Eglise EPUB Ecaussinnes

Notre église, fondée par la Mission Méthodiste en 1926, est membre de l'Eglise Protestante Unie de Belgique. Attachée aux valeurs de l'Evangile, elle prône l'amour de tout prochain, dans le respect de ses convictions. Elle est ouverte à tous dans la tolérance et le dialogue. Intégrée dans la société, elle est consciente du rôle de témoin qu'elle a à y jouer.

29.6.06

Conférence Shoah 9 mai 2006

Après la défaite de 1918, l’Allemagne sort non seulement affaiblie de la guerre, mais elle voit son économie s’effondrer par suite de l’énorme dette de guerre et des restrictions que lui imposent les « Alliés ».
Qui dit effondrement économique dit aussi marasme social : les chômeurs sont nombreux, les pauvres aussi…
En 1923, un homme, ancien combattant de la guerre précédente, médaillé pour faits d’armes et blessures reçues au front, tente de prendre le pouvoir et de rallier à sa cause l’armée allemande, ou du moins ce qu’il en subsiste. IL échoue, se voit arrêté et condamné à plusieurs mois de prison. Il va en profiter pour mettre au point son programme, dans un ouvrage qu’il intitulera « Mein Kampf ». Cet homme s’appelle Adolf Hitler. En 1933, dix ans plus tard, il sera effectivement aux rênes de l’Allemagne, qu’il saura manipuler et diriger avec une adresse diabolique.
Mais il n’est pas le seul dans ces années-là, à développer des idées similaires : chez nous, en Belgique, sévissent aussi deux personnages hautement inquiétants : en Flandres, Staf Declerck, leader du VNV, et en Wallonie, Léon Degrelle, leader de « Rex ».
Deux mouvements extrémistes de droite qui collaboreront officiellement, et de diverses manières avec les nazis. Deux mouvements aussi qui développent une même idéologie raciste et haineuse, en même temps qu’un ultra nationalisme pas toujours compatible d’ailleurs. Si aujourd’hui il existe dans certains milieux flamingants une volonté séparatiste, cette dernière était déjà bien présente dans les deux camps dans les années 30. Mais passons cela et revenons à nos moutons (enfin si je puis dire, puisqu’il ici il s’agit plutôt de « loups »…)

Chez nous, en Wallonie, REX va faire d’énormes ravages, principalement dans la jeunesse catholique de l’époque. LE DISCOURS, démagogique, et qui met en avant une certaine « chrétienté » est enjôleur et « fait mouche ». Il faudra la verve audacieuse d’un ministre Van Zeeland, et celle d’un Cardinal Van Roy pour arriver à endiguer son emprise sur la jeunesse francophone belge.
Certains pourtant restèrent séduits : à commencer par Degrelle, et à suivre ensuite par tous ceux qui rejoignirent, dans les rangs de la SS la « Légion Wallonne ». Le scénario est presque identique en Flandres, avec toutefois une certaine prépondérance. Brel, parlant des « flamingants » dans une chanson plus que décapante, l’avait bien compris, lui qui disait, parlant de ces derniers : « nazis durant les guerres et catholiques entre elles, vous oscillez sans cesse du fusil au missel. » (Par décence, je ne vous livre pas la suite !)

De Clerq mourra avant la fin de la guerre, échappant ainsi à toute poursuite.
Il restera pour les factions d’extrème droite du Nord du Pays un exemple et un symbole !
Degrelle, lui, fuira en Espagne, où il ne sera jamais inquiété. Il y mourra de vieillesse en 1994. Mais durant les cinquante années de son exil espagnol, il restera très actif !

… Et cela continue aujourd’hui. Cela prend même, insidieusement, de l’ampleur, de manière comparable à celle qu’a connu le nazisme entre 1923 et 1933…

Trois grandes vagues d’extrême droite, depuis la fin de la « Seconde Guerre Mondiale » :

La première commence très tôt après la fin de la Seconde Guerre mondiale et présente une continuité idéologique forte avec le national-socialisme et le fascisme. Elle est incarnée par le Movimento Sociale Italiano (M.S.I.), créé en décembre 1946, et le Sozialistische Reichspartei allemand, fondé en 1949 et interdit en 1952. Il faudrait y ajouter l'Union des indépendants autrichienne (Verband der Unabhängigen, V.d.U., fondée en 1949, qui donne naissance au Freiheitliche Partei Österreichs, F.P.Ö., en 1956) et les formations phalangistes et salazaristes qui participeront au pouvoir en Espagne jusqu'à la mort de Franco (20 novembre 1975) et au Portugal, jusqu'à la chute du gouvernement Caetano (25 avril 1974).

La deuxième vague, entre 1950 et la fin des années 1960 environ, présente une moindre cohérence. Elle comprend le mouvement français de Pierre Poujade (Union de défense des commerçants et artisants, U.D.C.A., fondée en 1953), le Boerenpartij néerlandais fondé en 1958 et le N.P.D. allemand (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, 2 % aux élections fédérales de 1965, 4,3 % en 1969). Par leur idéologie et le passé de leurs cadres, ces partis ont des liens évidents avec les droites nationalistes d'avant 1939, mais sont plus détachés du fascisme et du nazisme. Les deux premiers sont une réaction d'une fraction de l'électorat au processus de modernisation rapide de l'économie et de la société en période de croissance ; le troisième traduit une première tentative de réhabilitation du nationalisme allemand et sert par la suite de relais aux thèses négationnistes. Ces mouvements connaissent cependant des succès éphémères. L'U.D.C.A. de Pierre Poujade envoie 52 députés à la Chambre le 2 janvier 1956, mais disparaît après le raz-de-marée gaulliste de 1958. L'échec de l'O.A.S., mouvement largement influencé par l'extrême droite, qui manque le « putsch des généraux » des 21-22 avril 1961 et sombre dans le terrorisme, puis la défaite du candidat « Algérie française » à la présidentielle de 1965, Jean-Louis Tixier-Vignancour (5,2 %), ouvrent une période de repli de cette famille politique. Représenté dans neuf parlements régionaux ouest-allemands entre 1966 et 1969, le N.P.D. n'atteint pas 1 % des suffrages dans les années 1990.

