Eglise EPUB Ecaussinnes

Notre église, fondée par la Mission Méthodiste en 1926, est membre de l'Eglise Protestante Unie de Belgique. Attachée aux valeurs de l'Evangile, elle prône l'amour de tout prochain, dans le respect de ses convictions. Elle est ouverte à tous dans la tolérance et le dialogue. Intégrée dans la société, elle est consciente du rôle de témoin qu'elle a à y jouer.

29.6.06

Culte du dimanche 25 juin 2006

Lectures

Job 38/1-11

1 Du coeur de la tempête, le Seigneur appela Job et lui demanda :
2 Qui es-tu pour oser rendre mes plans obscurs
à force de parler de ce que tu ignores ?
4 Renseigne-toi, si tu connais la vérité :
où donc te trouvais-tu quand je fondais la terre ?
5 Qui a fixé ses dimensions ? le sais-tu bien ?
8 Qui a fermé la porte aux flots de l'océan,
quand jaillissaient des profondeurs ?
9 C'était moi !
10 J'ai cassé son élan, marqué une limite en plaçant devant lui une porte barrée.
11 Je lui ai déclaré : "Tu iras jusqu'ici, n'avance pas plus loin;
Oui, tes flots orgueilleux s'arrêteront ici !"

2 Corinthiens 5/14-17
14 L'amour du Christ nous domine : nous avons la certitude qu'un seul est mort pour tous, ce qui veut dire que tous ont part à sa mort.
15 Il est mort pour tous afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et revenu à la vie pour eux.
16 Ainsi, nous ne considérons plus personne d'un point de vue purement humain. Même si autrefois nous avions considéré le Christ d'un point de vue purement humain, maintenant, nous ne le considérons plus ainsi.
17 Dès que quelqu'un est uni au Christ, il est un être nouveau :
tout ce qui est ancien a disparu, ce qui est nouveau est là.


Marc 4/35-41

35 ¶ Ce jour–là, le soir venu, Jésus leur dit: "Passons sur l’autre rive."
36 Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque où il se trouvait, et il y avait d’autres barques avec lui.
37 Survient un grand tourbillon de vent. Les vagues se jetaient sur la barque, au point que déjà la barque se remplissait.
38 Et lui, à l’arrière, sur le coussin, dormait. Ils le réveillent et lui disent: "Maître, cela ne te fait rien que nous périssions?"
39 Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer: "Silence! Tais–toi!" Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
40 Jésus leur dit: "Pourquoi avez–vous si peur? Vous n’avez pas encore de foi?"
41 Ils furent saisis d’une grande crainte, et ils se disaient entre eux: "Qui donc est–il, pour que même le vent et la mer lui obéissent?"


PREDICATION

La tempête apaisée ! Un épisode de la vie de Jésus que nous connaissons tous, pour la plupart depuis notre plus tendre enfance. Qui, en effet, n’a pas eu à le dessiner lors d’un cours de religion ou d’une séance d’école du dimanche ? Nous en retenons l’image d’une barque ballottée par les vents, avec, à son bord, Jésus qui dort paisiblement tandis que ses disciples sont en pleine panique. Ils font tant de bruit, qu’ils finissent par le réveiller…
Mais au-delà de cette image, qu’en retenons-nous, quels enseignements pouvons nous en tirer pour notre quotidien ?
Essayons ce matin de voir ce texte d’un peu plus près :
L’épisode se situe dans la suite d’un long enseignement, qui a lui-même succédé à l’événement que nous connaissons où Jésus parle de ses « vrais » frères et sœurs, les assimilant à l’ensemble de la foule nombreuse qui l’entoure.

Or, notre texte de ce matin commence par cette courte notice :

Jésus leur dit: "Passons sur l’autre rive."

