manifestera que je vais sévir contre vous en ce lieu, vous faisant savoir que mes paroles vont se réaliser contre vous, pour votre malheur:
30 -Ainsi parle le SEIGNEUR-je livre le Pharaon Hofra, roi d'Egypte, au pouvoir de ses ennemis, de ceux qui en veulent à sa vie, comme j'ai livré Sédécias, roi de Juda, au pouvoir de son ennemi, Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui en voulait à sa vie."
Ezékiel 14:6
6 C'est pourquoi, dis à la maison d'Israël: Ainsi parle le Seigneur DIEU: Revenez, détournez-vous de vos idoles; détournez vos visages de toutes vos abominations.
7 Soit un homme membre de la maison d'Israël ou un émigré, résidant en Israël; il s'éloigne de moi, porte ses idoles dans son coeur, met devant lui l'obstacle qui le fera pécher, puis va vers le prophète pour le consulter; eh bien! moi, le SEIGNEUR, je lui répondrai personnellement.
8 Je tournerai mes regards contre cet homme, j'en ferai un exemple proverbial et je le retrancherai du milieu de mon peuple. Alors vous connaîtrez que je suis le SEIGNEUR.

Dans le N.T., cette expression se rapporte à l'oeuvre de rédemption accomplie par Jésus-Christ et à la proclamation de cette rédemption par ses apôtres. Dans les Actes, Jésus est décrit comme "un homme approuvé de Dieu(...)par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui...". Ac 2.22

Actes 2:22
22 "Israélites, écoutez mes paroles: Jésus le Nazôréen, homme que Dieu avait accrédité auprès de vous en opérant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez,

Ce n'est plus Moïse, mais Jésus-Christ qui libère le peuple de Dieu de l'esclavage. L'expr. s'applique également à l'oeuvre de Dieu à travers les apôtres: Luc écrit qu'"il se faisait beaucoup de prodiges et de signes par les apôtres"

Actes 2:43
43 La crainte gagnait tout le monde: beaucoup de prodiges et de signes s'accomplissaient par les apôtres.

L'apôtre Paul affirme que des signes et des prodiges accompagnent et attestent son ministère: "les signes distinctifs de l'apôtre ont été vus à l'oeuvre au milieu de vous par(...)des signes, des prodiges et des miracles"

2 Corinthiens 12:12
12 Les signes distinctifs de l'apôtre se sont produits parmi vous: patience à toute épreuve, signes miraculeux, prodiges, actes de puissance.

L'auteur de l'épître aux Hébreux lie aussi les signes et les prodiges à l'apostolat. Heb 2.3

Hébreux 2:3
3 comment nous-mêmes échapperons-nous, si nous négligeons un pareil salut, qui commença à être annoncé par le Seigneur, puis fut confirmé pour nous par ceux qui l'avaient entendu,


On parle aussi, dans toute la Bible, de « faux signes ».

De faux signes peuvent être produits par des personnes qui ne sont pas envoyées par Dieu. Ces faux prophètes cherchent à authentifier leur message par des signes. Ainsi, très vite, Dieu commanda aux Israélites de tester les signes des prophètes pour voir s'ils correspondaient bien à leur message. De 13.1-5

Deutéronome 13:1
1 ¶ (13-2) S'il surgit au milieu de toi un prophète ou un visionnaire-même s'il t'annonce un signe ou un prodige,
2 (13-3) et que le signe ou le prodige qu'il t'avait promis se réalise, s'il dit: "Suivons et servons d'autres dieux", des dieux que tu ne connais pas,
3 (13-4) tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou les visions de ce visionnaire; car c'est le SEIGNEUR votre Dieu qui vous éprouvera de cette manière pour savoir si vous êtes des gens qui aimez le SEIGNEUR votre Dieu de tout votre coeur, de tout votre être.
4 (13-5) C'est le SEIGNEUR votre Dieu que vous suivrez, c'est lui que vous craindrez, ce sont ses commandements que vous garderez, c'est sa voix que vous écouterez, c'est lui que vous servirez, c'est à lui que vous vous attacherez.
5 (13-6) Quant à ce prophète ou visionnaire, il sera mis à mort pour avoir prêché la révolte contre le SEIGNEUR votre Dieu qui vous a fait sortir du pays d'Egypte et t'a racheté de la maison de servitude; cet homme voulait t'entraîner hors du chemin que le SEIGNEUR ton Dieu t'a prescrit de suivre. Tu ôteras le mal du milieu de toi.


Jésus lui-même mit ses disciples en garde en disant que de faux Christ et de faux prophètes opéreraient des signes et des prodiges au point de séduire si possible même les élus

Matthieu 24:24
24 En effet, de faux messies et de faux prophètes se lèveront et produiront des signes formidables et des prodiges, au point d'égarer, s'il était possible, même les élus.

Les Miracles :

Le miracle est une intervention surnaturelle dans le monde extérieur, qui apporte une révélation de la présence et de la puissance de Dieu. "C'est, dans l'action ordinaire des forces de la nature, une interférence de l'Auteur de la nature. C'est un événement qui n'est pas le résultat d'une combinaison quelconque des forces physiques, mais qui provient d'une directe volition divine"[3]. Dans le sens strict, on n'appelle pas "miracle" n'importe quel fait ou événement dû à des causes surnaturelles ou à des coïncidences extraordinaires (dites parfois providentielles). Pour la Bible, la nature tout entière est sous la dépendance absolue de son Créateur; il ne peut être question d'un univers purement matériel gouverné par des "lois immuables". Au contraire, "tout événement naturel est considéré simplement comme un acte de la libre volonté de Dieu, que ce soit la pluie ou le soleil, le tremblement de terre ou le prodige. Ainsi, l'essence du miracle n'est pas le fait qu'il est "surnaturel", mais bien qu'il est une preuve particulièrement claire et frappante de la puissance de Dieu et de la liberté dont il use pour accomplir ses desseins"[4].

Pour quiconque croit en un Dieu personnel, la possibilité du miracle ne fait pas l'ombre d'un doute. On pourrait comparer l'intervention miraculeuse du Seigneur dans le monde physique à celle de la volonté et de la force musculaire de l'homme, qui contrôle et neutralise les lois de la nature. D'ailleurs, ce serait bien plutôt l'absence de miracle qui devrait être expliquée, de la part de Celui qui soutient, contrôle et dirige tout; comme aussi de la part du Christ, qui se proclame la source de la vie et du salut. La négation de la possibilité même du miracle provient au fond de l'athéisme (Dieu n'existe pas, il ne peut donc se manifester), et du panthéisme (Il n'est pas une personne et ne saurait intervenir intelligemment).

Tout croyant qui a fait dans son coeur l'expérience de la vérité de l'Evangile et de l'action régénératrice du Saint-Esprit, connaît personnellement quelque chose de la puissance de Dieu et de la réalité de ses révélations; il n'a aucune peine à admettre les autres interventions divines qui sont si intimement liées à l'histoire du salut. Avec l'aveugle-né, il peut dire: "J'étais aveugle, et maintenant je vois"

Jean 9:25
25 Il leur répondit: "Je ne sais si c'est un pécheur; je ne sais qu'une chose: j'étais aveugle et maintenant je vois."


Il sait qu'il est "une nouvelle créature", car en lui s'est opéré le miracle de la nouvelle naissance.

2 Corinthiens 5:17
17 Aussi, si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu'une réalité nouvelle est là.

Jean 3:3
3 Jésus lui répondit: "En vérité, en vérité, je te le dis: à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu."
4 Nicodème lui dit: "Comment un homme pourrait-il naître s'il est vieux? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître?"
5 Jésus lui répondit: "En vérité, en vérité, je te le dis: nul, s'il ne naît d'eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.
6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit.
7 Ne t'étonne pas si je t'ai dit: Il vous faut naître d'en haut.
8 Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit."


Il peut faire crédit, non seulement à l'auteur de tous les miracles possibles, mais encore aux récits inspirés qu'il a jugé bon de nous en donner.


Les miracles en tant qu’actes de puissance, prodiges et signes.

Le Second Testament désigne les miracles par les termes de

a) dunameis, "puissances",
b) terata "prodiges, actes étonnants",
c) semeia, "signes".

Le miracle est en effet:

1. Une oeuvre puissante; les miracles de l'Egypte ont pour but de montrer au Pharaon la puissance de Dieu Ex 9.16

Exode 9:16
16 Mais voici pourquoi je t'ai maintenu: pour te faire voir ma force, afin qu'on publie mon nom par toute la terre.

comme ceux de la conquête de Canaan continuent à la manifester aux yeux d'Israël. Ps 111.6

Psaumes 111:6
6 ¶ A son peuple il a montré la puissance de ses oeuvres, (Lamed) -en lui donnant le patrimoine des nations.
De même, la guérison d'Actes 3.6, 12, 16, démontre la toute puissance du nom de Jésus.

2. Un prodige, qui suscite l'étonnement. Toute la nature est remplie de manifestations inexplicables de la puissance et de la sagesse de Dieu Ro 1.19-20

Romains 1:19
19 ¶ car ce que l'on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste: Dieu le leur a manifesté.
20 En effet, depuis la création du monde, ses perfections invisibles, éternelle puissance et divinité, sont visibles dans ses oeuvres pour l'intelligence; ils sont donc inexcusables,


Et notre propre corps est en un sens un véritable "miracle ambulant". (Pensons un instant au seul fonctionnement de notre cerveau!) Mais nous y sommes tellement habitués que cela ne nous frappe plus. Dieu suscite parfois des prodiges inusités pour obliger l'homme à s'arrêter et à dire, avec les magiciens d'Egypte: "C'est le doigt de Dieu!".

Exode 8:15
15 (8-11) Voyant qu'il y avait un répit, le Pharaon s'obstina. Il n'écouta pas Moïse et Aaron, comme l'avait dit le SEIGNEUR.
Marc 2:12
12 L'homme se leva, il prit aussitôt son brancard et il sortit devant tout le monde, si bien que tous étaient bouleversés et rendaient gloire à Dieu en disant: "Nous n'avons jamais rien vu de pareil!"
Marc 5:42
42 Aussitôt la fillette se leva et se mit à marcher, -car elle avait douze ans. Sur le coup, ils furent tout bouleversés.
Marc 6:51
51 Il monta auprès d'eux dans la barque, et le vent tomba. Ils étaient extrêmement bouleversés.
Marc 7:37
37 Ils étaient très impressionnés et ils disaient: "Il a bien fait toutes choses; il fait entendre les sourds et parler les muets."
Actes 3:10
10 On le reconnaissait: c'était bien lui qui se tenait, pour mendier, à la Belle Porte du temple. Et les gens se trouvèrent complètement stupéfaits et désorientés par ce qui lui était arrivé.



Un signe. Le miracle n'a pas son but en soi; il dirige nos regards plus loin, en révélant la présence immédiate de Dieu.

Nous venons de l’évoquer très largement dans les pages précédentes.

Les miracles font partie de la révélation.