Une troisième vague apparaît en Scandinavie, avec deux partis économiquement ultralibéraux et secondairement xénophobes qui incarnent une protestation contre la fiscalité et l'État-providence : au Danemark, le Fremskridtspartiet (Parti du progrès), fondé en 1972 par l'avocat Mogens Glistrup entre au Parlement avec 15,9 % des voix en 1973 et, en Norvège, le Parti Anders Lange, qui a pris le nom de son fondateur avant d'être rebaptisé Fremskrittspartiet, remporte 5 % des voix la même année. Elle se renforce à partir des années 1980 avec la percée électorale du Front national français (fondé le 5 octobre 1972), qui a longtemps servi de référence idéologique et de modèle organisationnel à nombre d'autres formations étrangères[1].

IDEES GENERALES ET RECURRENTES :

Tous les partis d’extrême droite actuels sont généralement antisémites et négationnistes.
Quelqu’un de très connu dans l’extrême droite francophone aujourd’hui, JM LE PEN, pour ne pa citer son nom, a d’ailleurs ouvertement déclaré que les « camps de concentration et d’extermination nazis, n’étaient qu’un détail de l’Histoire » ! La plupart des membres des partis extrémistes de droite aujourd’hui nient la réalité des chambres à gaz.

Tous les partis d’extrême droite sont xénophobes : ils prônent un rejet pur et simple des « étrangers » et présentes ces derniers comme étant responsables de tous les marasmes économiques. Ils usent de slogans simplistes, comme, par exemple : « trois millions de chômeurs = trois millions d’immigrés en trop ».

Nombre d’entre eux refusent aux travailleurs des droits pourtant essentiels comme celui de manifester ou de faire grève.

Beaucoup aussi sont contre la solidarité : ils estiment qu’il faut abolir les systèmes de sécurité sociale qui, disent-ils, coûtent trop cher à la collectivité.

Tous défendent aussi des positions moralistes rétrogrades : La femme ne peut travailler, elle doit se cantonner à son rôle de « mère au foyer » ; les homosexuels sont des « déviants » qui devraient être exclus de toute vie sociétale, etc…

Ajoutons à cela que, chaque fois qu’une occasion leur est donnée par un événement tragique et mobilisateurs, les extrémistes de droite n’hésitent jamais à essayer de manipuler les populations en les « fédérant » dans des manifestations de masse. Ils n’hésitent pas non plus à lancer le soupçon populaire à l’encontre des minorités qu’ils estimes devoir combattre : souvenez-vous récemment du meurtre de Joe, et de ce qu’en a dit le porte parole du parquet de Bruxelles, juste après les faits : « nous avons des vidéos des agresseurs… Ce sont deux jeunes maghrébins »… qui s’avèrent aujourd’hui être deux jeunes polonais ! Mais tout cela paraissait tellement logique : il n’y a que des « arabes » pour perpétrer de tels crimes, tout le monde sait cela. Comme tout le monde savait, dans les années 30 que les juifs étaient une race perverse, assoiffée de sang et de pouvoir, qui tiraient les ficelles de tous les complots, qui portaient la responsabilité de toutes les calamités de l’humanité et que, par conséquent, il fallait isoler du reste du monde, puis, dès 1942, éliminer totalement de la surface du globe. Eliminer physiquement : « La question suivante (à propos des juifs) nous a été posée : « que fait-on des femmes et des enfants ? » Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la terre » (signé Heinrich HIMMLER, dans un discours de 1943 à propos de la « solution finale » et des décisions prises le 20 janvier 1942 lors de la « conférence de Wansee »…

Vous me direz peut-être que tout cela est du passé, et du passé révolu.

Et bien, au risque de vous troubler ou de vous effrayer, je vous affirmerai que non : si ces faits évoqués dans une exposition telle que celle que nous vous présentons sur la « Shoah » sont, effectivement des faits historiquement « passés », il n’en sont pas moins, aujourd’hui encore une terrible réalité, celle de la résurgence en force et en puissance de ces idées mêmes qui ont présidé au massacre de plus de 6000000 de victimes innocentes.

Ce soir, sur vos bancs, sur vos chaises, vous avez trouvé un « papillon » reprenant une affichette de propagande à l’ffigie de Staf De Clerq. Sur ce paillon figurent son portrait, le drapeau flamand, et le sigle du VNV . En dessous figure un monument commémoratif. Ce n’est pas un document d’époque : il ne date pas d’il y a soixante ans : il date du 19 septembre 2004. il a été publié par une faction extrémiste de droite pour célébrer le 120ème anniversaire de la naissance de ce sinistre individu !

Vous le voyez encore figurer ici, à l’écran sur un document qui lui, est d’époque.