Et l’évangéliste précise : ils quittent la foule »

Le mot grec employé dans les manuscrits de Marc pour dire « l’autre rive « est le mot peran. Au sens premier, il désigne l’autre bord de la mer, un lieu éloigné et qui n’est pas sans risque à atteindre. Mais, dans un sens plus imagé, il signifie aussi « l’au-delà », avec tout ce que ce terme peut connoter pour eux comme pour nous de mystère et de crainte : aller vers l’autre bord, c’est partir vers un point de non retour, dont on ignore tout ; c’est s’exposer à toutes sortes de choses que l’on ne saurait prévoir et contre lesquelles on ne peut rien par soi-même. LES DOUZE, en compagnie de Jésus dans leur barque, ne sont pas seuls à partir : le texte nous dit qu’il y a d’autres barques. Qui sont ces gens ? Pas le « tout-venant » de la foule, puisque Marc a bien précisé que J ésus et ses disciples ont « quitté » cette dernière. Je pense plutôt que ces autres barques sont remplies d’une multitude d’autres disciples de Jésus, des anonymes qui le suivent et reçoivent ses enseignements. Des anonymes qui constitueront plus tard les premières communautés chrétiennes. Ces barques sont donc, en quelque sorte une image de l’Eglise, qui accompagne et suit le Christ et ses apôtres.

Et voilà que soudain s’élève une violente tempête. On peut être surpris, surtout lorsqu’on connaît les dimensions réduites de la mer de Galilée qui, en fait de mer se révèle plutôt être un lac, et un lac de dimensions fort modestes… Pourtant, le climat de cette région fait que les tempêtes n’y sont pas rares, et elles peuvent même être violentes, comme c’est le cas dans notre péricope de ce matin.
La barque (et sans doute aussi celles qui naviguent de conserve avec elle) se trouve soudain ballottée, elle embraque de grandes quantités d’eau et se trouve sur le point de sombrer… On imagine sans peine la réaction de panique des disciples : nous aurions sans doute agit de même dans des circonstances similaires… Il n’y en a qu’un qui ne panique pas : pis que cela : il dort : c’est Jésus.
C’est assez bizarre, assez difficile à comprendre, et pour y parvenir, je pense qu’il nous faut transposer.

Nous tous, chrétiens de ce siècle, sommes invités par Jésus à « quitter la foule » et à « aller vers l’autre bord ». Quitter la foule, cela revient pour nous à nous détacher du monde et de tout ce qui en lui nous entrave et nous empêche d’aller plus loin, d’aller de l’avant. « Aller vers l’autre bord », c’est accepter d’affronter la mer et les tempêtes qui y sévissent, accepter d’aller vers cet inconnu vers lequel Jésus nous invite à aller.
C’est accepter, en toute confiance, de le suivre, comme le dit très bien l’expression : contre vents et marées.
Très souvent, si du moins nous sommes des chrétiens convaincus, nous en sommes conscients lorsque nous acceptons son invitation, lorsque nous disons « oui » à Jésus. Et nous le faisons d’autant plus volontiers que nous savons qu’il est présent dans la barque de nos vies, dans celles de nos communautés… Nous savons qu’il y a des risques de « tempêtes », mais nous les acceptons. Du moins tant que ces tempêtes ne surgissent pas réellement : car nous n’en mesurons jamais toute l’étendue tant que nous n’y sommes pas vraiment confrontés.
Et ces tempêtes finissent toujours par survenir !

Pourquoi ?

Parce que la « mer » que nous avons à traverser pour atteindre l’autre bord (qui est une image du Royaume qui nous est promis en partage après l’accomplissement de notre vie terrestre, la mer est par excellence le lieu qui cache en son sein les forces du mal, qui cherchent à nous engloutir, à nous anéantir.
A l’époque de Jésus, la mer est le lieu où sévit le Léviathan, elle est perçue comme maléfique, dangereuse. Elle est même très souvent considérée comme une personnification du mal. L’affronter revient à affronter le mal. Celui ou celle qui voudrait le faire seul, s’exposerait à la noyade et à la mort.

Mais les disciples ne sont pas seuls : Jésus est avec eux, il personnifie ici de manière forte le terme « emmanuel », il est Dieu qui accompagne son peuple vers une nouvelle terre promise. Vous me direz peut-être « oui, mais il dort, il n’agit pas, sauf à la dernière extrémité ». C’est vrai, et cela peut nous troubler.
Pourquoi dort-il ?
Parce qu’il sait qui il est et que, tant qu’il est présent, même si le mal se déchaîne, il ne saurait rien arriver d’irréparable à ses amis.