Les miracles du Christ ont été l'acte, dont l'Evangile a été la Parole. Le Sauveur a non seulement enseigné, il a agi sur la nature et délivré les hommes de leurs maladies physiques ou morales (G. T. Manley, Nouv. Manuel de la Bible, pp. 65-76). Il y a un rapport étroit entre les déclarations de Jésus et ses actes. Aussitôt après avoir dit: "Je suis la lumière du monde", il guérit l'aveugle-né.
Jean 8:12
12 ¶ Jésus, à nouveau, leur adressa la parole: "Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres; il aura la lumière qui conduit à la vie."
Jean 9:5
5 aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde."
6 Ayant ainsi parlé, Jésus cracha à terre, fit de la boue avec la salive et l'appliqua sur les yeux de l'aveugle;
7 et il lui dit: "Va te laver à la piscine de Siloé" -ce qui signifie Envoyé. L'aveugle y alla, il se lava et, à son retour, il voyait.


Ayant déclaré: "Je suis la résurrection et la vie", il fait sortir Lazare du tombeau (11.25, 43). Tout son discours sur le pain de vie est un commentaire de la multiplication des pains (6.11, 26-58). C'est après avoir guéri un homme malade depuis 38 ans que Jésus s'écrie: "Mon Père agit jusqu'à présent; moi aussi, j'agis... tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement" (5.5-19).

Les miracles accomplis par Moïse sont également des signes de la souveraineté du Dieu qui commande au Pharaon comme à Israël
Exode 4:5
5 "C'est afin qu'ils croient que le SEIGNEUR t'est apparu, le Dieu de leurs pères, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob."
Exode 4:8
8 "Alors, s'ils ne te croient pas et n'entendent pas la voix du premier signe, ils croiront à la voix du signe suivant.
9 Alors, s'ils ne croient pas plus à ces deux signes et n'entendent pas ta voix, tu prendras de l'eau du Fleuve et la répandras à terre; l'eau que tu auras prise au Fleuve, sur la terre deviendra du sang."
Chacune des 10 plaies doit produire cet effet: "Les Egyptiens sauront que je suis l'Eternel, lorsque j'étendrai ma main sur l'Egypte" (7.5). La mort des 1ers-nés en particulier est un jugement sur toutes les idoles impuissantes du pays (12.12). Le miracle des cailles prouve à Israël qu'ils ont un Dieu capable de subvenir à leurs besoins (16.12). On peut donc dire que les miracles ont toujours un but spirituel, et que le Christ a délibérément refusé d'accomplir des prodiges qui ne remplissaient pas cette condition.

Matthieu 4:3
3 Le tentateur s'approcha et lui dit: "Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains."
4 Mais il répliqua: "Il est écrit: Ce n'est pas seulement de pain que l'homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu."
5 Alors le diable l'emmène dans la Ville Sainte, le place sur le faîte du temple
6 et lui dit: "Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit: Il donnera pour toi des ordres à ses anges et ils te porteront sur leurs mains pour t'éviter de heurter du pied quelque pierre."
7 Jésus lui dit: "Il est aussi écrit: Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu."
Matthieu 12:38
38 ¶ Alors quelques scribes et Pharisiens prirent la parole: "Maître, nous voudrions que tu nous fasses voir un signe."
39 Il leur répondit: "Génération mauvaise et adultère qui réclame un signe! En fait de signe, il ne lui en sera pas donné d'autre que le signe du prophète Jonas.
40 Car tout comme Jonas fut dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits.
Matthieu 16:1
1 ¶ Les Pharisiens et les Sadducéens s'avancèrent et, pour lui tendre un piège, lui demandèrent de leur montrer un signe qui vienne du ciel.
Matthieu 16:4
4 Génération mauvaise et adultère qui réclame un signe! En fait de signe, il ne lui en sera pas donné d'autre que le signe de Jonas." Il les planta là et partit.


Les miracles, manifestation de la puissance et de l'intervention de Dieu, sont là pour frapper les hommes et les aider à croire. Après avoir donné des signes éclatants de sa nature et de sa mission divine, Jésus déclare à ses interlocuteurs qu'ils devraient croire à cause de ces oeuvres mêmes. Joh 10.25, 37-38

Jean 10:25
25 Jésus leur répondit: "Je vous l'ai dit et vous ne croyez pas. Les oeuvres que je fais au nom de mon Père me rendent témoignage,
25 Jean 10:37
37 Si je ne fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas!
37 ei ou poiw ta erga tou patrov mou mh pisteuete moi
38 Mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces oeuvres, afin que vous connaissiez et que vous sachiez bien que le Père est en moi comme je suis dans le Père."


De même, Jésus affirme qu'elles attestent suffisamment son autorité, et fait des reproches à ceux qui n'en acceptent pas le témoignage

Matthieu 11:3
3 "Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?"
4 Jésus leur répondit: "Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez:
5 les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres;
Matthieu 11:20
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient pas converties.
21 "Malheureuse es-tu, Chorazin! Malheureuse es-tu, Bethsaïda! Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et la cendre, elles se seraient converties.
Matthieu 12:28
28 Mais si c'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les démons, alors le Règne de Dieu vient de vous atteindre.
Jean 5:36
36 Or je possède un témoignage qui est plus grand que celui de Jean: ce sont les oeuvres que le Père m'a données à accomplir; je les fais et ce sont elles qui portent à mon sujet témoignage que le Père m'a envoyé.
Jean 14:11
11 Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi; et si vous ne croyez pas ma parole, croyez du moins à cause de ces oeuvres.
Jean 15:24
24 Si je n'avais pas fait au milieu d'eux ces oeuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient pas de péché; mais à présent qu'ils les ont vues, ils continuent à nous haïr, et moi et mon Père;
Jean 20:30
30 Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d'autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre.
31 Ceux-ci l'ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom.


Toutefois, les miracles ne sauraient en aucune façon remplacer la foi. Pharaon, qui avait réclamé un miracle pour croire, refuse de se laisser convaincre malgré toutes les évidences

Exode 7:9
9 "Si le Pharaon vous parle ainsi: Faites donc un prodige, -tu diras à Aaron: Prends ton bâton, jette-le devant le Pharaon, et qu'il devienne un dragon!"
Exode 7:13
13 Cependant, le coeur du Pharaon resta endurci; il n'écouta pas Moïse et Aaron, comme l'avait dit le SEIGNEUR.
Exode 7:22
22 Mais les magiciens d'Egypte firent la même chose avec leurs sortilèges. Le coeur du Pharaon resta endurci, il n'écouta pas Moïse et Aaron, comme l'avait dit le SEIGNEUR.
23 Le Pharaon s'en retourna et rentra chez lui sans même prendre cela au sérieux.
Exode 11:9
9 Le SEIGNEUR dit à Moïse: "Le Pharaon ne veut pas vous écouter, si bien que mes prodiges se multiplient dans le pays d'Egypte."
10 Moïse et Aaron avaient accompli tous ces prodiges devant le Pharaon, mais le SEIGNEUR avait endurci le coeur du Pharaon, qui ne laissa pas partir les fils d'Israël hors de son pays.

Les contemporains du Christ qui avaient vu (et demandé) tant de signes surnaturels, endurcissent leurs oreilles et ferment leurs yeux de façon à n'être pas gagnés.

Jean 12:37
37 ¶ Quoiqu'il eût opéré devant eux tant de signes, ils ne croyaient pas en lui,
38 de sorte que s'accomplît la parole que le prophète Esaïe avait dite: Seigneur, qui a cru ce qu'on nous avait entendu dire? et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé?
39 Le même Esaïe a indiqué la raison pour laquelle ils ne pouvaient croire:
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur coeur, pour qu'ils ne voient pas de leurs yeux, que leur coeur ne comprenne pas, qu'ils ne se convertissent pas, et je les aurais guéris!
Matthieu 13:13
13 Voici pourquoi je leur parle en paraboles: parce qu'ils regardent sans regarder et qu'ils entendent sans entendre ni comprendre;
14 et pour eux s'accomplit la prophétie d'Esaïe, qui dit: Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
15 Car le coeur de ce peuple s'est épaissi, ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour ne pas voir de leurs yeux, ne pas entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur coeur, et pour ne pas se convertir. Et je les aurais guéris!


Il y a une recherche des miracles qui procède de la chair et non de la foi: celle des Juifs cités ci-dessous Mr 8.11-12; Joh 2.18; 1Co 1.22

Marc 8:11
11 Les Pharisiens vinrent et se mirent à discuter avec Jésus; pour lui tendre un piège, ils lui demandent un signe qui vienne du ciel.
12 Poussant un profond soupir, Jésus dit: "Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? En vérité, je vous le déclare, il ne sera pas donné de signe à cette génération."
Jean 2:18
18 Mais les Juifs prirent la parole et lui dirent: "Quel signe nous montreras-tu, pour agir de la sorte?"
1 Corinthiens 1:22
22 Les Juifs demandent des signes, et les Grecs recherchent la sagesse;

Il y a aussi celle d’Hérode p. ex.. Lu 23.8

Luc 23:8
8 A la vue de Jésus, Hérode se réjouit fort, car depuis longtemps il désirait le voir, à cause de ce qu'il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire quelque miracle.

A ces gens-là, Jésus déclare sur un ton de reproche: "Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point".

Jean 4:48
48 Jésus lui dit: "Si vous ne voyez signes et prodiges, vous ne croirez donc jamais!"


En réalité, c'est le croyant (ou l'homme prêt à croire) qui voit le miracle et en retire un bénéfice spirituel: "Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu" (11.40; Mt. 9.29). Tandis qu'au milieu de l'incrédulité, le Seigneur n'accomplit aucun miracle

Matthieu 13:54
54 Etant venu dans sa patrie, il enseignait les habitants dans leur synagogue de telle façon que, frappés d'étonnement, ils disaient: "D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles?
Matthieu 13:58
58 Et là, il ne fit pas beaucoup de miracles, parce qu'ils ne croyaient pas.









A quelles époques se produisent les miracles?

Il est frappant de constater que dans la Bible, ils sont apparus presque exclusivement:

a) à l'époque de Moïse et de Josué, pour confirmer la délivrance du peuple élu, la promulgation de la Loi et de l'Alliance, l'établissement du culte du seul vrai Dieu et la conquête de la Terre Promise;

b) lors du ministère d'Elie et d'Elisée, pour soutenir les croyants dans une lutte sans merci contre le paganisme triomphant;

c) pendant l'exil, lorsque Dieu sauvegarde la foi des déportés en manifestant sa puissance et sa supériorité sur les dieux païens par l'aide qu'il apporte à Daniel et à ses compagnons;

d) au début du christianisme, pour accréditer la personne du Fils de Dieu et son oeuvre salvatrice; pour confirmer la fondation de l'Eglise et la mission des apôtres; pour appuyer le passage de l'Ancienne à la Nouvelle Alliance et démontrer l'excellence de l'Evangile au milieu du monde antique, idolâtre et corrompu.

En dehors de ces périodes-là, des hommes de Dieu remarquables ont vécu, sans accomplir de miracles particuliers: citons à ce propos Abraham, David, et plusieurs prophètes éminents. Il est même dit de Jean-Baptiste à la fois qu'il a été le plus grand de l'Ancienne Alliance, et que pourtant il n'a fait aucun miracle.
Qu'en est-il de notre époque?