Mais juste en dessous, la photo que vous découvrez nous est tout à fait contemporaine : ce défilé a eu lieu en juin 2005, il y a un peu moins d’un an, dans une petite ville du Sud des USA !

C’est loin de nous les USA, bien sûr ! Mais c’est aussi un pays dont nous nous sentons proche car il a lutté activement pour notre libération, lorsque pesait sur nos épaules le joug nazi. Un pays démocratique, à un point tel qu’aujourd’hui, au nom de la liberté d’opinion, il laisse se passer de telles choses !

Pensez vous que ce soit faire preuve de tolérance que de tout accepter, que de laisse se produire de telles manifestations ? Non. Là je dis que c’est du laxisme pur et simple. Pis : c’est de l’inconscience !

Mais ne jetons pas trop facilement la pierre à ces quelques américains qui du reste ne sont pas nécessairement représentatif de l’opinion générale des ressortissants de leur immense pays. Balayons aussi, et premièrement devant notre porte :

Les deux documents suivants datent respectivement de 2002 et de 2003 : ils sont originaires de notre propre pays et émanent tous deux d’un mouvement néo nazi flamand qui s’appelle « sang et honneur ». Tout un programme ! Et un programme très clair !

Factions présentes et actives en Belgique :

Nous avons l’habitude, en Wallonie du moins, lorsqu’on nous demande si nous connaissons l’un ou l’autre parti d’extrême droite, de répondre « oui », nous connaissons le Front National. Outre le fait qu’il n’existe plus sous ce vocable, et que son président, Daniel Féret vient d’être condamné à une amende, à une période de non éligibilité et à une peine de travaux d’intérêt public, à cause de ses propos racistes, ce parti extrémiste est loin d’être le seul à « agir » (désolé pour le jeu de mots ) dans notre petit pays. Il n’y a d’ailleurs pas que des « partis » au sens strict du terme : il existe aussi de multiples associations, des revues, etc…

Permettez-moi d’en énumérer quelques uns, tous aussi pervers que dangereux :

AGIR
En automne 1994, le parti nationaliste wallon AGIR (fondé à Liège en 1989) s’autodéchirait. Trois fractures apparaissaient. Trois tribus se disputaient les rênes du pouvoir. La première était menée par son idéologue, Willy Fréson, la deuxième par son président en titre, Robert Destordeur et enfin la troisième par le leader de la tendance pure et dure d’AGIR, Hubert Defourny.

En 1995, Fréson passa le rubicon : il rejoindra le Front national… jusqu’à ce moment encore considéré comme l’ennemi héréditaire n° 1 d’AGIR[2] (1). Son passage dans le camp adversaire lui sera bénéfique: on lui cédera la direction de la section frontiste de la Cité Ardente et une place au bureau politique national, la plus haute instance du FN.
Pendant ce temps, Destordeur tiendra en réanimation continue les restes d’AGIR. Jusqu’en octobre 1997 lorsque celui-ci signa avec le FN une alliance électorale pour les élections de 1999. Defourny pour sa part s’était déjà lancé dans le néorexisme avec la création, en 1995, d’un nouveau parti, REF.
Des initiales rappelant celles de REX.
Pour les élections législatives et régionales du 13 juin 1999, Fréson et Destordeur figuraient en très bonne place sur les listes liégeoises du FN. Le premier conduisait à la fois la liste pour le Parlement wallon (et rata de peu son poste de député) et celle pour la Chambre. Le second, poussait la liste pour l’assemblée wallonne et endossait le maillot du premier suppléant. La présence d’autres membres d’AGIR se fit également remarquer (Galère, Moreau, Poulet, etc.).
Quant à lui, Hubert Defourny tenta l’aventure seul avec son groupuscule et deux autres rescapés d’AGIR (Jean Jamar et Alain Pauchen) ainsi que d’un ancien responsable d’arrondissement du FN (Christian Nokin). Ce fut un cuissant échec (en moyenne 0,1 %).
Maintenant, et suite à la confirmation de son insuccès électoral, REF aura les plus grandes difficultés pour survivre en tant que formation politique. D’autant plus que le Vlaams Blok (son protecteur depuis 1995) va cesser de lui apporter son appui.
De leur côté, Fréson et Destordeur dressent un bilan désatreux de leur pacte avec le FN.

« Altaïr »
Dans la mouvance frontiste belge, « Altaïr », une revue de poésie apparue à Braine-l’Alleud en 1974, a la cote. Plusieurs « cadres » d’extrême droite y collaborent depuis de nombreuses années. Parmi eux, se trouve un dénommé Daniel Leskens.
Souvenez-vous de ce personnage : en 1995, la RTBF diffusa les images d’un document amateur, montrant celui-ci uriner sur des tombes juives dans une petite ville allemande. Les images scandaleuses de cette profanation antisémite avaient été prises à la suite d’une manifestation nostalgique de SS européens. La délégation belge était constituée de dirigeants du Parti des forces nouvelles (PFN) qui venaient de passer au Front national de Daniel Féret. Leskens devint ensuite conseiller communal FN à Anderlecht.

Aujourd’hui, il s’activerait énormément en vue des prochaines élections.

Mais revenons à « Altaïr », une revue qui est également fort appréciée par « Polémique », l’ex-tribune libre de Marguerite Bastien ayant rejoint les rives du FN orthodoxe.