Dans chacune de nos vies, nous faisons un jour où l’autre cette expérience : à cause de différents revers, à cause d’une maladie, d’un deuil, nous avons l’impression que tout est fini et que nous allons sombrer. Alors de deux choses l’une : soit nous maintenons notre confiance (ce qui, avouons-le est très rare, même chez des chrétiens convaincus et aguerris), soit, le plus souvent, nous avons l’impression que le « Seigneur dort », qu’il ne nous entend pas et qu’il ne répond ni à nos prières ni à nos supplication. C’est alors que, très souvent, pour ne pas dire toujours, il se dresse et domine ces mers qui cherchent à nous engloutir, selon ce qui est écrit dans les Psaumes : « J’ai crié au Seigneur et il m’a écouté ; il m’a guéri de mes peurs… »

C’est ce qui arrive aux disciples dans le texte que nous venons de lire.

Mais nous avons, nous, chrétiens, un énorme avantage sur eux : nous savons qui est Jésus. Eux, à ce stade de l’évangile selon Marc, semblent encore l’ignorer. (C’est un fait récurrent chez Marc)
Mais cet avantage, s’il en est un, implique aussi un devoir supplémentaire : si vraiment nous sommes chrétiens, si vraiment notre foi dans le Christ est solide et enracinée, nous ne pouvons réagir devant les contrariétés de la vie, ou ses catastrophes, à la manière du commun des mortels : ce serait un contre-témoignage !
Nous devons nous efforcer d’être forts, de faire face avec confiance et surtout, d’essayer de communiquer la confiance que nous avons.

Cela n’exclut pas nos propres sentiments, cela ne nous fait pas faire l’économie de la peur ou de l’angoisse : mais nous devons demander à DIEU DE NOUS AIDER 0 D2PASSER CES SENTIMENTS ? 0 ALLER vers l’autre bord de nos craintes. D’abord pour nous-mêmes, ensuite pour tous ceux qui nous entourent et attendent notre témoignage.

Tout le monde connaît le processus d’un phénomène de panique : il commence par une ou deux personnes et s’étend très vite à une foule, engendrant des catastrophes : il y a quelques mois, un tel phénomène à entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes lors du pèlerinage de la Mecque : quelques personnes ont fait courir le bruit qu’il y avait des bombes qui allaient exploser, et ce fut une panique générale qui s’est soldée par une bousculade meurtrière. Et il n’y avait pas de bombes…
A l’inverse, on sait l’attitude salutaire de ceux qui, dans un incendie, lors d’une catastrophe naturelle ou autre, gardent leur sang froid !

Nous chrétiens, devons garder notre sang froid face au mal qui sévit sur notre terre : il est réel, bien sûr, qui pourrait le nier ? Il peut mettre notre corps à mal, il peut nous tuer. Mais il ne saurait nous anéantir car il est définitivement vaincu par J2SUS 0 LA CROIX ! Nous n’avons donc pas à le craindre, ni à le fuir, mais à y faire face comme des vainqueurs en Christ, ce que nous sommes tous vous et moi, et toute la multitude de ceux qui se réclament de Jésus, même s’ils sont dans d’autres barques que la nôtre !

Sachons donc faire preuve de plus de foi que les premiers disciples, afin que même si nous avons l’impression que Jésus dort, nous puissions être, pour tous nos frères humains, des hommes et des femmes qui apaisent par leur propre confiance en dieu et en la vie qu’Il promet à tous ceux qui croiront en Jésus.
Enfin, et je terminerai sur cette réflexion : si nous avons parfois l’impression que Jésus dort, qu’il ne répond pas à nos prières, sachons bien que ce n’est là qu’une impression, et même une illusion : parce qu’il est Dieu, Jésus est aussi le « Gardien d’Israël », celui dont les Ecritures nous disent que jamais il ne dort ni ne someille ». Soyons en convaincus, et le reste coulera de source !

AMEN

1 Comments:

Blogger Eglise Protestante d'Ecaussinnes said...

jmdemarque@skynet .be test

10:32 AM  

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