Il est certain que Dieu est toujours capable d'accomplir des miracles, et que l'Esprit peut accorder à certains le don d'opérer des miracles et des guérisons

N'oublions pas, cependant, que de telles manifestations doivent être en accord complet avec la Parole de Dieu, et que d'autre part, elles ont été absentes de certaines époques, même de réveil, et du ministère de très grands serviteurs de Dieu . D'ailleurs, il serait abusif de n'appeler "miraculeux" que les dons de guérison, de miracle et de langues. Chaque manifestation de l'Esprit est surnaturelle par définition, et en un sens l'exercice puissant d'un don de sagesse, de connaissance, de foi, de discernement, d'enseignement, etc., est tout aussi miraculeux.

Comme il y a de « faux signes », il y a de « faux miracles » !

Luc cite un magicien du nom d'Elymas (13.6-12). Il mentionne aussi les livres qui servaient à exercer les arts magiques (19.19). Il y avait évidemment, alors comme de nos jours, une bonne part de supercherie dans une telle magie. Mais le Christ et ses apôtres parlent ouvertement des grands prodiges et des miracles accomplis par les faux prophètes, dans le but de séduire, s'il était possible, même les élus.





Matthieu 24:24
24 En effet, de faux messies et de faux prophètes se lèveront et produiront des signes formidables et des prodiges, au point d'égarer, s'il était possible, même les élus.


Ces signes mensongers seront une caractéristique très nette de la carrière de l'Antichrist et de la fin des temps; maintenant et alors, ils sont suscités par la puissance de Satan

2 Thessalonic 2:9
9 Quant à la venue de l'Impie, marquée par l'activité de Satan, elle se manifestera par toutes sortes d'oeuvres puissantes, de miracles, de prodiges trompeurs
10 et par toutes les séductions de l'injustice pour ceux qui se perdent, faute d'avoir accueilli l'amour de la vérité qui les aurait sauvés.
11 C'est pourquoi Dieu leur envoie une puissance d'égarement qui les fait croire au mensonge,
12 afin que soient jugés tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité mais ont pris plaisir à l'injustice.
1 Timothée 4:1
1 ¶ L'Esprit le dit expressément: dans les derniers temps, certains renieront la foi, s'attacheront à des esprits séducteurs et à des doctrines inspirées par les démons,
2 égarés qu'ils seront par l'hypocrisie des menteurs marqués au fer rouge dans leur conscience:
Apocalypse 13:13
13 Elle accomplit de grands prodiges, jusqu'à faire descendre du ciel, aux yeux de tous, un feu sur la terre.
14 Elle séduit les habitants de la terre par les prodiges qu'il lui est donné d'accomplir sous le regard de la bête. Elle les incite à dresser une image en l'honneur de la bête qui porte la blessure du glaive et qui a repris vie.
15 Il lui fut donné d'animer l'image de la bête, de sorte qu'elle ait même la parole et fasse mettre à mort quiconque n'adorerait pas l'image de la bête.

Comment discerner un vrai miracle d'un faux?

En utilisant la pierre de touche de la Parole de Dieu. Si un signe contredit les commandements divins, il est à rejeter résolument.
Deutéronome 13:1
1 ¶ (13-2) S'il surgit au milieu de toi un prophète ou un visionnaire-même s'il t'annonce un signe ou un prodige,
2 (13-3) et que le signe ou le prodige qu'il t'avait promis se réalise, s'il dit: "Suivons et servons d'autres dieux", des dieux que tu ne connais pas,
3 (13-4) tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou les visions de ce visionnaire; car c'est le SEIGNEUR votre Dieu qui vous éprouvera de cette manière pour savoir si vous êtes des gens qui aimez le SEIGNEUR votre Dieu de tout votre coeur, de tout votre être.
4 (13-5) C'est le SEIGNEUR votre Dieu que vous suivrez, c'est lui que vous craindrez, ce sont ses commandements que vous garderez, c'est sa voix que vous écouterez, c'est lui que vous servirez, c'est à lui que vous vous attacherez.
5 (13-6) Quant à ce prophète ou visionnaire, il sera mis à mort pour avoir prêché la révolte contre le SEIGNEUR votre Dieu qui vous a fait sortir du pays d'Egypte et t'a racheté de la maison de servitude; cet homme voulait t'entraîner hors du chemin que le SEIGNEUR ton Dieu t'a prescrit de suivre. Tu ôteras le mal du milieu de toi.

S'il vise à la gloire et à l'avantage personnel de l'homme, il n'est pas dans l'esprit du Christ, qui n'a jamais fait un seul miracle pour lui-même (cf. aussi 1 Cor. 12.7). Les miracles authentiques manifestant la grandeur et la sainteté de Dieu, les prodiges absurdes et puérils ne peuvent venir de lui (p. ex. ceux des évangiles apocryphes et de la "légende des saints" du Moyen Age); de même ceux qui prétendent appuyer des dogmes anti-bibliques, tels que la transsubstantiation, l'immaculée conception de la Vierge, ou la doctrine du purgatoire.

Les Symboles

Dans la vie courante, nous accomplissons journellement deux sortes de gestes: des gestes efficaces et des gestes symboliques. Saisir la main d'une personne pour l'aider à franchir un passage difficile est un geste efficace; serrer la main de quelqu'un est un geste symbolique.

Le symbolisme est aussi vieux que l'humanité: manger ou ne pas manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, ceintures de feuilles de figuier ou habits de peaux Ge 3.7, 21

Le symbolisme s'est développé avec la civilisation. Dieu a utilisé dès l'origine de l'humanité l'acte symbolique pour enseigner ses enfants: à la place des feuilles de figuier qu'Adam et Eve avaient cousues ensemble pour cacher leur nudité, il leur a donné des peaux de bêtes. Ils devaient constater qu'il ne suffisait pas de quelque expédient à la portée de l'homme pour cacher la conséquence de leur péché. Il fallait que Dieu lui-même intervienne et que deux bêtes innocentes laissent leur vie. Dès l'aube de l'humanité, l'expiation par le sacrifice est enseignée à l'homme par un acte symbolique. C'est sans doute parce que Caïn a refusé d'obéir à cette loi, respectée par Abel, que son offrande ne fut pas agréée Ge 4.3-4
-Tout au long de son histoire, le peuple de Dieu a exprimé ses sentiments, ses aspirations et ses décisions par une série de gestes symboliques: déchirer ses vêtements ,se vêtir de toile de sac , répandre des cendres sur sa tête ou s'asseoir dessus étaient différentes expressions de l'affliction et du deuil. La joie se marquait par des battements de mains , la colère par des grincements de dents la haine par le fait de cracher en plein visage. Pour témoigner de son innocence, on se lavait les mains (cf. Mt. 27.24), pour attester la vérité d'une affirmation, on les levait Ge 14.22; Ne 8.6

Genèse 14:22
22 Abram lui répondit: "Je lève la main vers le SEIGNEUR, Dieu Très-Haut qui crée ciel et terre:
Néhémie 8:6
6 Et Esdras bénit le SEIGNEUR, le grand Dieu, et tout le peuple répondit: "Amen! Amen!" en levant les mains. Puis ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant le SEIGNEUR, le visage contre terre.

-La vie sociale était ponctuée d'un certain nombre de gestes symboliques exprimant l'accord , l'alliance ou la rupture des relations.

Deutéronome 25:9
9 Sa belle-soeur s'avancera vers lui, en présence des anciens; elle lui retirera la sandale du pied et elle lui crachera au visage; puis elle prendra la parole et dira: "Voilà ce qu'on fait à l'homme qui ne reconstruit pas la maison de son frère!"
Ruth 4:8
8 Le racheteur dit donc à Booz: "Acquiers pour toi!" Et il ôta sa sandale.


Pour conclure l'achat d'une propriété, on y jetait son soulier. Poser la clé d'une maison sur les épaules d'un homme signifiait l'intention de lui en confier la gérance.

Esaïe 22:22
22 Je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule, il ouvrira et nul ne fermera, il fermera et nul n'ouvrira.

Jeter son manteau sur les épaules d'une femme marquait son désir de la protéger dans le cadre du mariage, c.-à-d. de l'épouser.
Ezékiel 16:8
8 En passant près de toi, je t'ai vue; or tu étais à l'âge des amours. J'ai étendu sur toi le pan de mon habit et couvert ta nudité; je t'ai fait un serment et suis entré en alliance avec toi-oracle du Seigneur DIEU. Alors tu fus à moi.

-La vie religieuse aussi était marquée par de nombreux gestes symboliques: étendre les paumes des mains était le geste de la supplication

Exode 9:29
29 Moïse lui dit: "Au sortir de la ville, je tendrai les mains vers le SEIGNEUR; le tonnerre cessera, il n'y aura plus de grêle, pour que tu connaisses que la terre appartient au SEIGNEUR.
Exode 9:33
33 Moïse sortit de chez le Pharaon et de la ville, et il tendit les mains vers le SEIGNEUR; le tonnerre et la grêle cessèrent, la pluie ne se déversa plus sur la terre.
1 Rois 8:22
22 ¶ Salomon, debout devant l'autel du SEIGNEUR et face à toute l'assemblée d'Israël, étendit les mains vers le ciel
1 Rois 8:38
38 quel que soit le motif de la prière, quel que soit le motif de la supplication, qu'elle vienne d'un particulier ou de tout Israël, ton peuple, quand celui-là prendra conscience du fléau qui le touche au coeur et étendra les mains vers cette Maison,
1 Rois 8:54
54 ¶ Dès que Salomon eut fini d'adresser au SEIGNEUR toute cette prière et cette supplication, il se releva de devant l'autel du SEIGNEUR où il s'était agenouillé et, les mains tendues vers le ciel,
Psaumes 88:10
10 ¶ (88-11) Feras-tu un miracle pour les morts? Les trépassés se lèveront-ils pour te célébrer?

Etendre ses mains vers quelqu'un ou les poser sur sa tête, est un symbole de bénédiction

Genèse 48:14
14 Israël tendit sa main droite et la posa sur la tête d'Ephraïm qui était le cadet, et sa main gauche sur la tête de Manassé. Il avait interverti ses mains, puisque Manassé était l'aîné.
2 Rois 13:16
16 Elisée dit au roi d'Israël: "Tends l'arc!", et il le tendit. Elisée mit ses mains sur celles du roi

Oter son soulier marquait le respect.

Exode 3:5
5 Il dit: "N'approche pas d'ici! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte."
Exode 29:20
20 Tu égorgeras le bélier, tu prendras de son sang et tu en mettras sur le lobe de l'oreille droite d'Aaron, sur le lobe de l'oreille de ses fils, sur le pouce de leur main droite et sur le pouce de leur pied droit; et tu aspergeras de sang le pourtour de l'autel.
Lévitique 8:23
23 Moïse l'égorgea et prit du sang; il en mit sur le lobe de l'oreille droite d'Aaron, sur le pouce de sa main droite et sur le pouce de son pied droit;
Josué 5:15
15 Le chef de l'armée du SEIGNEUR dit à Josué: "Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est saint." Ainsi fit Josué.

Tout le culte de l'ancienne alliance était fondé sur le symbolisme. Le tabernacle, en particulier était "image et ombre des choses célestes" Heb 8.5

Hébreux 8:5
5 mais leur culte, ils le rendent à une image, à une esquisse des réalités célestes, selon l'avertissement divin reçu par Moïse pour construire la tente: Vois, lui est-il dit, tu feras tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne.
5 oitinev upodeigmati kai skia latreuousin twn epouraniwn kaywv kecrhmatistai mwushv mellwn epitelein thn skhnhn ora gar fhsin poihseiv panta kata ton tupon ton deicyenta soi en tw orei

Par la nature des objets, leurs dimensions, leurs couleurs et leur disposition: tout parlait aux yeux et aux sens des réalités célestes (cf. Hbr. 9.1-10).