Je cite ici Manuel Abramovitcz, porte parole du mouvement « Résistances » qui déclare à ce propos : « Nous avons retrouvé dans nos archives (pas celles qui étaient stockées à Moscou !), un numéro qui fut publié à la Noël 1992. Deux poèmes nous ont particulièrement marqué. Le dernier couplet du premier, écrit par un Kollabo français de cette revue, dit :
« Je ne veux pas mourir sous un chaos épais / Où se mêlent chinois, arabes, nègre et youtre ! / De tous ces immigrés j’en ai cent fois assez ! / Ils nous sucent le sang, et quiconque résiste / Est flétri par le nom glorieux de fasciste : l’Europe aux peuples blancs et la France aux Français ! »

Le second poème que nous avons sélectionné pour vous dans ce numéro d’Altaïr porte un titre évocateur :

« Sous l’égide de la croix gammée ». Extraits :
« Pour elle je me suis levé / Sous l’égide de la swastika / Je mène le combat (...). Symbole de grandeur et de pureté / Symbole d’une force éternelle / Symbole de notre fierté / Tu es la raison d’existence / Tu es la raison de notre résistance / Un amour éternel. »

Quant à la rubrique « Des revues... Des revues ... », Altaïr conseille la lecture d’opuscules au titre ne laissant aucune ambiguïté sur ses choix politiques, tels que « Gestapo », « les Nouvelles NS » (nationale-socialistes), « Révision », « l’Empire invisible » (du KKK français !)... et « le National », le bulletin de liaison du FN belge. Concernant ce dernier, « Altaïr » mentionnait alors : « A lire, et à soutenir ! » Le 16 avril 1998, Jean-Pierre Hamblenne, le directeur d’« Altaïr », écrira encore, cette fois-ci chez ses copains de « Polémique » : « la force qui monte et qui a de l’avenir existe bel et bien : c’est le Front National ». Dans les rangs frontistes, comme on le voit, on a les Kamarades que l’on mérite... (RésistanceS, n° 5, hiver 1998-1999)

Amis de la Renaissance européenne
L'association les Amis de la Renaissance européenne s’autoproclame comme étant un « groupement d’études et de pratiques ethnotopiques et indochtones pour l’enracinement dans les espaces humains » (sic). Une revue théorique du nom de « Renaissance européenne » est éditée par celle-ci. Le premier numéro est sorti en septembre 1998. Ses principaux animateurs sont Willy Fréson et Dimitri Sève. Le premier participa, en 1974, à la création du Front de la jeunesse et quinze ans plus tard à celle d’AGIR. Il y a trois ans, Fréson passa au Front national. Depuis, il a cofondé le Bloc wallon, en avril 2000. Dimitri Sève, quant à lui, est un militant frontiste dévoué qui se charge, depuis plusieurs années, du « National », le mensuel du parti.
Lors de la première conférence avortée des Amis de la Renaissance européenne, une cinquantaine de personnes s’étaient déplacées pour écouter Pierre Vial. Dans l’assemblée, d’après « le Vif/L’Express » du 9 octobre 1998, on pouvait remarquer Daniel Féret, Patrick Cocriamont (conseiller communal frontiste à Anderlecht, issu de la direction du Parti des forces nouvelles et également collaborateur de « Renaissance européenne ») ou encore Alain Escada (le directeur de « Polémique », un proche du groupe Devenir).
Le leader de cette association est Georges Hupin. Il fit lui aussi partie des partisans du Front national « orthodoxe ».Mais préside, maintenant, le Bloc wallon. (RésistanceS-Info-Net, 5 septembre 2000).



Belgique & Chrétienté

Cette association intégriste est apparue à Liège, en 1989, dans la mouvance patriotique « belgicaine ». Sa mission officielle : lutter contre le « racisme anti-chrétien et anti-belge ». Elle traque inlassablement les blasphèmes et autres offenses à la religion catholique, appelle au boycott des sociétés commerciales qui manquent de respect à celle-ci, et avertit d’emblée, via la page d’accueil de son site internet : « Se moquer de la religion catholique deviendra dangereux ! ».
Reprise en main par Alain Escada, elle s’est très vite intégrée dans les rangs de l’extrême droite classique. Proche de la droite ultra, catholique et intégriste française (active au sein du Front national de Jean-Marie Le Pen), en 1995, Belgique et Chrétienté soutiendra la création du Front nouveau de Belgique (FNB), une dissidence du Front national de Daniel Féret. Alain Escada devint même membre de sa direction, comme porte-parole officiel. Ce « croisé » de L’Europe chrétienne passa néanmoins ensuite avec armes et bagages du côté du Front national, après un conflit personnel (et commercial !) avec la présidente du FNB, Marguerite Bastien.
Le « patron » de Belgique et Chrétienté est aussi le fondateur de « Polémique-Info »
Dans cette publication hebdomadaire d’extrême droite (aujourd’hui disparue), des écrits pronazis, rendant par exemple hommage à un ancien de la Légion SS Wallonie ou à l’association des Amis de Robert Brasillach (du nom du célèbre collaborateur de l’Occupant nazi pendant la Deuxième guerre mondiale), étaient réguliers. « Polémique-Info » ciblait en particulier la « Haute finance vagabonde et anonyme », terme codé dans la « littérature » antisémite pour désigner les Juifs.
Ce journal deviendra la vitrine médiatique de Belgique & Chrétienté.
Les membres de Belgique et Chrétienté proviennent essentiellement de la Fraternité Saint-Pie X (un groupe religieux international exclu de l’Eglise catholique par les autorités papales depuis 1988). Cette « église parallèle » intégriste voue un culte de la personnalité au maréchal Pétain et exploite l’antisémitisme, version Charles Maurras, pour galvaniser ses troupes. L’association Belgique et Chrétienté deviendra la « branche politique » de la Fraternité Saint-Pie X.