Les prophètes ont accompli de nombreux actes symboliques pour rendre leur message plus parlant: Ahija a déchiré son manteau en 12 morceaux pour en donner 10 à Jéroboam

1 Rois 11:29
29 A cette époque comme Jéroboam était sorti de Jérusalem, le prophète Ahiyya de Silo le rencontra en chemin; Ahiyya était couvert d'un manteau neuf, et ils étaient tous les deux seuls dans la campagne.
30 Ahiyya saisit le manteau neuf qu'il avait sur lui et le déchira en douze morceaux.
31 Puis il dit à Jéroboam: "Prends dix morceaux, car ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d'Israël: Voici, je vais arracher le royaume de la main de Salomon, et je te donnerai dix tribus.
32 Et l'unique tribu qu'il aura, ce sera à cause de mon serviteur David, et à cause de la ville de Jérusalem que j'ai choisie parmi toutes les tribus d'Israël.
33 C'est parce qu'ils m'ont abandonné et qu'ils se sont prosternés devant Astarté, déesse des Sidoniens, devant Kemosh, dieu de Moab et devant Milkom, dieu des fils d'Ammon, et qu'ils n'ont pas marché dans mes chemins, ne faisant pas ce qui est droit à mes yeux, selon mes lois et coutumes, comme David son père.
34 De la main de Salomon, je ne prendrai rien du royaume, car je l'ai établi chef pour tous les jours de sa vie, à cause de mon serviteur David que j'ai choisi, qui a gardé mes commandements et mes lois.
35 Mais j'enlèverai la royauté de la main de son fils et je te la donnerai: dix tribus.
36 A son fils, je donnerai une tribu afin que mon serviteur David ait toujours une lampe devant moi à Jérusalem, la ville que je me suis choisie afin d'y mettre mon nom.
37 Toi-même, je te prendrai, et tu régneras partout où tu en auras envie, et tu seras roi sur Israël.
Si tu écoutes tout ce je te prescrirai, si tu marches dans mes chemins, si tu fais ce qui est droit à mes yeux, gardant mes lois et mes commandements comme l'a fait mon serviteur David, je serai avec toi et je te bâtirai une dynastie stable comme celle que j'ai bâtie à David; je te donnerai Israël.
J'humilierai en cela la race de David, mais pas pour toujours."

Elisée fit tirer à Jéhu des flèches par la fenêtre.

2 Rois 13:14
14 Elisée tomba malade de la maladie dont il devait mourir. Joas, roi d'Israël, descendit vers lui, pleura contre son visage et dit: "Mon père! Mon père! Chars et cavalerie d'Israël!"
15 Elisée lui dit: "Prends un arc et des flèches!" Joas prit un arc et des flèches.
16 Elisée dit au roi d'Israël: "Tends l'arc!", et il le tendit. Elisée mit ses mains sur celles du roi
et dit: "Ouvre la fenêtre qui donne vers l'orient!" Joas l'ouvrit. Elisée lui dit: "Tire!, et il tira. Elisée dit: "C'est la flèche de la victoire du SEIGNEUR, la flèche de la victoire sur Aram. Tu frapperas Aram à Afeq jusqu'à extermination."
Elisée dit à Joas: "Prends les flèches!" Il les prit. Elisée dit au roi d'Israël: "Frappe la terre!" Il frappa trois fois et s'arrêta.
L'homme de Dieu s'irrita contre lui et dit: "Si tu avais frappé cinq ou six fois, tu aurais frappé Aram jusqu'à extermination. Maintenant, c'est trois fois seulement que tu frapperas Aram."

Esaïe a marché nu et déchaussé pour prédire la captivité d'Israël Isa 20.1-6

Esaïe 20:1
1 ¶ L'année où le généralissime, envoyé par Sargon, roi d'Assyrie, vint attaquer Ashdod et s'en empara...
En ce temps-là, le SEIGNEUR avait parlé par le ministère d'Esaïe, fils d'Amoç: "Va, lui avait-il dit, dénoue la toile de sac que tu as sur les reins, ôte les sandales que tu as aux pieds"; et il fit ainsi, allant nu et déchaussé.
Le SEIGNEUR dit: "Mon serviteur Esaïe est allé nu et déchaussé-pendant trois ans, signe et présage contre l'Egypte et contre la Nubie.
De même, en effet, le roi d'Assyrie emmènera les prisonniers égyptiens et les déportés nubiens, jeunes gens et vieillards, nus et déchaussés, les fesses découvertes-nudité de l'Egypte!
On sera consterné et confondu à cause de la Nubie vers qui on regardait et de l'Egypte dont on se faisait gloire."
Alors les habitants de ces régions-ci diront: "Les voici donc, ceux vers qui nous regardions pour nous réfugier chez eux, y trouver du secours et être délivrés du roi d'Assyrie. Et nous, comment nous échapper?"

Jérémie a caché une ceinture dans un fleuve Jer 13.1-7

Jérémie 13:1
1 ¶ Voici ce que me dit le SEIGNEUR: "Va t'acheter une ceinture de lin et mets-la sur tes hanches, mais ne la passe pas à l'eau."
J'achetai une ceinture, selon la parole du SEIGNEUR, et je la mis sur mes hanches.
De nouveau, la parole du SEIGNEUR s'adressa à moi:
"Avec la ceinture que tu as achetée et que tu portes sur les hanches, mets-toi en marche vers le Perath, et là, cache cette ceinture dans la fente d'un rocher."
Je m'en allai la cacher au Perath comme le SEIGNEUR me l'avait demandé.
Après bien des jours, le SEIGNEUR me dit: "Mets-toi en marche vers le Perath et reprends la ceinture que je t'avais demandé de cacher là-bas."
Je m'en allai alors au Perath pour fouiller et reprendre la ceinture de l'endroit où je l'avais cachée. La ceinture! elle était tout abîmée, plus bonne à rien.

Il a brisé une cruche devant les anciens du peuple (19.1-3, 10), acheté un champ (32.1-15), jeté un livre attaché d'une pierre dans l'Euphrate (51.59-64). Ezéchiel a mimé le siège de Jérusalem dessiné sur une brique , mangé de la nourriture rationnée cuite sur des excréments et bu de l'eau mesurée pour annoncer ce siège (4.9-17). Il a éparpillé ses cheveux au vent (5.1-4) fait un semblant de départ en exil (12.1-10), rassemblé deux morceaux de bois (37.15-28; cf. Os. 1; Zach. 11). -Jésus a repris la même forme parlante en lavant les pieds de ses disciples (Jn. 13) en soufflant sur eux le soir de sa résurrection Joh 20.22 , et, surtout, en instituant le baptême et la Cène.



Jean 20:22
22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit: "Recevez l'Esprit Saint;








Traduction de Jn 2 :1-11

Et le troisième jour advint une noce à qanah de Galilée ; et la mère de Jésus était là.
Jésus avait été convié à la noce, ainsi que ses disciples.
Et le vin s’étant fait rare, la mère de Jésus lui dit : « ils n’ont plus de vin »
Et Jésus dit à elle : Qu’est-ce qu’il y a entre toi et moi, femme ? Mon heure n’est-elle pas déjà venue ?
Sa mère dit aux serveurs (aux préposés au service des tables) : Tout ce qu’il vous dira, accomplissez-le.
Justement, se trouvaient là six jarres de pierre, servant à la purification des juifs, chacune d’une capacité de deux ou trois mesures.
Jésus leur dit : « remplissez d’eau ces jarres » . Et ils les remplirent à ras bord.
Et il leur dit : puisez maintenant et portez au maître du repas. Et ils portèrent.
Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau engendrée en vin, et ne connaissant pas d’où cela est, alors que les serveurs le savaient, eux qui avaient puisé l’eau, le maître du repas interpella à l’époux :
Et il lui dit : « N’importe qui offre d’abord le bon vin, puis après le moins bon (le plus jeune) , après qu’on ait eu sa cuite. Mais toi, tu as préservé le bon vin jusqu’à cette heure.
Ceci fut le commencement des signes que Jésus créa à Qanah de Galilée, et il révélà se propre gloire, et ses disciples eurent foi en lui.
Le Signe de Cana : exégèse du texte de Jn 2.1-11

1 kai th hmera th trith gamov egeneto en kana thv galilaiav kai hn h mhthr tou ihsou ekei

Et le troisième jour advint une noce à Qanah de Galilée ; et la mère de Jésus était là.

Le troisième jour :

Notre texte commence par une notation temporelle. Elle est loin d’être anodine : essayons de comprendre pourquoi.
Nous avons déjà eu, dans les premiers versets de l’Evangile selon Jean, plusieurs autres notations temporelles : très exactement trois, toutes faisant référence au « lendemain ». (tê épaurion)

Elles ouvrent chacune une péricope importante et se situent en :

1°. Jn 1 :29 : Ce que Jean, le Baptiseur, dit de Jésus :

29 ¶ Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit: Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

2°. Jn 1 : 35 : Les premiers disciples de Jésus :

35 Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples;

3°. Jn 1 : 43 : Jésus appelle Philippe et Nathanaël :

43 ¶ Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi.

Or, ici, subitement, il ne s’agit plus du lendemain, mais de « trois jours après », ou plus exactement « le troisième jour ».

Dans le Premier Testament, on trouve aussi des références au « troisième jour », qui toutes sont en corrélation avec des événements-clés de l’histoire du salut :

1°. Troisième jour de la création (Gen 1 :11-13)

11 Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi.
12 La terre produisit de la verdure, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.
13 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour.

Ce troisième jour est celui de la création de la vie, et d’une vie porteuse en elle-même de ses générations futures. Il y a déjà, dans cette fécondité latente et primordiale, une dimension nuptiale, au sens biblique du terme.

2°. Troisième jour du récit de l’Aqedah (Gen 22 :4-8)

4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin.
5 Et Abraham dit à ses serviteurs: Restez ici avec l’âne; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous.
6 Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac, et porta dans sa main le feu et le couteau. Et ils marchèrent tous deux ensemble.
7 Alors Isaac, parlant à Abraham, son père, dit: Mon père! Et il répondit: Me voici, mon fils! Isaac reprit: Voici le feu et le bois; mais où est l’agneau pour l’holocauste?
8 Abraham répondit: Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble.
Tout comme le Christ portera son bois, Isaac porte aussi le bois du sacrifice. Ajoutons-y la symbolique de l’agneau, celle de la relation père-fils, celle du choix du lieu : le mont Moriya, au cœur de Jérusalem, où s’élèvera le Temple … La symbolique du « troisième jour » apparaît de manière très claire et donne une dimension nouvelle et grandiose à l’Evangile selon Jean.

3°.Troisième jour, dans le cycle de Joseph (Gen 42 : 18-19 )

18 Le troisième jour, Joseph leur dit: Faites ceci, et vous vivrez. Je crains Dieu!
19 Si vous êtes sincères, que l’un de vos frères reste enfermé dans votre prison; et vous, partez, emportez du blé pour nourrir vos familles,
« Faites ceci, et vous vivrez … » ; « Tout ce qu’il vous dira, accomplissez-le » !
Marie semble citer ou faire siennes les paroles du patriarche Joseph. Mais le parallèle ne s’arrête pas là : Joseph avait procuré du pain à ceux qui n’en avaient plus. Jésus procurera du vin à ceux qui en manquent. Si on met les deux ensemble, si on unit dans ces passages le Premier et le Second Testaments, on retrouve, côte à côte, les éléments de la Cène, offerts gratuitement, par amour !
Relevons aussi qu’à propos de Joseph, Pharaon demandait si on pouvait trouver un homme comme lui, en qui résiderait l’Esprit de Dieu, et que le Baptiste semble, au-delà des siècles répondre à sa question en affirmant, à propos de Jésus, que l’Esprit est descendu en lui…
Notons aussi que Jésus est lui-même « fils de Joseph » ! Notons aussi que cette filiation-là est bien une filiation spirituelle et que le Patriarche Joseph était particulièrement vénéré des Samaritains[5], ce qui ouvre la porte à bien des perspectives !


4°. Troisième jour, dans la théophanie du Sinaï ( Ex 19 : 16)

16 ¶ Le troisième jour au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs, et une épaisse nuée sur la montagne; le son de la trompette retentit fortement; et tout le peuple qui était dans le camp fut saisi d’épouvante.
C’est au troisième jour que Dieu se révèle à son Peuple, usant de moyens (théophanie) qui ne sont pas sans rappeler la révélation reçue par le Baptiseur lorsqu’il aperçut Jésus au bord du Jourdain.


5°. Troisième jour : la partition du Royaume (1R 12, 12-13 & 19)

12 Jéroboam et tout le peuple vinrent à Roboam le troisième jour, suivant ce qu’avait dit le roi: Revenez vers moi dans trois jours.
13 Le roi répondit durement au peuple. Il laissa le conseil que lui avaient donné les vieillards, (…)
19 C’est ainsi qu’Israël s’est détaché de la maison de David jusqu’à ce jour.
La séparation entre Israël et Juda, effectuée un « troisième jour » restait au cœur des contemporains de Jésus comme une blessure à vif. La grande prière de Jean 17, que les spécialistes appellent la « prière sacerdotale » est sans doute un écho de cette blessure. Mais elle s’inscrit aussi comme un but du ministère de Jésus : le rassemblement de toutes les brebis. Que la scène du premier des sept signes de Jean se déroule dans le cadre de la « Galilée des Nations » pourrait bien indiquer que Jésus ne vient pas seulement pour les brebis perdues d’Israël, mais bien pour tous les hommes.


6°. Troisième jour = un court laps de temps (Os 6.1-2 )

1 ¶ Venez, retournons à l’Eternel! Car il a déchiré, mais il nous guérira; Il a frappé, mais il bandera nos plaies.
2 Il nous rendra la vie dans deux jours; Le troisième jour il nous relèvera, Et nous vivrons devant lui.
Souvent, l’expression « troisième jour », ou son équivalent « après deux jours » désigne simplement un court laps de temps. A la suite de Tertullien, qui vécut entre 190 et 250 EC, la tradition chrétienne a toujours attribué ce texte de la noce de Qanah à la résurrection du Christ.

Dans le Second Testament, les références au « Troisième jour » sont aussi très nombreuses :

Matthieu 16:21 A dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
Matthieu 17:23 et ils le tueront, et, le troisième jour, il ressuscitera. Et ils en furent tout consternés.
Matthieu 20:19 et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix; et le troisième jour, il ressuscitera.
Matthieu 27:64 Commande donc que le sépulcre soit tenu en sûreté jusqu’au troisième jour, pour éviter que ses disciples ne viennent le dérober et ne disent au peuple: Il est ressuscité des morts! Cette dernière imposture serait pire que la première.
Luc 9:22 Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
Luc 13:32 Il leur dit: Allez dire à ce renard: Voici que je chasse des démons et accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé!
Luc 18:33 après l’avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera.
Luc 24:7 Il faut, disait-il, que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour.
Luc 24:21 Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées!
Luc 24:46 et il leur dit: Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
(Jean 2:1 Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était.)
Actes 10:40 Dieu l’a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se manifester,
Actes 27:19 et, le troisième jour, de leurs propres mains, les matelots jetèrent les agrès à la mer.
1 Corinthiens 15:4 qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures,

Posons nous maintenant cette question : « le troisième jour –de quoi- ou après quoi ? »


La réponse n’est pas si simple qu’il y paraît. Mais essayons de la trouver :

La veille, Jean nous relate la rencontre de Jésus et de Nathanaël.

L’avant-veille, Jean (le baptiseur) atteste pour la seconde fois que Jésus est « l’Agneau de Dieu ». Ce qui nous situe, même s’il n’y a pas de récit de baptême de Jésus chez Jean, dans le cadre de ce baptême.

Or, si on calcule un tout petit peu, le « troisième jour » est celui qui vient après l’avant-veille : nous sommes donc « le troisième jour après le baptême de Jésus »…

Ceci est évidemment porteur de sens et peut éclairer le premier « signe » d’une lueur toute particulière : si l’on considère le geste d’immersion du baptême (en tout cas celui du baptême chrétien, mais aussi celui du baptême de Jean) comme une « mort » symbolique, on ne peut pas ne pas être frappé par cette expression qui désigne le « démarrage en fanfare » de l’activité proprement messiannique du Christ, le « Troisième Jour ». Le parallélisme avec la Passion et la Résurrection est frappant. La dimension « nuptiale » est aussi très interpellante dans sa symbolique. Elle se profile déjà nettement dans les versets qui précèdent.

Quelques exemples :

1°. Jn 1 :27

il vient après moi et je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de sa sandale

Cette parole du baptiseur fait référence au passage de Ruth 4 :7-10, où la sandale ôtée devient symbole du droit d’acquérir pour sienne une épouse, en vertu du droit de lévirat :

7 Ainsi en était–il autrefois en Israël, à propos du rachat et à propos de l’échange, pour enlever toute affaire: l’un ôtait sa sandale et la donnait à l’autre. Ainsi en était–il de l’attestation en Israël.
8 Le racheteur dit donc à Booz: "Acquiers pour toi!" Et il ôta sa sandale.
9 ¶ Alors Booz dit aux anciens et à tout le peuple: "Vous êtes témoins aujourd’hui que j’acquiers de la main de Noémi tout ce qui était à Elimélek et tout ce qui était à Kilyôn et Mahlôn,
10 et que j’acquiers aussi pour moi comme femme Ruth la Moabite, la femme de Mahlôn, afin de relever le nom du défunt sur son patrimoine, pour que le nom du défunt ne soit effacé chez ses frères ni au tribunal de localité. Vous en êtes témoins aujourd’hui."

A noter que le but du rachat de la veuve dans le cadre du lévirat, est de « relever le nom du défunt sur son patrimoine, pour que le nom du défunt ne soit effacé chez ses frères ni au tribunal de localité. »
Droit de rachat et alliance sont ici intimement mêlés. Le Christ , souvent désigné comme « l’époux » est aussi celui qui nous rachète et qui rachête toute la création, tout comme Booz, rachetant Ruth et faisant alliance avec elle, acquiert du même coup toute sa parenté et son avoir, tout en lui donnant les siens en partage.

2°. Jn 1 :30

C’est de lui que j’ai dit: Après moi vient un homme qui m’a devancé, parce que, avant moi, il était.
Il y a plusieurs termes pour dire le mot « homme » en grec.
Il y a d’abord le terme « anthropos », qui est un terme générique pour désigner l’homme en général. C’est ce terme qu’on s’attendrait à touver ici.
Mais c’est un autre terme que l’on trouve dans notre texte : le mot « anêr ». Ce dernier signifie l’homme « mâle », et par extension, l’époux, le mari.
La phrase de Jean le Baptiseur se situe donc bien dans un contexte nuptial…

3°. Jn 1 :32

Et Jean porta son témoignage en disant: "J’ai vu l’Esprit, tel une colombe, descendre du ciel et demeurer sur lui.

Nombre d’exégètes se sont fait des cheveux gris en essayant de trouver un sens à cette formulation : « l’Esprit, tel une colombe ». Pourquoi une colombe ?
Certains, allant plus loin dans leurs investigations, n’ont pas manqu é de trouver un parallélisme entre cette colombe et celle qui revient dans le Cantique des Cantiques, notamment en 5 :2 :

Je dormais mais je m’éveille: j’entends mon chéri qui frappe! (Lui) "Ouvre–moi, ma soeur, ma compagne, ma colombe, ma parfaite; car ma tête est pleine de rosée; mes boucles, des gouttes de la nuit."

Il est clair que ce parallélisme nous renvoie lui aussi à une évidente connotation nuptiale !

4°. Jn 3 :29

Celui qui a l’épouse est l’époux; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il l’écoute et la voix de l’époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite.

Jean va déclarer qu’il est « l’ami de l’époux », c'est-à-dire de Jésus, ce pourquoi sa joie est parfaite. Bien sûr, ce texte figure, dans l’Evangile selon Jean, après le récit de la Noce de Cana. Mais je pense qu’il n’y a pas chez Jean de véritable chronologie. Cette dernière cède plutôt la place à un arrangement symbolico-théologique.

Sans doute commence-t-on ici à mieux comprendre pourquoi le premier « signe » de Jésus est donné au cours d’une noce, qui à la fois marque l’accomplissement d’une alliance nouvelle, et fait figure de pémices à ce qui doit encore advenir !


Il advint une noce , à Qanah de Galilée :

L’identification traditionnelle et consacrée par l’Église est Kefr-Kenna (fig. 132), à 8 km. au Nord-E. de Nazareth, sur la route actuelle de Tibériade par le N.; deux églises, latine et grecque, et une chapelle y prétendent conserver des souvenirs évangéliques, qu’il faut pourtant reconnaître pour apocryphes (emplacement du repas de noces, vases de pierre de ce repas, maison de Nathanaël). Cette identification se défend au nom des données topographiques de pèlerins du VI e siècle mais Kbirbet-Kana (ou Kânat-el-Djelîl), sur une crête à 14 km. au Nord de Nazareth, a en sa faveur des indications de Josèphe, la tradition des Croisés, le rapprochement possible avec le Kana de #Jos 16:8 et une topographie correspondant mieux à la «descente» de Cana vers Capernaüm {#Jn 2:12 4:47}. On a aussi parlé d’Aïn-Kana, tout près de Nazareth[6].

La Galilée :

En grec Galilaïa, en araméen Gâlilâ, en hébreu Gâlîl; ce terme, rattaché à la racine hébraïque gâlal (=rouler), signifie cercle, portion de terre, région, district.
A noter aussi qu’en hébreu, le verbe « gâlal » peut signifier ce qui permet de « rouler » une porte, c'est-à-dire, soit les gonds, pour une porte classique, soit la pierre ronde que l’on roule pour fermer ou ouvrir un tombeau..