En avril 2004, ce réseau intégriste a organisé la projection en avant-première du film de l’intégriste chrétien Mel Gibson, « La Passion du Christ », jugé par beaucoup comme étant un film de propagande antisémite.

Au cours de cette projection privée, qui se déroula à Kinépolis - Bruxelles, plus de 1.200 invités soigneusement sélectionnés étaient présents. Ils provenaient des rangs intégristes du catholicisme militant, de la Fraternité Saint-Pie X, mais aussi des Légionnaires du Christ et de l’Opus Dei .

Le 13 mai 2004, à Bruxelles, Belgique et Chrétienté proposa une conférence sur le thème « Obligations chrétiennes à respecter et valeurs familiales à défendre ». Avec pour orateur : le cardinal Gustave Joos, auteur en janvier 2004, lors d’un entretien accordé à un journal populaire, de déclarations homophobes, antisémites et antidémocratiques.

Plusieurs plaintes furent déposées contre ce protégé du pape Jean-Paul II .Auparavant, en décembre de l’année 2003, l’association fondamentaliste chrétienne avait organisé une conférence, toujours à Bruxelles, avec, notamment, Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national français.
Bloc nationaliste francophone (nom d’origine : Front national-Fédération Bruxelloise et ensuite Bloc wallon)
Année d’apparition : 2000. Origine : ex-tendance francophone du FN constituée notamment d’anciens du FDF et de l’UDRT. Ligne politique : fédéraliste belge et ultra-libéralisme poujadiste. Caractéristiques : obsession du danger représenté à Bruxelles par le Vlaams Blok et méfiance maladive à Daniel Féret et à Marguerite Bastien. Dirigeants : Emile Eloy (ex-député régional FN, ex-cadre du FDF) et Juan Lemmens (ex-député régional FN, ex-UDRT, ex-PSD, ex-FNB). Siège : Bruxelles. Nombre de militants : une dizaine. Lié au Front national-Fédération wallonne (dissidence du FN dans le Hainaut). Depuis mai 2000, ce bloc semble avoir disparu de la circulation.

Bloc Wallon (BW)
Dans le numéro de lancement de son journal de propagande, le BW se présentait officiellement comme "le nouveau parti wallon". Un parti qui sera présent aux municipales du 8 octobre 2000 dans, au moins, sept communes (Herstal, Flemalle, La Louvière, Liège, Manage, Mons et Mettet).
Mis sur pied en avril 2000, par des dissidents du "groupe des intellos" du Front national, l'idée de ce nouveau parti est née après la défaite des frontistes aux élections législatives et régionales de 1999. Avec le soutien du Vlaams Blok, le BW souhaite dynamiser la cause identitaire en Wallonie. Il est présidé par Georges Hupin, un ex-responsable de section du FN qui fut l’éminence grise de la branche belge du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), de 1972 à 1981.

Auprès de lui, ont retrouve, un de ses compagnons de route de jadis, Willy Fréson déjà évoqué plus haut dans la mouvance d’AGIR et du FN.
Au BW, il y a aussi une partie de l'aile radicale d'AGIR qui avait entre temps fondé le mouvement REF. Depuis avril 2000, plus de 50 militants nationalistes se sont affiliés au BW. La plupart de ceux-ci proviennent du FN, du FNB, de REF et d'AGIR. Jean-Robert Debbaudt, le dirigeant de la Fondation européenne Léon Degrelle, apparaît aussi dans le sillage de ce "Vlaams Blok wallon". Comme plusieurs militants de base de Nation. Les principaux responsables du BW sont également actifs au sein des Amis de la Renaissance européenne. Cette association politico-culturelle païenne est liée aux Français de Terre et Peuple, la tendance la plus ultra du parti français d'extrême droite conduit par Bruno Mégret.
L'une des figures de référence du Bloc wallon est Guillaume Faye. Cet ancien cadre du GRECE-France et ami de longue date de Georges Hupin, est l'auteur d'un récent livre raciste (une instruction judiciaire a été ouverte contre ce livre).
En août 2000, le BW se dotait d'un journal de propagande titré "Bloc-notes" (diffusé à plus de 2000 exemplaires).
Il dispose également d'un site internet diffusant essentiellement des textes théoriques proches de la Nouvelle Droite d'antan.

Le BIS


Cette structure francophone blokkophile est dirigée par Pieter Kerstens, un chef d’entreprise installé à Uccle. Fondé en 1994, le BIS est à l’origine une dissidence du Front national conduite par d’anciens dirigeants du Parti des forces nouvelles (PFN). Dès le début, Pieter Kerstens le dirigera en compagnie de Robert Steuckers et de d’Hubert Defourny (cf. REF). C’est l’ex-groupe néonazi l’Assaut (aujourd’hui transformé en groupe Devenir) de Hervé Van Laethem qui s’occupait de la sécurité des meetings du BIS.
En 1989, le PFN — où Kerstens se trouvait à la tête — avait déjà appelé les Bruxellois à voter Vlaams Blok. Le vernis négationniste, rexiste et néonazi de ce parti groupusculaire francophone ne posait aucun problème aux bonnes consciences du Blok. En 1997, après un tour au Front nouveau de Belgique, Pieter Kerstens tout naturellement alla avec son BIS soutenir inconditionnellement le commissaire de Schaerbeek Johan Demol. Le premier meeting de ce dernier fut organisé par le BIS dans une taverne bien connue du milieu (néo)nazi. Au cours d’un autre, au même endroit, en janvier 1999, Pieter Kerstens se fit remarquer lorsqu’il participa avec un commando blokker à l’attaque préméditée et ultraviolente contre la manifestation antifasciste qui se tenait sur le trottoir d’en face.