Appliqué à la partie de la Palestine qui fut plus tard appelée Galilée, le nom ne se trouve que six fois en hébreu et, pour la première, à propos de la ville de Kédès «en Galilée», dans la montagne de Nephthali {#Jos,20:7 21:32,1Ch 6:76}, ville de refuge (aujourd’hui Kadès, au Nord-N.-O. du lac Hoûlé). Salomon, en échange des bois de cèdre et de cyprès fournis par Hiram, donna au roi de Tyr «vingt villes dans la terre de Galilée» {#1Ro 9:11}. Le récipiendaire, en cela bien oriental, traita le don de dérisoire, tout en l’acceptant naturellement. Il appela cette région terre de Kaboul, sans doute du nom de la ville la plus centrale ou la plus importante (#1Ro 9:13, cf. #Jos 19:27; aujourd’hui encore un village de ce nom à 15 km. à l’Est de St-Jean d’Acre). Autre mention de la Galilée, au moment où Tiglath-Piléser III (734 av. J.-C.) enleva à Pékah roi d’Israël, avec un certain nombre de villes, Galaad, la Galilée, tout le pays de Nephthali et emmena leurs habitants en exil {#2Ro 15:29}. Enfin, dernière mention et sous une forme quelque peu différente, chez le prophète Ésaïe, qui annonce des temps meilleurs aux régions qui connurent des jours douloureux et parmi elles, cite «la Galilée des nations», c-à-d, des païens. Cette expression caractérise très exactement, semble-t-il, un pays que les Israélites ne furent jamais les seuls à posséder.

Après une histoire bien agitée, la Galilée était devenue depuis l’an 7 (recensement de Quirinius, soulèvement de Judas le Galiléen, #Ac 5:37) le foyer du nationalisme exalté et le centre du mouvement zélote. Jésus eut même parmi ses disciples un membre de ce parti, Simon {#Mr 3:18,lu 6:15}.
En 66, l’insurrection juive éclatait malgré les efforts conciliateurs d’Agrippa II, et Josèphe était envoyé en Galilée pour organiser la résistance. Il fortifia les points importants: Tibériade, Tarichée, Gamala. Vespasien, partant de Saint-Jean d’Acre, reprit la Galilée, et certaines villes se rendirent même sans combat (ainsi Sepphoris). Josèphe fut fait prisonnier au siège de Jotapata (Tell Djéfât, au Nord de la petite plaine d’el-Battôf), et Tibériade, Tarichée, Gamala, Giscala, tombèrent une à une aux mains des Romains (67 ap. J.-C). La Galilée fut à nouveau administrée par des préteurs et les possessions d’Agrippa II furent rattachées, à sa mort (100 ap. J.-C), à la province de Syrie. La Galilée participa sans doute à l’insurrection juive du temps d’Adrien (132-135), mais on ne sait rien de certain à ce sujet.

La Galilée devint, au II e siècle ap. J.-C, le centre du judaïsme rabbinique; cela est assez piquant, quand on songe au dédain avec lequel les Juifs de Judée regardaient les Galiléens et leur province {#Jn 1:46 7:52}, les plaisantant volontiers sur leur accent particulier {#Mt 26:73}, et aussi quand on se rappelle qu’en pays païen la désignation de Galiléens fut parfois donnée aux chrétiens. Après la mort de Gamaliel II (vers 130 ap. J.-C), le sanhédrin fut transféré de Jamnia à Uscha (Kh. Houché) où il resta jusqu’en 150. Il résida ensuite à Sepphoris, puis à Tibériade, avec Juda II, en 220. C’est à Tibériade que se constituèrent la Mischna et la Gemara et que fut fixée, du V e au VIII e siècle, la ponctuation dite massorétique de la Bible hébraïque.

La population de la Galilée juive était, d’après Josèphe, très importante. L’historien juif comptait 204 villages et 15 villes fortes (Vie, 45). Déjà au moment de l’occupation israélite, pour les quatre tribus d’Asser, Nephthali, Zabulon et Issacar, on donne le nom de 69 villes {#Jos 19:10,39}, mais il est bien évident qu’il faut entendre par là des sites fort divers quant à la population et à l’étendue. Cependant la Galilée, avec son climat agréable, son sol très riche, ses ressources végétales abondantes, ses monts couverts de chênes verts, de térébinthes et de mûriers, ses coteaux plantés d’oliviers, de figuiers, d’amandiers, ses bords de lac avec leurs palmiers et lauriers-roses, ses champs où le blé, l’orge poussaient rapidement, alternant avec des jardins d’orangers, tout ce pays favorisé par la nature et contrastant si étrangement avec la rocaille de Judée, était par excellence la région d’élection. Autour du lac, les villes s’égrenaient, brillantes de lumière et, dans les pâturages abondants des bords du Semachonitis, les troupeaux paissaient nombreux.

Il advint une noce :

Le mot employé généralement en grec du Second Testament pour désigner le mariage est le mot « gamoi », au pluriel. Ainsi on parlera « des noces ». Mais ici, le mot employé est « gamos », au singulier. Il s’agit donc « d’une noce »…
Déjà, en français, nous pouvons discerner une nuance entre le pluriel et le singulier du mot « noce » :
Au pluriel, lorsqu’on parle des noces, on parle d’un mariage. Mais au singulier, on parle plus largement d’une fête, et particulièrement d’une fête où l’on s’enivre. Ainsi on dira « faire la noce ». La suite du texte de Jean nous montre que c’est bien plutôt de cela dont il s’agit. D’ailleurs, dans cette noce, on parle très peu des époux : un tout petit peu du marié, et pas du tout de la mariée ! C’est pour le moins curieux !

Alors, que pouvons-nous en déduire ?

Le mieux, c’est de prendre une concordance et d’y rechercher, pour le second Testament les occurrences du mot « gamos » au singulier.

J’en relève cinq, outre celles de Jean, toutes dans Matthieu ou dans l’Apocalypse :

1°. Mt 22 :8

Alors il dit à ses serviteurs: La noce est prête, mais les invités n’en étaient pas dignes.

2°. Mt 22 :11

Entré pour regarder les convives, le roi aperçut là un homme qui ne portait pas de vêtement de noce.

3°. Mt 22 :12

Mon ami, lui dit–il, comment es–tu entré ici sans avoir de vêtement de noce? Celui–ci resta muet.

4°. Ap 19 :7

Réjouissons–nous, soyons dans l’allégresse et rendons–lui gloire, car voici la noce de l’agneau. Son épouse s’est préparée,

5°. Ap 19 :9

Un ange me dit: Ecris! Heureux ceux qui sont invités au festin de la noce de l’agneau! Puis il me dit: Ce sont les paroles mêmes de Dieu.


Ce qui saute aux yeux, au travers de ces cinq citations, c’est que ce épisode que nous avons coutume d’appeler « Les Noces de Cana » ne concerne pas un mariage commun : d’emblée l’auteur veut nous montrer qu’il s’agit des prémices de la noce eschatologique, celle à laquelle seront invités tous les élus. A noter d’ailleurs que c’est le même verbe « kaléô » qui est utilisé pour parler de l’invitation, tant dans AP 19 :9 qu’en Jn 2 :2 ; un verbe qui partage sa racine avec le mot grec « Ekklêsia ». Un mot qui nous le savons, donnera en français le mot « Eglise », mais qui apparaît aussi dans la LXX, sur un même plan que le mot « sunagogê » pour traduire le mot hébreu « qahal », qui, lui, désigne l’assemblée d’Israël…

2 eklhyh de kai o ihsouv kai oi mayhtai autou eiv ton gamon
Jésus avait été convié à la noce, ainsi que ses disciples.
Ainsi que ses disciples :

Les « Douze » sont aussi invités à la noce : ils font donc « partie de la famille ». C’est loin d’être une banalité lorsqu’on sait que des Apôtres jaillira un jour l’Eglise, qui petit à petit, se distancera de la Synagogue. Elle sera pourtant, au départ, exclusivement Juive, et naîtra au sein du Judaïsme comme une de ses nombreuses sectes de l’époque.
D’autre part, la présence des « Douze » à cette noce de toute évidence eschatologique, évoque celle des « Nations », thème renforcé encore par la localisation de l’événement : en Galilée.

3 kai usterhsantov oinou legei h mhthr tou ihsou prov auton oinon ouk ecousin
Et le vin s’étant fait rare, la mère de Jésus lui dit : « ils n’ont plus de vin »

Le vin :

La vigne est le premier arbre, planté par le premier agriculteur, Noé, après le déluge. C'est ainsi, en tout cas que nous le relate le livre de la Genèse, chapitre 9, versets 20 à 22:

20 Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne.
21 Il but du vin, s’enivra, et se découvrit au milieu de sa tente.
22 Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères.

C’est le premier acte « civilisé» qui suit immédiatement le déluge, punition pour la perversion de l'humanité. Hélas, ce premier acte débouche immédiatement sur une nouvelle perversion, une nouvelle chute. Pourtant l'intention de Noé, initialement, était bonne: il voulait répandre la connaissance par la vigne, et s'unir à sa femme après avoir bu du vin nouveau[7].

La tradition juive en a conservé la mémoire, notamment au travers des « Pirqé » de Rabbi Eliezer[8] :

Noé trouva une vigne qui gisait là , elle était sortie du jardin d'Éden . Ses grappes étaient auprès d'elle, il prit de son fruit, mangea et se réjouit dans son cœur, comme il est dit: « Mon vin qui réjouit Dieu et les hommes» (Jug. 9, 13). Il en planta un vignoble. Le jour même ce dernier fructifia et mûrit avec ses fruits, ce qu'exprime: « Le jour où tu plantes, tu vois grandir et le matin tu vois fleurir ta semence " (Is. 17, 11) Il but du vin et se dénuda à l'intérieur de la tente, ce qu'exprime: « Il but du vin et fut ivre, puis se dénuda dans sa tente ), (Gen. 9, 21). Canaan[9] entra et vit la nudité de Noé, il attacha un fil à son alliance et l'émascula. Il sortit et le raconta à ses frères. Cham entra et vit sa nudité. Il ne prit pas à cœur le commandement prescrivant le respect du père, mais il sortit et parla à ses frères au marché, comme quelqu'un qui se joue de son père. Ses deux frères le réprimandèrent. Que firent-­ils ? Ils prirent avec eux le rideau d'orient, marchèrent à reculons et couvrirent la nudité de leur père, ce qu'exprime: « Sem et Japhet prirent un manteau, le mirent tous deux sur l'épaule et, marchant à reculons, couvrirent la nudité de leur père. Comme ils avaient le visage tourné en arrière, ils ne virent pas la nudité de leur père»
Noé se réveilla de son vin et sut ce que lui avait fait le plus jeune fils de Cham et il le maudit, ce qu'indique: « Il dit: Maudit soit Canaan».
Noé s'assit, réfléchit dans son cœur, et dit: Le Saint, béni soit-Il, m'a sauvé des eaux du déluge et m'a fait sortir de cette prison, ne suis-je pas obligé d'offrir devant Lui un sacri­fice et des holocaustes? Que fit Noé? Il prit parmi les animaux purs, un taureau, un agneau et une chèvre et parmi les oiseaux purs, une tourterelle et de jeunes colombes.
Puis il rebâtit le premier autel sur lequel Caïn et Abel avaient sacrifié et il apporta quatre holocaustes, ce qu'exprime: «Noé bâtit un autel à YHVH et, prenant de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs, il fit monter des holocaustes sur l'autel » .
Il est écrit seu­lement: « il fit monter des holocaustes sur l'autel », une agréable odeur monta devant le Saint, béni soit-Il, et L'adoucit, ce qu'exprime:« YHVH respira le parfum apaisant» .
Que fit le Saint, béni soit- Il ? Il étendit sa main droite et jura à Noé qu'Il ne ramènerait plus les eaux du déluge sur la terre, comme il est énoncé: « Il en sera pour moi comme aux jours de Noé; de même que j'avais juré que les eaux de Noé ne submergeraient plus la terre» (Is. 54, 9).
Il fit le signe de l'arc-en-ciel comme marque de l'alliance du serment entre Lui et la terre , ce qu'exprime: «Je place mon arc dans le nuage et ce sera le signe de l'alliance entre moi et la terre» (Gen. 9, 13).
Nos sages ont institué que devra être évoqué chaque jour le serment [fait] à Noé, ce qu'exprime: « Afin que nos jours et les jours de nos fils soient nombreux sur le sol que YHVH a juré à vos pères de leur donner, comme les jours des cieux au-dessus de la terre» (Deut. Il, 21).
Noé transporta ses fils et ses petits-fils et il les bénit selon leurs campements, puis il leur donna comme héritage toute la terre. Il bénit Sem et ses fils, [les faisant] noirs et de belle apparence et il leur donna la terre habitable. Il bénit Cham et ses fils, [les rendant] noirs comme des corbeaux et il leur donna comme héritage le littoral de la mer. Il bénit Japhet et ses fils, les [rendant] entièrement blancs et beaux, puis il leur donna en héri­tage le désert et ses steppes. Tels sont les héritages qu'il leur attribua.


Dans la Kabbale, la vigne est le point d'équilibre harmonieux entre les trois éléments (terre, eau, feu du soleil), qui permettent d'accéder au quatrième, l'air, par sublimation en vin. Le vin est connoté favorablement pour autant que l'on n'en abuse pas, auquel cas il retourne sa richesse et sa joie contre l'homme. La vigne est aussi l'élément central de l'arbre de vie: c'est ta beauté du cœur, ou « tipheret », une des dix « séphirot »[10]. Le Cantique de Salomon rend très bien cela, notamment en Ct 7 :8-10:

Ta stature que voici est comparable à un palmier; et tes seins, à des grappes.
Je dis: "Il faut que je monte au palmier, que je saisisse ses régimes": Que tes seins soient donc comme les grappes d’un cep, et la senteur de ta narine comme des pommes, et ton palais comme un vin de marque… allant tout droit à mon chéri, coulant aux lèvres des dormeurs.

Le vin s’étant fait rare :

Première remarque à faire : il n’est pas dit qu’il n’y a plus du tout de vin : simplement, Jean nous rapporte « qu’il s’est fait rare », et donc qu’il n’y en a plus beaucoup.
Deuxième remarque : c’est Marie qui radicalise ce manque en affirmant : « ils n’ont plus de vin ».

Ils n’ont plus de vin :

Marie ne demande pas un miracle. Elle ne demande même rien du tout : simplement, elle fait un constat, en accentuant le fait que « le vin s’est fait rare » : elle dit à Jésus : « Ils n’ont plus de vin ».
Rien, dans le texte ne laisse penser qu’elle espère à ce moment qu’il va intervenir. Et pourtant, après un bref mouvement d’humeur, Jésus va agir.

4 kai legei auth o ihsouv ti emoi kai soi gunai oupw hkei h wra mou
Et Jésus dit à elle : Qu’est-ce qu’il y a entre toi et moi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue !

Femme :

A priori, cette manière pour un fils de s’adresser à sa mère, pourrait nous choquer. Mais il convient de souligner qu’en grec, ce type d’interpellation est normal. Toutefois, Jésus aurait pu tout aussi bien dire « mère » quelque qu’ait été la langue dans laquelle il s’exprimait (Araméen ou grec).
Pourquoi ne dit-il pas : « Mère » ?

On peut avancer ici deux hypothèses :

1°. C’est la personne divine de Jésus qui intervient, en rupture avec tout lien terrestre.

Ce qui va se passer à Cana n’entre pas dans le contexte d’une relation filiale charnelle (Mère-fils) mais dans celui de la relation du Fils au Père. Le fait que Jésus dise ici « femme » semble marquer une rupture.
C’est en lien avec son Père des Cieux que Jésus prodigue des signes, et pas du tout en lien avec sa mère.

2°. Marie n’est plus considérée comme une mère, mais comme la femme par excellence.

Au risque de déplaire très fortement aux tenantes d’un féminisme militant, il faut quand même bien reconnaître que, selon l’Histoire Sainte, c’est par la femme que le péché est entré dans la grande scène du monde !
Bien sûr, nous entrons ici de plain pied dans une symbolique, qui s’explique sans doute par le fait que la femme est celle qui, par nature génère. Elle génère la vie, elle génère aussi son contraire, figuré par le péché. Elle est aussi, selon la pensée juive, celle qui transmet à la fois la judéité et toute la « tradition » qui en découle.
L’interpellation « femme » me semble ici être le signe d’un renversement de la situation : le premier signe de Jésus, à Qanah équivaut à une « recréation » des choses dans leur état initial de bonté. Nous verrons pourquoi plus loin.

Qu’est-ce qu’il y a entre toi et moi ?

A priori, au fil de nos acquis et de nos conventions d’occidentaux modernes, ceci équivaut à dire : « De quoi te mêles-tu ? » ou encore « Occupe-toi de tes affaires »…
Cela cadre évidemment assez mal avec ce que l’on croit savoir de la personnalité du Christ…

Alors, il nous faut aller voir ailleurs, et particulièrement dans le substrat de la mentalité araméenne de l’époque :

Littérallement, Jésus répond : « quoi à toi et à moi ? » Il s’agit d’un sémitisme encore fréquemment utilisé par ces araméens modernes qui parlent le Soureth, une langue très proche de l’araméen ancien.
Cette expression a deux sens : le premier est « mon affaire ne te regarde pas ».Le second signifie : « c’est une affaire qui ne NOUS regarde pas ».

Dans le premier sens, la phrase de Jésus signifie que ce qui va advenir ensuite relève seulement d’une intervention divine gratuite et volontaire.

Dans le second sens, la phrase signifie que Jésus estime que s’occuper d’un manque de vin ne relève ni de sa mission, ni même de celle de Marie. C’est à mon avis ce sens là qui est le plus probant : Jésus ne voit pas en quoi il pourrait être concerné par l’imprévoyance de l’ordonnateur du banquet qui n’a pas songé à prévoir suffisamment de vin.

Mon heure n’est-elle pas déjà venue ?

La plupart de nos traductions françaises donnent : « mon heure n’est pas encore venue ». Or, on peut tout aussi légitimement traduire par une question : « mon heure n’est-elle pas déjà venue ? ». Cette traduction est même la meilleure, techniquement et grammaticalement parlant. En effet, la phrase commence par une négation (oupô), placée directement après une phrase interrogative. Grammaticalement, la phrase concernant l’heure se devrait de revêtir aussi un caractère interrogatif. C’est en tout cas l’avis de Boismard et Lamouille, dans leur synopse[11].
C’est une nuance qui change beaucoup de choses ! La question sous entend le fait que Jésus n’a nul besoin des remarques de sa mère ni de qui que ce soit d’autre pour agir. Et s’il ne se sent pas concerné par le manque de vin, qui relève de l’intendance, il a déjà vu quel parti il peut tirer de cette situation, pour qu’il en fasse un « Signe ».
De quelle « heure » parle Jésus ?

Dans la Bible, outre les notations temporelles on rencontre deux types d’heures « symboliques » :

1°. L’heure escghatologique.

A l’époque du Christ, la littérature apocalyptique est très présente dans les esprits. Cette littérature parle beaucoup de l’heure, pour désigner les moments ultimes de la fin des temps.
On va trouver cela chez Daniel, dans le Livre d’Enoch et également dans le Second Testament, notamment chez Matthieu qui rapporte ces paroles de Jésus :

Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. (Mt 24 :36)

C’est l’heure pour laquelle le croyant doit se tenir prêt et rester vigilant. Il est clair que ce n’est pas de ce type d’heure-là dont parle Jésus dans notre passage. Il s’agirait donc plutôt du type suivant : l’heure messiannique.

2°. L’heure Messianique.

C'est l'heure de l'annonce du Royaume par jésus, l'Heure de sa Passion, l'heure de l'Accomplissement de la Promesse, l'Heure de la Gloire de Jésus.
Les Evangiles synoptiques la désignent par la formule: « voici venue l'heure ... »
C'est aussi, chez Jean, celle que Jésus appelle« mon Heure ». C'est un temps qui échappe au nôtre en ce sens qu'il est sous la totale emprise de la volonté divine. Rien, ni personne ne peut influer sur ce temps-là. Ainsi, Marie ne pourrait en aucun cas changer le cours de choses déjà établies en demandant un miracle à Cana, pas plus que ceux qui veulent supprimer Jésus n'arriveront à leurs fins tant que ce ne sera pas l'Heure.

Quelques exemples :

1°. Mt 26 :45

Alors il vient vers les disciples et leur dit: "Continuez à dormir et reposez–vous! Voici que l’heure s’est approchée où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.

2°. Jn 13 :1

Avant la fête de la Pâque, Jésus sachant que son heure était venue, l’heure de passer de ce monde au Père, lui, qui avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu’à l’extrême.

3°. Jn 7 :30

Ils cherchèrent alors à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

4°. Jn 8 :20

Il prononça ces paroles au lieu dit du Trésor, alors qu’il enseignait dans le temple. Personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue.



5 legei h mhthr autou toiv diakonoiv o ti an legh umin poihsate
Sa mère dit aux serveurs (aux préposés au service des tables) : Tout ce qu’il vous dira, accomplissez-le.

Tout ce qu’il vous dira, accomplissez-le :

Marie a comme Abraham, et plus qu'Abraham puisqu'elle a littérallement« risqué sa peau», pris tous les risques de la fidélité à la Parole de Dieu. Cette phrase qu'elle prononce et qui est, nous l'avons déjà vu, une citation de l'Ancien Testament en rapport avec le patriarche Joseph est une exhortation à une foi inconditionnelle. Les disciples vont devoir, comme les servants de la noce prendre le risque total de la fidélité à la parole de Jésus comme à celle de Dieu. Il leur faudra, comme il nous le faut aussi, s'appuyer sans hésiter sur la solidité de la parole de Jésus. Il faut croire, faire confiance et incarner cette foi dans les risques que l'on prend sur sa parole.

La foi devra donc être une foi active. Il ne s'agit pas seulement de croire ; il s'agit que nous fassions ce que ce fait de croire implique. Il faut que nous soyons, au sens le plus pur et le plus absolu du terme, disciples de Jésus. Et donc à son écoute, pour lui obéir et « faire tout ce qu'il nous dira ».