Cet habitué des grands-messes néofascistes à l’étranger (en présence des antisémites de l’ex-Oeuvre française, à la fête frontiste des Bleus-Blancs-Rouges, par exemple) est depuis plusieurs mois considéré comme persona non grata par Johan Demol.

Dernier carré (nouveau nom des Bourguignons)
En avril 1998, les derniers survivants de la Légion SS « Wallonie » se sont réunis devant le lieu-dit « le tombeau du Géant » (près de Dinant) où les cendres de Léon Degrelle furent dispersées clandestinement en 1994. Cette hommage nostalgique a été suivi d’un repas de camaraderie digne des « années noires ». Il ne fut pas le dernier rendez-vous de ces bourguignons (nom donné aux volontaires rexistes partis combattre le Bolchévisme sur le front de l’Est au sein de la Waffen-SS). Effectivement, d’autres rendez-vous revanchards eurent lieu les 17 et 20 mai. Toutes ces activités sont (co-)organisées par une association localisée à Bruxelles se dénommant le Dernier carré. Elle entretient des relations confraternelles avec les ex-SS flamands.

Devenir
La revue Devenir est issue de l’une des deux tendances idéologiques du groupe néonazi francophone l’Assaut (1988-1997).
Elle fut fondée par Hervé Van Laethem, un ancien sous-officier de l’armée belge qui cofonda l’Assaut. Ce fidèle serviteur de longue date de la renaissance national-socialiste débuta sa carrière politique, vers 1983, au Parti européen (un groupuscule lié à des ex-SS belges, dont Léon Degrelle), dirigea le VMO-Bruxelles (regroupant les nervis francophones du Vlaamse militanten orde de Bert Eriksson) et se chargea du chapitre belgo-flamand du Mouvement européen (un réseau nazi animé par le « couple » franco-allemand Caignet-Kühnen).

En septembre 1995, après une collaboration étroite avec les élements les plus subversifs du Vlaams Blok et des pourparlers avortés avec le Front national (entamés 1991), le groupe l’Assaut décida de rejoindre le Front nouveau de Belgique de Marguerite Bastien (FNB). L’Assaut y contrôlera très vite son service de sécurité et de renseignements ainsi que le FNJ, la section jeune du nouveau parti d’extrême droite.
En juin 1996, Hervé Van Laethem lançait dans « le Bastion », le mensuel du FNB, un « Appel à tous ceux qui furent, un jour des militants nationalistes ». Cet appel se terminait par ceci :
« …Alors, mes camarades, je vous invite à oublier les mauvais souvenirs et les éventuelles dissensions et à venir nous aider à prendre la chance unique et dernière que nous avons avec Marguerite Bastien de construire le grand parti dont le mouvement national a tant besoin ».

Quelques mois plus tard, le même Van Laethem précisera :

« Aujourd’hui il n’existe pas de solution spécifique ou superficielle. Il faut changer de système. Et ce changement ne pourra se faire qu’avec un parti national et populaire. C’est ce parti que nous essayons de construire aujourd’hui avec le Front nouveau de Belgique ».

Mais malgré l’enthousiasme exprimé par Van Laethem, la lune de miel avec Bastien prit rapidement fin. Plusieurs activistes de l’Assaut, menés par un certain Walter Dierickx (le fils d’un magistrat bruxellois), quittèrent les rangs néofrontistes au printemps 1997. Les autres suivront, en juillet de la même année, après la condamnation pour racisme d’Hervé Van Laethem. C’est alors que ce dernier créa le groupe Devenir, ainsi qu’un bimestriel du même nom.
Dans le numéro de janvier-février 1999 de « Devenir », Van Laethem affirmait que son groupe avait déjà réussi à « réactiver de nombreux militants isolés et découragés par Bastien, Féret et les dirigeants du Vlaams Blok ». Pour accueillir ces déçus, il fonda plusieurs structures militantes polyvalentes : le Comité pour l’expulsion des faux réfugiés, le Comité d’action anti-sioniste, le Centre de formation nationaliste Jacques Borsu (du nom du dirigeant du Parti européen mort en 1989)...

En mars 1999, Devenir participa à la création du comité des Nationalistes contre l’OTAN, avec divers autres groupuscules : REF (néorexiste liégeois), la Ligue nationale (conduite par un personnage ayant entamé un remake de Mein Kampf !) et le BIS (la feue structure francophone du Blok).

L’objectif de ce comité était de soutenir politiquement le dictateur Milosevic lors des frappes aériennes de l’Alliance atlantique contre la Serbie.

Comme jadis son ancêtre, en dehors des frontières, Devenir est en contact avec toute une série d’organisations néonazies : Le Front d’action des nationaux-socialistes hollandais (ANS), le NSDAP-AO (le parti nazi hitlérien reconstitué aux USA), les restes du Parti nationaliste français et européen (PNFE, responsable d’attentats dans les années 80), l’Unité radicale (rassemblant les partisans purs et durs du national-libéral Bruno Mégret) et bien d’autres nostalgiques du IIIe. Reich.


Fondation européenne Léon Degrelle (FELD)
Localisée à Bruxelles et à Braine-Le-Château, cette fondation, totalement opposée à l'Association pour la mémoire de Léon Degrelle (AMLD), a aussi pour but d'honorer la mémoire de l'ancien général SS wallon. A sa création, en 1994, la FELD ambitionnait de mettre sur pied une bibliothèque et une vidéothèque pour rassembler les milliers de documents qu'elle espérait recevoir des derniers partisans de Degrelle. La FELD édite aussi "Recueil", un organe semestriel consacré "bien évidemment à l'étude de celui que l'on peut considérer comme le principal homme politique de notre pays au XXe. Siècle" (sic).

Elle est animée par un groupe d'"amis et camarades jeunes et moins jeunes", rassemblés autour de Jean-Robert Debbaudt, un ex-volontaire de la SS wallonne qui, après la Guerre 40-45, dirigea l'une des multiples fractions concurrentes se revendiquant de Léon Degrelle et de son mouvement Rex. Debbaudt forma encore idéologiquement la plupart des cadres de la Nouvelle Droite qui militaient alors au sein de la section belge du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE). Membre depuis plusieurs années du Vlaams Blok , Debbaudt est proche du Bloc wallon.

L'autre pilier de la FELD est Marc Vanbesien. En 1989, ce dernier tenait, avec l'actuel bras-droit de Johan Demol (président bruxellois du Vlaams Blok), un stand exposant, à la Foire du livre internationale de Bruxelles, des livres négationnistes et de Léon Degrelle. A cette époque, Vanbesien militait au Parti des forces nouvelles (PFN, néonazi). Ensuite, avec Daniel Leskens, un responsable bruxellois du Front national et dirigeant de l'Association des Amis de Drieu-la-Rochelle, et le leader de l'Association pour l'indivisible liberté d'expression (AILE, une structure négationniste soutenue par Léon Degrelle), Vanbesien participera en Allemagne, à une rencontre internationale d'ex-SS européens.

Fraternité Saint-Pie X (Belgique)
Elle apparaît en 1971 en Belgique après avoir été fondée en France par Monseigneur Lefèbvre. Cette phalange intégriste nationale-catholique nostalgique de l’Etat français de Pétain a ouvert des points de chute à Bruxelles, Namur, Anvers et Gand. Ces « croisés » militent à l’extrême droite (aux FN en France et en Belgique).