« Ceux qui, à /'imitation des serviteurs, prendront le risque d'accueillir avec docilité la présence de Jésus et ses initiatives, découvriront à leur tour la puissance et la fécondité de son action et le rôle bien modeste mais indispensable de leur collaboration. Ceux qui, sur la parole de Jésus, chercheront d'abord le royaume de Dieu, ne manqueront pas de s'apercevoir des signes de la présence de Jésus dans leur vie. Ils pourront même devenir, selon la parole de l'Ecriture, «ivres de joie », aux heures de Dieu[12]. »




6 hsan de ekei liyinai udriai ex kata ton kayarismon twn ioudaiwn keimenai cwrousai ana metrhtav duo h treiv
Justement, se trouvaient là six jarres de pierre, servant à la purification des juifs, chacune d’une capacité de deux ou trois mesures.

Des jarres de pierre : pour quoi faire ?


Le vin était normallement conservé soit dans des outres, soit dans des jarres de terre cuite. Jamais dans des jarres de pierre, ces dernières étant destinées à contenir les eaux utilisées pour les bains ou les ablutions de purification.
Celles qui sont citées dans notre texte devaient contenir entre 80 et 120 litres d’eau. (Une mesure équivaut à 40 litres.)
La pierre était considérée comme pure et non-contaminante, ce qui en faisait un contenant rituel de premier choix. Fabriquée au tour, la vaisselle de pierre coûtait très cher et était le plus souvent l’apanage des familles sacerdotales, ou en tout cas celui de gens aisés, essentiellement judéens.
La présence de six jarres de ce type nous renseigne sans doute sur le statut social des familles qui invitent à la noce. Elle brise aussi une certaine tradition chrétienne qui a souvent voulu voir dans la noce de Qanah un mariage de pauvres. La présence de vaiselle de pierre atteste le contraire et démontre, du même coup, que Jésus va autant chez les riches que chez les pauvres.
La pauvreté à laquelle il se trouvera d’ailleurs confronté, ne sera jamais celle de l’argent, mais bien celle du « vin », c'est-à-dire, allégoriquement parlant, celle de l’amour !
On peut sans doute dire aussi, sans trop presser le texte, que si Jésus utilise les instruments rituels pour y mettre l’eau et la changer en vin, c’est qu’il nous signifie que la Loi et ses rites doivent, pour être vraiment utiles, être remplis d’amour.



7 legei autoiv o ihsouv gemisate tav udriav udatov kai egemisan autav ewv anw
Jésus leur dit : « remplissez d’eau ces jarres » . Et ils les remplirent à ras bord.

Et ils les remplirent à ras bord :

Ce qui va faire une quantité équivalent pour le tout à 5-600 litres… C’est énorme ! D’autant que les convives doivent déjà être bien « entamés » puisqu’ils sont venus presque à bout du vin précédent. Certains exégètes bien pensants, ont cru voir là une exagération volontaire de l’auteur, ou encore un symbole.
Je pense pour ma part, que, si le symbole est présent, il n’est pas un absolu en soi, et qu’il n’y a pas d’exagération : le mariage se fêtait à l’époque sur plusieurs jours, et draînait souvent une grande foule de convives.
Relevons ensuite que nous sommes dans une région où l’on consomme volontiers d’assez grandes quantités de vin, qui est la boisson la plus commune. De plus, on boit volontiers jusqu’à l’ivresse, car elle est sensée engendrer la joie. C’est un phénomène que l’on retrouvera plus tard chez les Hassidim, ce qui les fera mal côter de la part des juifs orthodoxes. Les détracteurs de Jésus, parce qu’il fréquente volontiers les banquets, diront de lui que c’est un ivrogne et un glouton…

Luc 7:34 Le Fils de l’homme est venu, il mange, il boit, et vous dites: Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs.

Ne nous voilons donc pas la face : à Qanah, on « fait la noce » ! Et Jésus est de la fête !

Mais ne voyons pas seulement ce seul côté des choses : derrière la réalité se profile le « Signe ».

Si on admet que les jarres de pierre, de par leur usage réservé symbolisent la Loi et la purification que sa pratique requiert, et que le vin symbolise l’amour, seul dispensateur de vraie joie, le fait que l’évangéliste précise que les serveurs « les remplirent à ras bord » , c’est pour nous démontrer un absolu : celui de l’amour de Dieu, qui veut remplir notre coupe jusqu’à ce qu’elle déborde.
Cela se précise d’ailleurs au verset suivant.


8 kai legei autoiv antlhsate nun kai ferete tw arcitriklinw oi de hnegkan
Et il leur dit : puisez maintenant et portez au maître du repas. Et ils portèrent.

puisez maintenant et portez au maître du repas

Voilà une parole inconvenante : on ne porte pas l’eau de la purification au maître du repas ! Et on peut, avec un minimum d’imagination, pressentir ce qu’ont dû ressentir les serveurs. C’est un peu comme si je disais à un frère catholique : « va me chercher l’eau bénite pour que je fasse de la soupe » ! Et pourtant, ces gens à qui Marie a dit : « Tout ce qu’il vous dira, accomplissez-le » vont obtempérer sans hésiter à l’ordre de Jésus…

Mais il y a surtout le verbe employé pour traduire l’ordre de « puiser » : c’est le verbe antléô. C’est un terme de marine qui signifie « écoper ». L’action d’écoper consiste à vider toute l’eau qu’un bateau a pu embarquer, par suite d’accident, d’avarie ou de tempête et qui menace de le faire couler. Pour écoper, il faut vider complètement.
Ce qui signifie qu’il faille vider les jarres de la même manière qu’elles ont été remplies : totalement !
Avant, il fallait puiser la totalité de la Loi (sans jamais y parvenir) pour accomplir son devoir et devenir un « juste ». Maintenant, il faut vider la totalité des jarres de l’amour de Dieu (sans y parvenir non plus puisqu’il est sans limites !) pour goûter à la joie parfaite de la purification.
Mais notons bien que les valeurs sont inversées : dans le cas de la Loi, ce sont les limites humaines qui empêchent l’homme d’arriver pleinement au but ; dans le cas de l’amour de Dieu, c’est sa plénitude qui le rend inépuisable.

9 wv de egeusato o arcitriklinov to udwr oinon gegenhmenon kai ouk hdei poyen estin oi de diakonoi hdeisan oi hntlhkotev to udwr fwnei ton numfion o arcitriklinov
Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau engendrée en vin, et ne connaissant pas d’où cela est, alors que les serveurs le savaient, eux qui avaient puisé l’eau, le maître du repas interpella à l’époux :


10 kai legei autw pav anyrwpov prwton ton kalon oinon tiyhsin kai otan meyusywsin ton elassw su tethrhkav ton kalon oinon ewv arti
Et il lui dit : « N’importe qui offre d’abord le bon vin, puis après le moins bon (le plus jeune) , après qu’on ait eu sa cuite. Mais toi, tu as préservé le bon vin jusquà cette heure.

11 tauthn epoihsen archn twn shmeiwn o ihsouv en kana thv galilaiav kai efanerwsen thn doxan autou kai episteusan eiv auton oi mayhtai autou
Ceci fut le commencement des signes que Jésus créa à Qanah de Galilée, et il révélà se propre gloire, et ses disciples eurent foi en lui.




[1] Le sigle “N26” désigne le texte grec repris dans le Novum Testamentum Graece et Latine de NESTLE et ALAND, publié par la Deutsche Bibelgesellschaft, Stuttgard 1984. C’est le texte de base le plus communément utilisé de nos jours pour les traductions du Second Testament.
[2] Dictionnaire grec-français, de A. BAILLY, correspondant de l’Institut, Professeur au Lycée d’Orléans. Dictionnaire rédigé avec le concours de E. EGGER, édition revue et corrigée par L. SECHAN et P.CHANTRAINE, professeurs à la Faculté des Lettres de Paris, Hachette, Paris, 1963 (26ème édition). (Il est évident que le grec de la Koïnê, dont dérive celui du Second Testament, qui est un grec de relativement bas étage, au vocabulaire limité, ne nécessite pas une telle « artillerie lourde » ! Lorsque j’étais étudiant en Faculté de Théologie, certains de mes professeurs m’ont parfois reproché de me servir du « Bailly ». J’y suis pourtant resté attaché, à cause peut-être de mes humanités gréco latines, et d’un amour pour le grec classique. Mais je pense néanmoins que, s’il est vrai que le vocabulaire va aller en se simplifiant à l’époque de la rédaction des écrits du second testament, les nuances et la richesse d’interprétation des termes resteront fort riches, ne serait-ce que parce qu’ils se sont développés dans un milieu sémitique, lui aussi tout en nuances. D’autre part, le « Bailly » offre toujours plusieurs degrés de lecture, et notamment au niveau du grec du Second Testament.
[3] Dr. Barnard, Dict. bibl. Hastings, III, p. 384
[4] Schultz. O.T. Theology, II, pp. 192-193
[5] Cfr « Synopse des Quatre Evangiles en Français », Tome III, L’Evangile de Jean, commentaire par M.-E. BOISMARD et A. LAMOUILLE, de l’Ecole Biblique de Jérusalem, avec la collaboration de G. ROCHAIS, Cerf, Paris, 1977 ; p. 106, § 3. Il y a aussi une note très intéressante concernant le parallélisme Jésus-Joseph, dans le même ouvrage, au § 4 des pages 92 à 94. (réf : note §§ 19-25, III A 4d)
[6] Source : DICTIONNAIRE ENCYCLOPEDIQUE DE LA BIBLE, (DEB) Les Choses, les Hommes, les Faits, les Doctrines. Edition originale publiée sous la direction de: Alexandre WESTPHAL, Pasteur, Docteur en Théologie. Professeur honoraire de l’Université de Toulouse (Faculté de Théologie protestante de Montauban)
[7] D'après la Tradition, Noé voulait s'unir à nouveau avec sa femme dès la sortie de l'Arche, pour renouveler l'humanité, après l'Alliance. La Bible ne parle pas de l'acte répréhensible de Cham, mais la tradition le rattache à une castration.
[8] Chapitres de Rabbi Eliezer, collection « Les Dix Paroles », Verdier, Paris, 1992.
[9] Canaan est compris ici comme étant le fils de Cham.
[10] SEFIROT , Un terme fondamental de la Kabbale. Il est créé par l'auteur du Sefer Yetzirah qui désigne à travers lui les dix premiers nombres idéaux. (de la racine hébraïque "safar", qui signifie "énumérer"). Selon la littérature kaballistique, le terme a un sens très large et désigne les dix niveaux d'émanation de la Divinité émergeant de l'Ein-Sof L'ensemble forme la manifestation de Dieu dans ses différentes formes et dimensions. Chaque Séphirah prise isolément désigne Dieu dans sa capacité infinie de créer. L'ensemble des Séphirot forme ce que les Kabbalistes appellent « l'Arbre des Séphirot» (d'après G. Scholem, un texte tiré de l'Encyclopaedia Judaica, qui n'existe malheureusement qu'en anglais.) Le lecteur qui désire en savoir plus sur grande école de mystique juive qu'est la Kabbale trouvera, en fin de ce cahier une bibliographie reprenant quelques ouvrages faciles sur la question.
[11] « Synopse des Quatre Evangiles en Français », Tome III, L’Evangile de Jean, commentaire par M.-E. BOISMARD et A. LAMOUILLE, de l’Ecole Biblique de Jérusalem, avec la collaboration de G. ROCHAIS, Cerf, Paris, 1977 ; p. 106. Op. Cit. P.30
[12] P. Léon MARCEL : « Regards sur Jésus à la lumière de saint Jean », Editions Saint Paul, Paris-Fribourg 1993.