Jeune alliance nationale (JAN)
Organisation de jeunes membres du Font nouveau de Belgique (FNB), la JAN est apparue en avril 2004. Son fondateur est Arnaud Franchini, un ancien des jeunes du Front national (FN) de Daniel Féret. Après un conflit interne, Franchini fut écarté par le baron Emmanuel Licari di Castel, le « chef » des « jeunesses frontistes » et protégé de Daniel Féret. Franchini quittera alors le FN pour le FNB. Il fondera ensuite la JAN avec d’autres transfuges du FN.
Basée à Mons, la JAN est aussi active à Charleroi. Arnaud Franchini tente maintenant de développer sa Jeune alliance nationale contre l’ensemble des structures d’extrême droite encore présentes sur le terrain. Il vise notamment à recruter les derniers militants du groupuscule Nation-L’Assaut.
La JAN regrouperait déjà une petite dizaine d’activistes (dont près de 50 % sont des jeunes filles), ensentiellement à Mons et à Charleroi. Fin avril 2004, elle préparait une campagne d’affichage en vue des élections régionales du 13 juin 2004. Arnaud Franchini venait alors d’annoncer qu’il serait l’un des candidats du FNB.
Nation
Ce mouvement a été fondé à Bruxelles, le 11 septembre 1999, lors des "Etats généraux du nationalisme". Le premier objectif de ceux-ci était de tirer les conclusions de la récente défaite électorale des listes de la "droite nationaliste" francophone. Le second objectif visait à unir les "vrais nationalistes" (sic). Mais, durant ces "états généraux", deux lignes stratégiques s'opposèrent. D'un côté, le clan d'Hubert Defourny (ex-vice-président d'AGIR et "Fondateur" de REF), de l'autre celui d'Hervé Van Laethem (alors responsable de la revue "Devenir", ex-chef du groupe néonazi l'Assaut et leaders des Jeunesses du Front nouveau de Belgique jusqu'en 1997). Le premier clan proposa que l'union se fasse autour de son sigle. Le clan de Van Laethem était pour sa part favorable à la création d'une nouvelle formation politique : le mouvement pour la Nation.
Alliés depuis plusieurs années, les deux chefs nationalistes finiront par se séparer. Quelques mois plus tard, le mouvement REF avouera pour finir qu'il n'"appréciait guère l'imagerie de type socialo-maçonnique qui envahit les publications de l'équipe DEVENIR-NATION" (in "Refractaire", édition spéciale, décembre 1999).
Le divorce avec Defourny n'empêchera pas Hervé Van Laethem de mettre sur pied sa formation avec le soutien de Michel Demoulin (un ancien attaché parlementaire de Marguerite Bastien, la présidente du FNB) et Robert Ervin (un acharné croisé de la "race des Européens blancs" proche du groupuscule sectaire Thule Sodalitas). Plusieurs déçus du FN et du FNB les rejoignèrent. Ce fut le cas de Jacques Hubert (décédé le 24 juin 2000), un ex-député wallon frontiste et président-fondateur du feu Front de la Nation belge.
Le premier meeting de Nation regroupa à Bruxelles, le 18 décembre 1999, plus de 80 personnes. Son thème était "Un nationalisme pour l'an 2000" et son invité Roland Gaucher, l'un des fondateurs du Front national français et depuis lors en brouille idéologique avec son président, Jean-Marie Le Pen.
Au début, Nation pris très vite de l'ampleur. Il se vantera ainsi d'être "le premier mouvement de Belgique francophone sur le plan militant". Rapidement, la tenue de formations afin d'"armer politiquement" les futurs cadres du "Mouvement nationaliste" (dont Nation serait bien entendu le fer de lance !), furent organisées. Essentiellement implanté dans la capitale, au printemps 2000, Nation bénéficiait d'autres contacts locaux en Wallonie (Charleroi, Herstal, La Louvière, Mons, Mouscron, Spa et Verviers). Pour se donner de l'importance, plusieurs structures thématiques furent mises sur pied : comité des Nationalistes contre l’OTAN, comité pour l'expulsion des faux réfugiés, Résistance verte, Révolte sociale… Une section regroupant les jeunes existe, c'est Jeune Nation. Plusieurs bulletins locaux sont réalisés par ses sections locales ou ses "associations amies", comme par exemple, "Le Parvis" (à Saint-Gilles) ou "Racines et Nation" (à Ixelles).
Contrairement aux autres mouvements d'extrême droite, Nation n'a pas ouvert de site internet, mais édite régulièrement son propre mensuel "Nation-Info". Quant à la revue "Devenir" (fondée et animée par Hervé Van Laethem jusqu'en septembre 1999), elle reste proche de Nation. Un mouvement qui se caractérise par sa haine des "faux nationalistes". Sont visés : les dirigeants du Bloc wallon, des divers FN et ceux du Vlaams Blok.
En Flandre, Nation est lié à la mouvance néonazie qui recrute essentiellement ses troupes de choc au sein des bandes de skinheads et d'hooligans. Parmi les organisations de cette mouvance, citons : l'Odal aktiekomitee (officiellement autodissout depuis avril 2000) et la Vlaamse Jongeren Mechelen (VJM). Ensemble, ils font partie d'un réseau national-socialiste, dont les tentacules sont internationales.
A l'étranger, plus précisément, les contacts de Nation sont le GUD (un mouvement étudiant français néofasciste connu pour ses ratonnades), l'Unité radicale (la fraction regroupant les purs et durs du Mouvement national républicain de Bruno Mégret), l'Alternative nationale (une autre dissidence du FN lepéniste) ainsi qu'une mouvance néonazie allemande en semi-clandestinitée. En février 2000, Nation organisa une série d'initiatives en vue de soutenir l'arrivée de l'extrême droite autrichienne au pouvoir.
A plusieurs reprises, Nation a apporté son soutien politique aux "supporters belges (de football) de tendance nationaliste et provenant de plusieurs Sides de supporters". Dans son bulletin de liaison, en juillet 2000, Nation affirmait - entre les lignes - que parmi les hooligans anglais qui s'étaient livrés à une véritable "bataille" contre des jeunes issus de l'immigration, au cours de l'Euro 2000, des "militants nationalistes-révolutionnaires" se trouvaient, "partout où ça chauffait : aux côtés des Anglais comme, et surtout, aux côtés du "White Side" belge" (Nation-Info, n° 9, juillet-août 2000, p. 5). Il faut savoir que depuis plusieurs années, les organisations à la base de Nation infiltrent les clubs de supporters regroupant des activistes nationalistes, comme les Wallon's boys (à Charleroi) et les Brussels boys (à Molenbeek, une commune de Bruxelles).
Malgré le souhait d'être le principal mouvement nationaliste en Wallonie, Nation ne sera cependant pas présent aux élections municipales du 8 octobre 2000. Ainsi en ont décidé ses dirigeants qui se donnent comme mission de "construire un mouvement solide et crédible". D'ailleurs pour eux, "les élections restent un moyen et ne seront jamais une fin en soi". Cette décision est la preuve que les difficultés rencontrées par ce mouvement pour se développer, surtout depuis l'apparition en avril 2000 du Bloc wallon, sont bien réelles, malgré ce qu'il affirme dans sa propagande. (Infos à la date du 22/08/2000).



Ce que nous venons d’évoquer ici est à la fois très loin d’être exhaustif, et très loin d’être à jour : il faut savoir en effet que comme les têtes de l’Hydre de Lerne, les visages et les appellation de ces mouvements, souvent coupés par des sursauts de civismes renaissent tout aussi souvent sous d’autres formes. Parfois « tournant casaque », comme on dit, ou paraissant le faire, comme un Arnaud Franchini, dans la région de Mons, qui met en place ses pièges pour les élections communales d’octobre, avec la fondation de son mouvement « intérêts communaux ».A votre avis, quels intérêts peuvent surgir du cerveau d’un ancien militant du FN, si ce ne sont les siens propres, qui dérivent directement de ceux de l’idéologie qui le motive ?
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[2] (1) Au début des années 90, les dirigeants d’AGIR accusaient Daniel Féret d’être au service de la Surêté de l’Etat pour déstabiliser l’extrême droite francophone. Cette accusation sera reprise, en 1995, par Marguerite Bastien. Pour Daniel Féret, les leaders d’AGIR étaient tout simplement des « nationaux-bolchéviques pro-serbes » (sic). (RésistanceS, n° 7, été 1999, p. 23)